AccueilChiffreRached Ghannouchi égal à lui-même !

Rached Ghannouchi égal à lui-même !

Le gouvernement actuel ne sera pas dissout, a réaffirmé avec force Rached Ghannouchi, le leader du mouvement Ennahdha, lors d’un point de presse, tenu, ce jeudi, 15 août 2013, à Tunis, expliquant que les gouvernements ne se démantèlent ni par les sit-ins ni par les manifestations mais plutôt en application des règles de la démocratie : « Attendons les élections…elles auront lieu dans les tout prochains mois », a assuré Rached Ghannouchi en alertant contre le chaos qui risque de s’installer dans le pays si le gouvernement était dissout, appelant les différentes forces politiques à reprendre le dialogue pour parvenir à un consensus, expliquant, au demeurant, que l’attachement du parti d’Ennahdha au pouvoir n’est pas de l’ordre de l’égoïsme mais plutôt de l’intérêt national.

Ne parlons pas de crise, mais de difficultés !

Rached Ghannouchi a nié, en outre, que la Tunisie traverse, aujourd’hui, une crise, affirmant que le pays passe plutôt par quelques difficultés telles que l’appel à l’exclusion du parti d’Ennahdha du pouvoir et la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC), précisant que personne n’a le droit de différer ou de suspendre les activités de l’ANC, appelant par conséquent, à la reprise des travaux de l’ANC afin de finaliser la loi électorale et préparer les prochaines élections qui se dérouleront, selon lui, avant la fin de l’année en cours.

Il a rejeté l’idée de former un gouvernement de compétences autant que l’appel de l’opposition à la création d’un gouvernement de Salut National, considérant que ceci aura des répercussions dangereuses et négatives sur le pays. Ila estimé que l’appel à la formation d’un gouvernement de Salut National ne répond pas aux défis qu’il importe de relever en cette période délicate et que semblable gouvernement ne pourra pas gérer le pays, en l’état actuel des choses. Il a soutenu, en revanche, la création d’une une commission politique aux côtés du gouvernement composée de plusieurs personnalités politiques et de représentants des associations. Cette commission aura pour tâche de contrôler le travail du gouvernement et réussir, entre autres, les prochaines élections.

« Pas de Sissi en Tunisie »

Le leader du mouvement Ennahdha a affirmé, en outre, que ce qui se passe en Égypte est un scandale pour ceux qui prônent la démocratie et du libéralisme. Il s’agit, selon lui, d’un massacre et d’un coup d’Etat contre la légitimité. Et de préciser que tous ceux qui ont soutenu le coup d’Etat sont désormais incapables de réagir, appelant, par conséquent, les Tunisiens à tirer la leçon de ce qui ce passe actuellement en Egypte et à ne pas dévier de la voie à suivre.

Le chef du mouvement islamiste a également déclaré qu’il n’y aura pas un Sissi en Tunisie, soulignant que les efforts se multiplient afin de réussir cette étape de la transition démocratique en toute transparence, reconnaissant cependant que l’ANC a commis des fautes et accusé un retard dans le processus de la justice transitionnelle, dans le dossier des hommes d’affaires, ainsi que dans l’élaboration de la nouvelle constitution, mais, selon lui, ceci ne justifie pas sa dissolution : « Le gouvernement n’est pas infaillible et n’est pas à l’abri des fautes », a-t-il dit.

L’intérêt national dicte des concessions

Le leader du mouvement Ennahdha a précisé, d’autre part, que la majorité des concessions ont été faites par le mouvement d’Ennahdha, et ce dans l’intérêt national de la Tunisie.

Il a démenti, par ailleurs, les informations relayées par certains médias sur la présence de certains éléments du mouvement du Hamas en Tunisie pour former et entraîner des « combattants » d’Ennahdha, estimant que le mouvement d’Ennahdha n’a jamais perpétré de violences même sous le régime de Ben Ali : « On n’a jamais légitimé la violence même lorsqu’on était dans l’opposition. Comment peut-on la légitimer aujourd’hui ?», s’est-il exclamé, en avertissant contre la « guerre des rumeurs » qui était, selon lui, à l’origine de l’échec de l’expérience égyptienne.

Neutralité de l’administration

Rached Ghannouchi a affirmé que le gouvernement est prêt à prendre toutes les dispositions et mettre en place toutes les stratégies à même de garantir la neutralité de l’administration. Selon lui, Ennahdha est, également, prêt à dialoguer avec les différents partis politiques y compris Nidaa Tounes, précisant que des personnalités politiques appartenant à ce parti, tels que Taieb Baccouche ou Béji Caïd Essebssi ont participé déjà au dialogue. Et d’ajouter que les négociations avec Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT, reprendront à partir du lundi 19 août 2013.

Kh.T

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