Les agents de la Santé publique sont en grève depuis 22 septembre. Et vu la suspension des opérations financières dans les institutions de santé durant ce mouvement, le citoyen tunisien a droit à de soins gratuits et ce jusqu’à la fin de la semaine en cours.
Dans une déclaration accordée à Africanmanager, Nizar Laadheri, chargé de mission auprès du ministre de la Santé a déclaré que « L’Etat accuse une perte quotidienne d’un plus de milliard de millimes, et ce suite à cette grève ».
Selon lui, les pertes financières au niveau des simples consultations sont estimées à 500 mille dinars par jour. En ce qui concerne les analyses, scanners, et toutes les autres opérations internes, les pertes financières sont encore plus énormes, a-t-il affirmé.
Sur un autre volet, le chargé de mission auprès du ministre de la Santé a précisé que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a décrété cette grève sans lancer un préavis de grève pour en informer son département.
Il a ajouté que les négociations sont en cours avec l’UGTT, rappelant à ce propos que des points de désaccord ont été dépassés, à l’exception d’une prime spéciale des agents d’établissement qui n’a cependant pas encore été débattue (une prime de 200 dt).
Les membres du comité médical à l’hôpital de Charles Nicole réagissent !
En signe de protestation contre la grève décrétée par les personnels des hôpitaux, les membres du comité médical à l’hôpital de Charles Nicole ont souligné, dans un communiqué, que « La centrale syndicale a décrété une grève administrative de six jours paralysant notamment les caisses de paiement de l’hôpital. De ce fait, tout le monde bénéficiera de la gratuité totale des soins. Pourtant, en l’état actuel des choses, l’hôpital public vit une crise structurelle et budgétaire profonde. Les grands CHU et hôpitaux régionaux en font les frais. Les professionnels de la santé subissent quotidiennement les conséquences de la précarité et des limitations de moyens.
Le secteur public qui prend en charge plus de 80% des demandeurs de soins poursuit sa descente aux enfers dans l’indifférence générale. La situation budgétaire d’un grand CHU comme l’EPS Charles Nicolle, a enregistré en 2013, un déséquilibre budgétaire de 4337 mille dinars. C’est également le cas de la quasi-totalité des grands hôpitaux, relève le communiqué.
Et d’ajouter que « en déclenchant cette grève administrative qui touche dans le vif des institutions hospitalières déficitaires, on compromet sérieusement la situation budgétaire de ces dernières. On ne peut prétendre vouloir préserver les droits des citoyens à la santé tout en touchant à l’intégrité structurelle et fonctionnelle de l’hôpital public. C’est une violation inadmissible dont les retombées seront assumées à court terme par les professionnels de la santé et les demandeurs de soins. Il aurait été plus logique que les professionnels de la santé, médecins, paramédicaux et agents administratifs se mobilisent pour un véritable plan de sauvetage de l’hôpital public, maillon essentiel, garantissant l’accès aux soins et lieu de formation incontournable ».
« Aucune revendication syndicale ne peut justifier la dilapidation des revenus d’une institution publique. L’UGTT, dont l’apport est indéniable dans le paysage politique actuel de notre pays, connaît mieux que quiconque que la politique de la terre brûlée ne peut qu’approfondir la crise tout en réduisant les chances de succès. L’hôpital public est encore debout, mais pour combien de temps encore ? », lit- on dans le communiqué.
Nadia Ben Tamansourt








