Les péripéties s’enchaînent pour faire de l’affaire des déchets italiens davantage qu’un scandale, une tragédie à laquelle il s’avère encore difficile de trouver une issue. Le réseau Tunisie verte, qui milite pour la préservation de l’environnement, vient de réagir à de récentes déclarations du directeur général de la direction «Environnement et qualité de la vie», Hédi Chebili, concernant l’affaire des déchets italiens importés illégalement en Tunisie, exprimant son « profond étonnement » et exigeant le retour imminent des conteneurs de déchets qui stationnent toujours au Port de Sousse et dans les dépôts de la société tunisienne importatrice.
«Ces déclarations ne font que renforcer l’attitude de la société italienne et du gouvernement italien en lui permettant de gagner du temps, pour le rapatriement de cette bombe à retardement », lit-on dans un communiqué transmis à TAP, mercredi.
Le réseau estime également que ces propos « confirment la faiblesse de la position des autorités tunisiennes, en absence d’initiatives et d’efforts diplomatiques notables puisque la Tunisie se contente jusque-là d’attendre l’issue de la justice italienne.
Le directeur général de l’Environnement et de la qualité de la vie au ministère de l’Environnement, Hédi Chebili, a déclaré, dans une interview accordée, récemment, à une radio nationale privée, que « les conteneurs des déchets qui sont toujours au port de Sousse, n’ont pas fait ressortir des lixiviats, ni de gaz de méthane, ni odeurs. Aussi les tests réalisés par le CITET, de suite à la visite d’inspection effectuée, le 24 juin 2021, aux conteneurs installés au port de Sousse, montrent « qu’il n’y’a pas quelque chose qui dérange ».
Pas que du plastique !
D’après ses déclarations, la plupart des déchets stockés, dans les 212 conteneurs au port de Sousse et 70 au dépôt de la société importatrice sont des déchets plastiques et ne contiennent pas de déchets organiques qui pourraient fermenter et produire par conséquent le gaz du méthane.
Le Réseau Tunisie verte a appelé, aussi, le ministère de l’Environnement « à rendre publiques les analyses effectuées sur les conteneurs, en clarifiant les protocoles suivis et en précisant les laboratoires engagés, et de fournir des explications fondées prouvant que les conteneurs renferment en majorité du plastique ».
« Il s’agit également d’informer le grand public sur la date de retour des déchets au lieu de minimiser leur impact et de donner des justifications infondées à leur présence ».
Tunisie Verte tient à préciser qu’aucun recours n’a été intenté par la Tunisie contre la société italienne et que la seule partie à former des recours est bien la société italienne, elle-même.
Errances judiciaires
Les conteneurs des déchets sont toujours au port de Sousse en Tunisie, en dépit du jugement du Conseil d’Etat italien, organe suprême des conseils juridiques et administratifs du gouvernement, prononcé à l’encontre de la société italienne « SRA », et exigeant l’application des décisions des autorités de la province italienne de Campanie et surtout la décision du Tribunal de Naples qui l’a sommée de récupérer ses 282 conteneurs (7800 tonnes) de déchets arrivés illégalement d’Italie entre mai et juillet 2020, dans un délai de quatre-vingt-dix jours à compter du 9 décembre 2020.
La société SRA avait déposé une plainte auprès du Tribunal administratif de Naples contre la province de Campanie, afin de faire suspendre la décision de cette dernière, mais le Tribunal a statué le 9 février 2021, qu’il n’est pas spécialisé dans des affaires pareilles. Donc la décision de la province de Campanie reste en vigueur.
En effet, Chebili avait déclaré aussi que toutes les procédures ont été engagées pour assurer le retour de ces déchets toxiques en Italie dans les plus proches délais en coordination avec l’Etat italien et la province italienne de Campanie.
D’après ses dires, l’affaire est résolue et « le maintien des déchets en Tunisie relève de l’impossible. Ce n’est une qu’une question de temps ».








