Au moment ou l’intérêt se focalise sur le profil du prochain président qui accèdera à la magistrature suprême dans ce qui reste du processus de transition, la question des négociations sociales refait surface dans la foulée de la lettre officielle que le chef du gouvernement, Mehdi Jomâa a adressée à l’UGTT annonçant que les négociations seront du ressort du prochain gouvernement, issu des législatives du dimanche 26 octobre dernier.
Conscient de la multiplicité des défis confrontés, l’équipe ministérielle de Mehdi Jomaa qui n’a pas réussi à finaliser la loi des finances 2015, a expliqué cette décision par son intention de ne rien faire pour le moment en attendant une meilleure concertation avec les partis qui ont remporté les élections législatives.
Réagissant vivement à cette missive, l’organisation ouvrière, par le biais de sa commission administrative réunie en urgence, lundi dernier à Hammamet, a encore une fois réaffirmé sa position de mener les négociations sociales sur les augmentations des salaires avec l’actuel gouvernement. Les syndicalistes rejettent catégoriquement le report des négociations et répètent qu’ils n’accepteront jamais que 2014 soit une blanche comme ce fut le cas pour 2013, d’autant plus que les salariés du secteur privé ont déjà bénéficié d’augmentations salariales malgré la difficile conjoncture de l’économie tunisienne.
L’UGTT s’oriente vers l’escalade
Le porte porte-parole de l’UGTT, Sami Tahri a affirmé, dans une déclaration à Africanmanager, que la centrale syndicale demande instamment au gouvernement de fixer dans les plus brefs délais une date pour entamer les négociations qui devraient commencer, selon lui, après les élections dans le but de « trouver les solutions adéquates qui prendraient en considération l’intérêt de tous les Tunisiens ».
Tahri a, à ce propos mis en garde contre l’échec de cette démarche, si le gouvernement n’accepte pas les conditions fixées par la centrale. « Nous serons dans l’obligation d’appeler tous les travailleur à l’escalade relevant que « des mesures seront alors prises ».
D’après lui, « la centrale syndicale est obligée de prendre plusieurs décisions et de présenter quelques éclaircissements aux Tunisiens pour qu’ils sachent les raisons qui poussent le gouvernement à reporter les négociations sociales ».
Un coup de grâce pour l’économie !
En dépit du climat de tension qui préside aux relations entre le gouvernement et l’UGTT, la question des négociations sociales continue d’interpeller nombre d’experts en économie qui ne semblent pas acquis à la démarche de l’organisation ouvrière.
C’est notamment le cas de Houcine Dimassi, ex ministre des Finances qui a considéré que ceci serait bien évidemment le coup de grâce au budget de l’Etat, mais aussi à l’économie, si le gouvernement cède à la majoration salariale surtout dans le secteur public.
La raison est simple, selon l’ex ministre qui a dressé un bilan grisâtre de l’économie marquée surtout par un faible taux de croissance qui devrait atteindre 2.4% d’ici la fin de cette année sans oublier l’aggravation de l’inflation dont les estimations tablent sur un taux de 5.7%. S’y ajoute l’aggravation des paiements extérieurs au cours des 9 premiers mois de cette année avec l’élargissement du déficit courant de 35.5% pour s’élever à 5843MD, soit 7,1% du PIB.
D’après Houcine Dimassi, « l’injection de l’argent est une véritable catastrophe dans un pays où la croissance et la création de richesse sont quasi nulles».
Wiem Thebti








