AccueilLa UNE«Agent chargé de l'enseignement», l'appellation qui a mis le feu aux poudres

«Agent chargé de l’enseignement», l’appellation qui a mis le feu aux poudres

Les enseignants vacataires et les diplômés de la licence appliquée en sciences de l’éducation ont entamé, depuis lundi 26 septembre, des actions de protestation dans les différentes régions du pays sous la devise de  « journées régionales de la colère ».

Le mouvement piloté par la Fédération de l’enseignement de base relevant de l’Union générale tunisienne du travail, doit se poursuivre jusqu’à jeudi 29 septembre déclaré « journée nationale de colère » avec l’organisation d’un grand rassemblement de contestation devant le siège du ministère de l’Education, à Tunis, puis à la place du gouvernement à la Kasbah.

La signature de l’accord relatif à la majoration des salaires des fonctionnaires et agents publics, entre le gouvernement et l’UGTT, des jours avant la rentrée scolaire, promettait pourtant une année scolaire et administrative calme, mais, « une petite appellation » est venue, entre temps, mettre le feu aux poudres.

Le ministère de l’Education a attribué aux instituteurs vacataires et diplômés de la licence appliquée en sciences de l’éducation, fraîchement recrutés, la qualité administrative de « agent chargé de l’enseignement », une nouvelle qualité qui n’existait pas auparavant dans les statuts. 

Dans une déclaration à African Manager, avant le déclenchement du mouvement, le secrétaire général adjoint de la fédération de l’enseignement de base, Ikbal Azzabi, avait déjà donné le ton s’insurgeant, vigoureusement, contre cette qualité « hybride et créée de toute pièce ».

Il a accusé le ministère de l’Education d’avoir attribué intentionnellement aux  enseignants concernés cette qualité administrative. Selon lui, il s’agit d’une appellation obscure et contraire aux dispositions statutaires régissant les relations professionnelles entre les instituteurs et l’autorité de tutelle.

Au contraire, a-t-il noté, il a été convenu que les instituteurs vacataires  et les diplômés des licences en sciences de l’éducation seraient recrutés en qualité de professeurs stagiaires des écoles primaires, de sorte que cette qualité attribuée  par le ministère de l’Education n’est pas claire notamment  en ce qui concerne le nombre des heures travail. Car, a-t-il estimé, la création d’une nouvelle fonction d’enseignement demande la révision de la législation y afférente, de sorte que cette nouvelle qualité ou titre « agent chargé de l’enseignement » n’a aucun sens légal étant contraire à la réglementation.

Refus général

Dans ce même esprit, le syndicaliste a signalé aussi une autre difficulté soulevée par cette appellation, l’inexistence de critère logique pour la détermination des écoles où ces agents chargés de l’enseignement seront affectés. Aussi, a-t-il dit, ils ont été affectés hors des régions où ils habitent sans tenir compte de leurs conditions matérielles.

Il a demandé au ministère de l’Education de revenir sur cette décision et de supprimer cette qualité, en recrutant les concernés sur la base des dispositions statutaires. Il a préconisé aussi le recrutement des diplômés de la licence appliquée en sciences de l’éducation de 2022 en tant que stagiaires, réclamant, en même temps, l’accélération de  l’affectation des diplômés de la promotion de 2021 sur cette même base.

C’est, donc, dans cette ambiance surchauffée que  la fédération de l’enseignement de base a décidé d’organise, jeudi 29 septembre, devant le siège du ministère de l’éducation, puis à la place du gouvernement, une journée nationale de colère, précédées de journées régionales de colère,  en signe de contestation et de refus général de cette mesure.

Pour sa part, le ministère de l’Education suit le mouvement de très près. Dans des déclarations à la Télévision Tunisienne, lundi 26 septembre, le ministre Fathi Salaouti  a indiqué que ses services compétents ont un mécanisme qu’ils vont appliquer dans ce domaine, en se servant de la base de données du département.

Mais, Ikbal Azzabi a brandi la menace de l’escalade au cas où le ministère ne répondrait pas aux revendications des contestataires.

Plusieurs instituteurs vacataires ont fait part, à African Manager, de leur refus de cette qualité demandant au ministère de revenir sur sa décision.

Ils ont estimé que le ministère de l’Education a contrevenu au décret 58 de l’année 2019 qui stipule leur recrutement en trois promotions  en tant que vacataires, ce qui a été le cas pour la première et la deuxième promotion, tandis que les instituteurs de la troisième promotion se sont vu attribuer la qualité de chargé de l’enseignement.

Réforme éducative

Concernant  la réforme éducative, le secrétaire général adjoint de la fédération de l’enseignement de base,  a souligné qu’il n’est pas question de réforme de l’enseignement sans la garantie des droits des éducateurs et l’aménagement d’un climat d’enseignement adéquat.

Il a mis l’accent sur la nécessité d’entreprendre cette réforme de manière participative en y  associant toutes les parties prenantes au système éducatif, parallèlement à l’amélioration de l’infrastructure éducative, s’agissant de la maintenance des écoles, leur équipement en eau potable et autres nécessités afin d’assurer de bonnes conditions d’études tant à l’élève qu’à l’éducateur.

 S.B.H

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