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Tunis : Solutions en vue chez l’UBCI. Les Tunisiens font cependant encore la fine bouche !

Des différends entre actionnaires secouaient depuis quelque temps l’UBCI, filiale tunisienne de la banque française BNP Paribas. Des différends qui trouvaient leur origine notamment dans certaines conventions de services liant la filiale à sa banque-mère. Des conventions qui avaient été beaucoup discutées lors de l’AG clôturant l’exercice 2012. L’affaire avait cependant éclaté au grand jour, en juillet dernier, lorsque la BCT refuse les comptes de l’UBCI et l’AGO renvoyée. L’affaire s’est par la suite développée en une suite de plaintes de deux actionnaires de la banque contre ses dirigeants. Une situation que la BCT a fini par prendre à bras le corps et y jouer le rôle de médiateur pour essayer d’y trouver la solution adéquate. Il semble, d’après nos informations, que cette médiation où les parties intervenantes étaient multiples, ait finit par aboutir, puisque la banque discute de nouveau de la nouvelle date de sa prochaine AGO qui clôturera officiellement l’exercice financier de l’année 2013. Une situation qui gêne quelque part même la banque mère, ses comptes consolidés attendant toujours en effet les comptes certifiés de sa filiale tunisienne.

Selon les informations dont nous disposons, la direction de l’UBCI aurait accepté et se serait engagée à rembourser la somme de 17 MDT que la banque-mère française aurait perçue au titre de différentes conventions qui faisaient litige avec certains de ses actionnaires tunisiens. Trois autres millions DT devraient aussi être remboursés, au même titre, mais sous forme d’annulation de dette. Les 20 MDT pourraient être intégrés dans les bénéfices de la banque au titre des exercices 2013 et 20114.

Le second point de l’accord en quatre points qui aurait été trouvé entre les deux parties en désaccord au sein du CA de la banque, serait relatif justement à la question des conventions liant l’UBI à la banque BNP Paribas. Au titre de cet accord qui aurait ainsi revu à la baisse les montants des anciennes conventions de service, le montant global ne saurait désormais dépasser les 2,5 % du PNB (Produit Net bancaire) de l’UBCI. Toute nouvelle convention devra aussi strictement obéir à la procédure prévue par l’article 200 du code des sociétés commerciales. Le vote pour toute nouvelle convention au sein du conseil d’administration de l’UBI, exclura en effet la partie qui représente l’actionnaire français BNP Paribas.

La médiation de la BCT entre les deux parties en différend à l’UBCI a aussi abouti au changement du mode de gouvernance. Jusque-là, il y avait un président du conseil de nationalité tunisienne et un DG de la banque qui est de nationalité française. Désormais, il y aurait toujours un Tunisien à la présidence du conseil d’administration. Des sources bien informées indiquent qu’il pourrait s’agir de Fathi Mestiri. La direction générale pourrait rester entre les mains d’un DG de nationalité française qui sera secondé par un DGA de nationalité tunisienne.

En contrepartie de tout cela et dans le cadre de la même médiation entreprise, notamment par la BCT mais pas que toutes les plaintes, civiles et pénales, introduites par l’un des actionnaires tunisiens contre l’actuelle direction de la banque, vont être retirées.

La vie devait, ce lundi 29 décembre 2014, reprendre son cours normal dans cette prestigieuse banque tunisienne et ses différents actionnaires peuvent s’atteler au développement de cette institution financière de renom. «Aujourd’hui, l’UBCI se positionne bien et les résultats de l’année 2014 seront meilleurs que ceux de l’année dernière» affirmait déjà, il y a quelques jours à Africanmanager, Patrick Poupon, directeur général de l’UBCI.

Ce ne semble pourtant pas être le désir des parties tunisiennes dans ce différend où la question de la gouvernance demeurerait encore objet de divergences. Les parties tunisiennes auraient ainsi exprimé le souhait de «tunisifier» le management de l’UBCI, c’est-à-dire y avoir un Président tunisien et un DGA tunisien aussi qui prendrait, d’ici mai prochain, la place de l’actuel DG. Et si la partie française a accepté la «tunisification» pour assurer sa complète intégration dans son environnement socioéconomique, elle demande du temps pour mettre en place tout cela, ce que les deux plaignants refusent. Manifestement trop gourmands et très «je-veux-tout-et-maintenant», les deux belligérants tunisiens risquent ainsi de faire capoter l’accord et de retarder aussi son application, ce qui pourrait aller à l’encontre même des intérêts, et des intérêts de la banque et des intérêts de tous ses actionnaires. Entre la volonté d’améliorer et l’extrémisme de vouloir le beurre et l’argent du beurre en même temps, il n’y avait qu’un pas et ils l’ont franchi en refusant de retirer leurs plaintes, mettant ainsi en cause tout le compromis et notamment la «tunisification» du management de l’UBCI, pourtant acceptée par la banque-mère qui est majoritaire dans le capital.

Khaled Boumiza

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