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Tunis-Augmentation du prix du lait : Le consommateur boit le calice…et le berlingot !

Le prix du lait frais stérilisé demi- écrémé a été augmenté, depuis le 1er janvier 2015, à tous les niveaux de commercialisation, a annoncé le ministère du Commerce et de l’Artisanat dans un communiqué publié récemment.

Concrètement, le prix de vente au public a été fixé à 1.120 millimes le berlingot de lait de 1 litre, à 1.070 millimes la bouteille de lait de 1 L et à 1.080 millimes la bouteille en plastique 3 couches de 1 L.

Au demeurant, il n’est pas exclu que d’autres produits de base s’inscrivent dans cette tendance haussière comme le sucre, les baguettes de pain, les pâtes ainsi que l’huile végétale.

Pareilles augmentations, si elles venaient à être finalisées, seraient malvenues alors que s’accentue l’érosion du pouvoir d’achat de l’ensemble des citoyens de plus en plus inquiets sur leur portefeuille. D’autant que l’indice des prix à la consommation familiale a augmenté de 0.4% au cours de mois de novembre en comparaison avec celui d’octobre de 2014.

L’institut national des statistiques impute cette hausse à celle du niveau de l’indice de groupe de l’alimentation et des boissons de 0.4% par rapport à octobre. Plusieurs produits ont déjà vu leur prix s’inscrire à la hausse comme les viandes, les fruits, les fruits secs.

Un indice négatif pour le démarrage de 2015

La possible augmentation des prix de certains produits de base préoccupent de plus en plus l’Organisation de défense du consommateur (ODC).

Mohamed Zarrouk, président de l’organisation, s’indigne déjà de l’augmentation des prix de lait frais stérilisé demi- écrémé. « C’est un message de désespoir qui est émis une autre fois à l’ensemble des consommateurs », a-t-il dit dans un entretien téléphonique avec Africanmanager.

Il a dans ce cadre qualifié cette démarche du gouvernement de Mehdi Jomaa de « dangereuse » étant donné qu’il a choisi de prendre une telle décision sans consulter les différents acteurs intervenants. « On aurait préféré que l’équipe de Mehdi Jomaa décide la levée de la subvention, une fois qu’elle aura travaillé sur la mise en place de mécanismes de ciblage, de protection et de compensation des couches sociales les plus démunies», a dit Zarrouk notant qu’« il s’agit d’un indice négatif et même d’un signal décourageant alors que la nouvelle débute durement ».

Le président de l’ODC a choisi cette fois de ne pas réagir à cette vague d’augmentations dont le consommateur demeure la première victime. « On a choisi d’être silencieux, mais cela n’empêche pas d’affirmer que le consommateur est en train de payer cher la facture d’un rendement assez faible de notre chaîne de production laitière », a-t-il souligné.

Sur un autre plan, il a indiqué que l’organisation attend la formation du nouveau gouvernement pour fixer ses nouvelles orientations par rapport à cette question préoccupante.

La hausse de prix serait au menu du futur gouvernement

Mohamed Ali Ferchichi au nom du ministère du Commerce a assuré, pour sa part, qu’il n’y aura pas d’autres augmentations en cette conjoncture surtout qu’aucun projet concret n’est programmé dans ce processus.

De son côté, le directeur général de la concurrence et des recherches économiques au sein du ministère du Commerce, Mohamed Ifa a fait savoir que son département ne pourrait ni confirmer ni nier une telle augmentation. La raison est simple, selon ses dires, car il s’agit de l’une de missions du futur gouvernement. « C’est une question qui serait certainement abordée avec la nouvelle équipe ministérielle qui aura tous les choix pour y faire face », a relevé Mohamed Ifa avant de préciser à Africanmanager qu’ « elle serait le premier responsable à décider soit d’augmenter ou d’équilibrer les prix soit de les maintenir ».

Commentant la récente augmentation qui a touché le lait frais stérilisé demi- écrémé, il a rappelé qu’il a été décidé d’augmenter les prix de ce produit depuis octobre dernier conformément à un accord signé entre les ministères du Commerce, de l’Agriculture et de l’industrie. Cette hausse a été en fait prise en charge par la caisse générale de compensation (CGC) jusqu’à fin décembre avant d’être supportée par les consommateurs à partir de janvier 2015.

Wiem Thebti

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