« Nous sommes avec la transparence, nous devons punir les voleurs de l’ancien régime, nous devons mettre un terme au système de la corruption »… Ces propos sont ceux de Moncef Marzouki, le 4 décembre 2014, lors d’une tournée préélectorale à Jedaida, Tébourba et Daouar Hicher,, quelques jours avant le second tour du scrutin présidentiel.
En cela, le président de la République provisoire semble s’exprimer à milles lieues des enseignements qu’il serait avisé de tirer du fameux dicton tunisien « rien ne se cache… » ou de ce que disait Louis Segond Bible : « Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. »
Sur le plateau de l’émission « J8 » de la chaîne tv Hiwar Ettounsya, un chroniqueur et 2 invités ont mis à nu des malversations financières dont se serait rendu coupable le chef de l’Etat. Il y a été fait état, preuves à l’appui, de ce qui a tous les contours d’un scandale alimenté par des actes répétitifs de dilapidation de l’argent public : des sommes d’argent énormes ont été dépensées par le locataire du palais de Carthage en frais de séjours à l’étranger, frais de transport et frais de bouche, achats abusifs de nourriture, se déclinant dans un conflit d’intérêts entre son poste de président et leader de ce qui reste de son parti politique, le CPR .
Désarmé en face des preuves jugées irréfutables produites et publiées par le groupe « Anonymous » et Sami Remadi, président de l’Association tunisienne pour la transparence financière lors de ladite émission, Lazhar Bali, coordinateur de la campagne électorale de Marzouki, s’est trouvé dans une situation peu confortable et était bien en peine de remplir son office de défenseur du candidat au second tour de la Présidentielle.
Sami Remaidi a levé le voile sur les chiffres astronomiques des dépenses de Marzouki, dans un contexte de crise économique et financière que vivent le peuple et le pays.
Un montant de 10 millions pour l’achat de poissons, calamars et crevettes royales « On prétend être le fils du peuple…. Les martyrs ne portaient pas de cravates mais ne mangeaient pas de crevettes… » a asséné Sami Remadi qui a fait état d’autres factures relatives aux déplacements « inutiles », selon lui, au Maroc, en Algérie, En Mauritanie, en France, qui n’ont généré aucun bénéfice pour le pays, ajoute-t-il.
Sami Remadi a produit des documents relatifs à la dilapidation répétée de l’argent public par Moncef Marzouki, notamment des notes de remboursement de l’équivalent de 12.000 dinars émis par la Présidence pour le transport de livres depuis la Suisse, une facture de 8.000 dinars pour le remboursement des frais de réparation d’un véhicule de la Présidence, mis à la disposition de Samir Ben Amor et prêté à un membre de sa famille.
Remaidi a relevé une facture de 10.000 dinars pour l’achat de poissons et de fruits de mer et une autre relative à la compagnie aérienne tunisienne « Tunisair » où on apprend que la députée du parti de Marzouki (CPR), Mabrouka Mbarek, a été prise en charge par la Présidence pour un périple (Tunis-Madrid-Atlanta) d’un montant de 8.000 dinars.
Dans une déclaration à Africanmanager, Sami Remadi est revenu sur ces malversations financières et exigé l’ouverture d’une enquête à laquelle Moncef Marzouki sera cité à comparaître pour s’expliquer sur les charges de mauvaise gestion des deniers de l’Etat retenues à son encontre
D’autres documents compromettants ont été dévoilées, notamment une demande adressée à la présidence du gouvernent pour la prise en charge des frais de séjour de 22 jours pour soins de l’ex chef de l’Etat mauritanien, à l’hôpital militaire d’un coût total de 18.627.000 dinars. La présidence de la République a en outre pris en charge les frais de transport du ministre sud-américain Pedro Paez Perez, 11. 478.000 dinars pour un déplacement Quito-Madrid, Madrid-Barcelone, Madrid-Tunis et Madrid-Quito.
Autre preuve de dilapidation de l’argent public, celle relative à la prise en charge des dépenses du président du Conseil de transition libyenne et ses accompagnateurs qui ont bénéficié de la générosité de la présidence provisoire de la République. Lesdites personnes ont effectué une visite du 13 au 14 janvier 2012, nécessitant des dépenses de l’ordre de 15.790.683 dinars, en frais d’hébergement, de nourriture et de boissons ! S’y ajoute une autre visite, celle d’une délégation libyenne qui a coûté au contribuable tunisien la somme de 40.767.645 dinars. Le séjour a duré deux jours du 22 au 24 novembre 2012. Les amis personnels de Moncef Marzouki ne sont pas en reste, puisque la présidence s’est vue chargée de leur séjour !
Surtout, il y a la révélation concernant la prise en charge du séjour d’Antoine Lazarus et Bernard Elghozi, deux vieux amis de Marzouki, qui ont séjourné au Regency Tunis Hotel, aux frais de la Présidence pour une facture s’élevant à 2.200 dinars.
D’autres preuves de mauvaise gestion de l’argent des contribuables. Des petits déjeuners, déjeuners, cocktails et transports de nourriture d’un montant total qui dépasse les 64 millions au profit des comptes d’un luxueux hôtel de la banlieue nord de Tunis et d’un autre à Tozeur. La facture a atteint plusieurs milliers de dinars pour un séjour dans 20 chambres double, 68 en triple et 30 en quadruple, de quoi loger les SDF tunisiens !… et la liste est encore longue….
Issam








