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Tunis-contrebande : Les bananes, le café et le carburant sont les plus prisés

Dans de nombreux pays dans le monde, les bananes sont parmi les fruits les moins chers, mais pas en Tunisie. Selon une enquête de la BBC, elles sont environ 30% plus cher qu’au Royaume-Uni par exemple et d’après une étude de la Banque mondiale, les bananes étaient dans le top 10 des marchandises de contrebande entrant dans le pays en provenance d’Algérie ou de Libye.

Les Tunisiens peuvent la trouver dans beaucoup de fruitiers et marché à travers le pays.

Ni l’Algérie, ni la Libye, ni la Tunisie ne sont producteurs de bananes, mais la Tunisie impose une taxe de 36% sur les bananes importées et seulement quelques commerçants ont le droit de les importer.

Dans le passé, les contacts avec le cercle du président déchu Ben Ali ont permis à certains de contourner cette taxe. Quatre ans après la révolution, elle est toujours en place et le marché a été inondé par les bananes de contrebande.

Le café, aussi très règlementé et taxé, est un autre héritage de l’ancien régime. Une taxe qui rend les grains de café Arabica deux fois plus cher qu’au Royaume-Uni, par exemple.

Quelques torréfacteurs locaux sont exemptés de l’obligation mais la majorité des importations de café sont assujettis aux lourdes taxes d’importation.

Une étude de la Banque mondiale, intitulée « L’estimation du commerce informel à travers les frontières terrestres de la Tunisie » a révélé le poids de la contrebande dans la satisfaction des besoins en carburants de ce pays.

Dans ce catalogue de la contrebande, il y a aussi et surtout les carburants. Une étude a montré que « grossièrement 25 % des carburants consommés en Tunisie » proviennent d’importations informelles à partir de l’Algérie ». Les différences du niveau des subventions en Algérie et en Tunisie sont « les raisons principales derrière ce commerce informel à grande échelle », fait noter l’étude.

L’ampleur de ce commerce informel, ces derniers temps, est consécutive aux récentes augmentations du prix d’essence à la pompe en Tunisie qui ont creusé davantage « l’écart dans des prix entre les deux pays voisins».

Le quotidien algérien Al Khabar, évoque aussi les matériaux de construction, le fer et les cigarettes comme les produits de prédilection des contrebandiers qui ont aménagé entre autres des tunnels pour faire passer leurs marchandises.

A ce propos, la presse algérienne que les autorités du pays ont fermé 60 tunnels de contrebande dans quatre wilayates frontalières avec la Tunisie non détectés par les douanes. Cette action s’inscrit dans le cadre des mesures prises par l’armée pour empêcher les terroristes et contrebandiers de franchir les frontières entre les deux pays.

Ces tunnels constituaient un danger pour l’économie nationale et une opportunité pour les terroristes d’échapper à l’ANP plus vigilante vu le non pouvoir en Libye

L’Algérie prévoit de réaliser des points de contrôle et des postes de garde avancés avant les points de passages frontaliers pour éviter toute collusion entre contrebandiers , terroristes et opportunistes; Cette décision s’inscrit, selon la même source, dans le cadre de la lutte contre les groupes armés actifs dans la région, et la protection des citoyens algériens et tunisiens.

Un « chiffre d’affaires de 1,12 milliard de dollars

Entre la Tunisie et ses voisins (Algérie et Libye), la valeur du commerce transfrontalier dépasse les 1,12 milliard de dollarsz US, un chiffre qui représente plus de la moitié du commerce officiel avec la Libye et est supérieur au commerce avec l’Algérie, selon l’étude de la Banque mondiale.

Sur le terrain, la même étude fait état de plusieurs « différentiels » des prix majeurs entre la Tunisie et la Libye essentiellement pour des produits comme l’huile de maïs, bananes, pommes, essence et climatiseurs.

L’ensemble des marchandises est revendu sur le territoire tunisien pour une valeur annuelle d’environ 600 millions de dinars. Avec une moyenne de 44 millions de dinars, la plus-value du commerce de carburant devance remarquablement celle des autres produits.

Du côté des frontières avec l’Algérie, les enquêtes de la Banque mondiale sur le terrain prouvent que le carburant demeure le produit phare de la contrebande. En effet, 3 000 camionnettes franchissent quotidiennement la frontière tuniso-algérienne dont 60% de ces engins chargées de carburant.

47% des contrebandiers transfrontaliers entre la Tunisie et ses deux voisins opèrent sur le front frontalier avec la Libye et ils ne sont que des ouvriers journaliers. Selon la même étude, 55% des enquêtés, formulent fermement l’espoir de voir cette activité illégale abandonnée.

De l’autre côté (front frontalier nord, centre et sud-est avec l’Algérie), 56% des contrebandiers (notamment en commerce parallèle) s’identifient comme des commerçants contre 31% s’auto-qualifient de « journaliers ».

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