Slim Chaker, membre fondateur de Nidaa Tounes et également président de la commission économique et sociale du mouvement a affirmé dans une déclaration accordée à Africanmanager que les ministres du prochain gouvernement seront appelés à appliquer un programme d’urgence pour des 100 premiers jours de la prise de fonctions. « Il va falloir appliquer une politique de ciblage », a-t-il dit.
Dans le même contexte, Slim Chaker a fait remarquer que la Tunisie a besoin en cette période de ministres compétents, appelant les Tunisiens à se remettre immédiatement au travail pour relancer l’économie.
Selon ses déclarations, la cherté de la vie, la détérioration du pouvoir d’achat, le développement régional, l’amélioration des habitations populaires seront les priorités du programme économique de Nidaa Tounes. S’y ajoutent l’amélioration des infrastructures, la relance de l’investissement à travers la prise des rendez-vous avec les investisseurs (locaux ou étrangers), les acteurs politiques, et les bailleurs de fonds internationaux. Ce programme ambitieux notamment à l’échelle internationale a été conforté, selon lui, par la crédibilité dont jouit le président élu Béji Caïd Essebsi, à travers le monde.
Evoquant l’endettement, Slim Chaker a déclaré que la Tunisie a atteint aujourd’hui des niveaux insupportables, reprochant à la troïka la stratégie qu’elle a mise en place en la matière. La troïka a contracté des crédits non pour investir, créer des projets et des postes d’emploi mais plutôt pour la consommation et le paiement des salaires, ce qui ne sera jamais le cas de Nidaa Tounes, selon ses dires.
Par ailleurs, dans une interview récente à Africanmanager, Slim Chaker a déclaré que le programme économique de Nidaa Tounes se base sur la logique que le parti ne fait pas de promesses. « Dans ce cas-là, on serait loin de ce risque. Notre vision est basée sur un diagnostic, une stratégie et un plan d’action », avait-il dit.
Au niveau des régions, Slim Chaker nous a expliqué qu’il faut poser un diagnostic. « Il y a des gens dans les régions qui sont animés de bonne volonté, et cela donne de l’espoir », a-t-il affirmé, estimant que l’objectif de Nidaa est de faire de la Tunisie un pays du 21ème siècle et d’essayer de rattraper le gap des pays développés.
S’agissant du taux de croissance à atteindre, Il nous a indiqué qu’il s’agit principalement d’atteindre un taux de croissance en moyenne de 7 % et un taux de chômage de 11% au lieu de 16%, dans 5 ans. « Ce sont les deux chiffres clés de notre programme », a-t-il assuré.
Slim Chaker a précisé que le problème en Tunisie n’est pas de lever des fonds, mais d’avoir des projets qui soient clairs, réalistes et basés sur un diagnostic scientifique. « On doit avoir des régions capables de mettre en œuvre les projets qui leur sont alloués », a-t-il souligné.
Il a, dans ce cadre, estimé, que les bailleurs de fonds existent et cherchent à investir leur argent mais dans des projets qui tiennent la route et avec des gens crédibles. Il faut seulement, selon lui, instaurer la sécurité, la visibilité, la légitimité, la stabilité, la crédibilité et l’intégrité. « Notre crédo à Nidaa Tounes est qu’il faut des pré-requis pour que notre programme réussisse, il faut des élections démocratiques et transparentes, et une légitimité qui ne souffre aucune contestation », a-t-il déclaré.
Au sujet du budget, il nous a précisé que celui-ci n’est pas un fonds en soi. C’est un outil parmi d’autres entre les mains du gouvernement pour appliquer son programme économique et social.
Khadija Taboubi








