AccueilLa UNETunis : Suicide cathodique à Nidaa Tounes et Slim Chaker paiera les...

Tunis : Suicide cathodique à Nidaa Tounes et Slim Chaker paiera les pots cassés!

Une crise sans précédent secoue depuis quelques semaines le principal parti gouvernant la seconde République en Tunisie. Depuis l’installation de l’équipe ministérielle de l’actuel chef de gouvernement choisi par le chef de l’Etat issu de Nidaa lors des élections de novembre 2014, la dissidence s’amplifie contre ce que ses parlementaires et des membres de son BE décrivent comme un rejet de la démocratie par les membres fondateurs.

Parti à Carthage, Béji Caïed Essebssi semble avoir laissé un vide que personne, ni le président de l’ARP (Assemblée des représentants du Peuple), Mohamed Ennaceur et encore moins BCE Junior (Hafedh de son petit nom), ne semblent en mesure de combler. Sorte de Lego de pièces de plusieurs couleurs politiques, Nidaa Tounes donne l’impression de ne pas pouvoir résister au départ de l’unique personnalité charismatique du parti au pouvoir.

Une crise de leadership, certes, mais aussi crise d’identité. Formé autour du socle de la lutte contre le projet islamisant du parti Ennahdha, Nidaa Tounes s’est complètement effiloché dès l’entrée d’Ennahdha au gouvernement. Le ver dans la pomme a fini par effriter ce qui reste d’identité dans un parti, déjà en proie à une guerre de fauteuils ministériels, dès sa victoire aux législatives.

Une crise pourtant attendue par la majorité des observateurs de la scène politique tunisienne de l’après Révolution. Une crise qui survient, cependant, un peu trop vite face aux problèmes de tous genres qui secouent la Tunisie de l’après Ben Ali et par rapport aussi aux défis, économiques et sociaux, qui l’attendent et qui menacent toujours de faire avorter la première des révolutions de ce qui avait été appelé le «printemps arabe».

Lors d’une de ses dernières réunions d’essai de colmatage des brèches de cette crise, l’actuel ministre des Finances, qui est membre de Nida Tounes, aurait été l’un des rares à prendre la mesure du danger de cette crise sur toute l’action du gouvernement et l’aurait amèrement exprimé devant ses pairs. Slim Chaker est en effet à la tête d’un ministère qui se trouve, chaque mois, dans l’obligation de trouver entre 800 et 900 MDT pour payer les salaires des fonctionnaires, tourmenté par les insomnies que lui cause toujours le déficit de 7,5 milliards DT du budget de l’exercice 2015. De l’argent, beaucoup d’argent, qu’il devra pourtant trouver pour un Etat qui ne donne toujours pas toutes les assurances d’avoir irrémédiablement tourné la page de la transition démocratique et celle des tensions sociales. Un Etat, où le parti qui a gagné les élections, législatives et présidentielles, ne donne pas non plus les assurances d’un parti fort et qui tient le gouvernail du pays à pleines mains. Des assurances pourtant, nécessaires, sinon primordiales, aussi bien pour les investisseurs locaux qu’étrangers. Des assurances, requises comme une garantie, par tout créancier d’un pays qui ne revenait toujours pas au travail, quatre années après sa révolution.

Seul l’économiste du parti, Boujemaa Rmili, lui aurait donné raison, nous rapportaient des sources au sein de cette réunion. Les autres continuaient à se chamailler dans un crêpage de chignons public, sur les plateaux TV et sous les lambris des salles de réunions, donnant une piètre image de la classe politique à laquelle le peuple à confié tout un Etat. Tout un parti occupé à s’étriper, alors que tout un peuple se casse la voix à crier sa détresse d’une situation économique qui ne rebondit toujours pas et que toute une économie se casse le nez sur les rochers d’un rivage dont elle ne voit toujours pas l’horizon. Qui payera alors les pots cassés ? Certainement pas Ennahdha qui se frotte les mains en attendant les municipales !

Khaled Boumiza

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -