Pour cette année, l’offre des moutons du sacrifice de l’Aïd El Idha est suffisante, dépassant même la demande et les besoins des Tunisiens. Mais il y a un bémol : les prix de vente demeurent en hausse par rapport aux années précédentes. Ainsi, les prix de vente des moutons, dont le poids est de moins de 40 kg, oscillent entre 750 dinars et 1700 dinars.
Cependant, une hausse vertigineuse des prix a été constatée au point que de nombreuses familles ne peuvent pas acheter un mouton.
Dans une « Rahba », une place aménagée pour la vente des ovins dans la banlieue sud de la capitale Tunis, Africanmanager.ar est allé à la rencontre d’éleveurs et de vendeurs de moutons, qui attendent, au milieu de craintes liées à la baisse des ventes cette année, que leur bétail soit vendu.
Premier constat : les prix variaient entre 750 dinars et 1 900 dinars. Des citoyens rencontrés au hasard ont également confirmé que « les prix sont très élevés et qu’ils ne correspondent pas à leur pouvoir d’achat ».

D’autre part, un certain nombre d’éleveurs ont estimé que les prix sont abordables compte tenu des prix élevés des matières premières alimentaires. Ils ont également souligné que le coût de l’élevage des moutons est très élevé.
« Nous vivons dans des conditions difficiles ; nous louons des véhicules pour transporter les ovins d’un endroit à un autre et nous veillons toute la nuit pour les garder. Nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir dégager des bénéfices. Si on arrive à couvrir les multiples charges, nous serons satisfaits ! », lancent-t-ils pour exprimer leurs frustrations.
Et dire qu’en affluant vers les « Rahbas », les Tunisiens n’avaient en tête qu’un seul objectif, celui de sacrifier un mouton comme le veulent la religion et la coutume, sans savoir qu’ils allaient sacrifier trois mois de salaire sinon deux dans le meilleur des cas.
Désormais, c’est pour un sourire sur les lèvres de leurs enfants que certains parents se dessaisissent de nombreuses paies dérisoires correspondant à de longs mois de labeur, alors qu’ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
C’est peut-être aussi le moment de rappeler que le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) en Tunisie ne dépasse pas les 460 dinars pour un régime de 48 heures, sans parler des employés qui sont dans des situations précaires, ce qui pousserait le simple consommateur à revoir ses priorités.
Riahi à AM : la réticence des Tunisiens à acheter des moutons atteint les 40%
Le président de l’Organisation pour informer le consommateur (OTIC), Lotfi Riahi, a estimé que la réticence des Tunisiens à acheter des moutons de sacrifice pourrait se chiffrer ou même dépasser 40 % cette année, par rapport à l’année précédente.
Dans une déclaration exclusive faite à Africanmanager, Riahi a dénoncé la hausse vertigineuse des prix de moutons essentiellement en comparaison avec l’année précédente.
Sur un autre volet, il a assuré que l’organisation contribue chaque année à la création de plusieurs points de vente de moutons de sacrifice, du producteur au consommateur, afin de baisser les prix exorbitants sur le marché.
Cette mesure demeure suspendue cette année en raison de l’absence d’un accord entre le ministère du Commerce, l’ODC et les parties concernées, avec les agriculteurs et les éleveurs de bétail, a encore précisé la même source.
Il a également signalé l’attachement de l’ODC et du ministère du Commerce à fixer un prix de référence au niveau des points de vente estimé à 21dt pour le kg vif de mouton, alors que les éleveurs de bétail revendiquent un prix estimé à au moins 23dt/kg vif.








