AccueilLa UNEAttaquée de toute part…BOLT bientôt détrônée?

Attaquée de toute part…BOLT bientôt détrônée?

A une époque où BOLT Tunisie était censée aider à résoudre les problèmes de transport des usagers des taxis, l’application a plutôt miné le marché et est désormais  décriée parbon nombre de citoyens, indignés de voir des tarifs de courses flamber .

En effet, à force de gonfler le prix d’un simple trajet par 3, ces applications, qu’on ne peut que qualifier de voraces,  se sont attirées les foudres des citoyens qui appellent au boycott.

BOLT est devenue la source de nombreuses plaintes que les pouvoirs publics n’ont pas encore traitées avec suffisamment de diligence sinon de fermeté. Qui plus est, sa réputation est entachée de  soupçons de violation des données personnelles selon les témoignages de quelques clients sur les réseaux sociaux.

Dans ce contexte, African Manager a essayé de contacter BOLT Tunisie, qui n’a pas daigné répondre à nos démarches. Heureusement que la maison mère en Estonie dont nous avons pris l’attache  a fait preuve d’un professionnalisme remarquable et échangé avec nous par mails interposés.

Une activité onéreuse à outrance

L’application a été  lancée en Tunisie en 2019, et a réussi à attirer plus de 2200 conducteurs de taxi en un temps record, simplement en appliquant une politique de séduction qui consiste à leur promettre une bonne rémunération.

Selon Ilyes Tijani, chauffeur de taxi, son activité avec BOLT Tunisie a commencé en 2019. Il a indiqué que tout conducteur  de taxi ne travaille pas sous contrat avec eux, et qu’ils ne font que fournir un simple téléphone portable, exigeant une commission de 15%. « En 2 ans et demi, je n’ai pas réussi à rembourser mes dettes, et tous les bénéfices que je percevais sont allés  tout droit aux frais annexes (essence, amortissement, connexion internet etc.) » Ilyes a précisé que depuis juin dernier, il a cessé toute activité avec l’application estimant qu’il n’a pas reçu le respect qu’il lui était dû.

Par ailleurs, tout le monde se pose la question de savoir quelle partie est habilitée  à fixer le s prix des courses de taxi, et pourquoi sont-ils aussi chers ?

La réponse de BOLT Estonie

A cette question, nous avons reçu la réponse d’une porte-parole de BOLT, Nthabiseng Mokoena, qui a affirmé que les tarifs des trajets effectués sur Bolt sont composés de 3 variables principales : la redevance de base, une redevance fixe pour chaque déplacement, une redevance au kilomètre parcouru, une redevance à la minute consacrée au trajet, ainsi que les éventuels péages et frais de stationnement utilisés. Ces éléments constituent le tarif final du voyage, diffèrent d’une ville à l’autre et dépendent de la catégorie et de la destination sélectionnées.

En outre, le prix final du trajet  est fonction du multiplicateur de prix, qui est déterminé par la demande et l’offre – si la demande de trajets dans une zone est supérieure à l’offre de chauffeurs, le système utilise un multiplicateur qui augmente le prix afin que les chauffeurs aient une plus grande motivation pour se rendre dans cette région. Dans tous les cas, le passager  est informé  du prix final du trajet avant de finaliser la commande et est en mesure de décider s’il lui convient.

  Par ailleurs, la porte-parole a précisé que les tarifs « sont déterminés conformément aux réglementations gouvernementales, et des frais de service supplémentaires sont appliqués. ».

C’est à se demander si  dans ce pays, nous appliquons cette loi…

L’Etat ne punit pas BOLT, selon Faouzi Khabouchi

Dans ce contexte, African Manager a tenu à s’entretenir avec le secrétaire général de l’Union Tunisienne des Taxis Individuels, Faouzi Khabouchi. A cet effet, il a expliqué que bon nombre de chauffeurs de taxis recourent au service de BOLT car ils n’arrivent plus à couvrir les charges.

En effet, le prix du carburant est exorbitant, coûtait la moitié du trajet, et la tarification du compteur est toujours de 540 millimes, une aberration selon ses dires.

Il a de plus affirmé que le cadre de l’application est en violation avec la loi, et que les pouvoirs publics ne font rien pour remédier à la situation. « L’Etat est incapable d’assurer le transport, alors qu’il devrait protéger les intérêts des chauffeurs de taxis et des professionnels du métier en contrôlant et en intervenant si nécessaire ».

Il a, en outre, expliqué que c’est tout  naturellement possible que les chauffeurs de taxis vont avoir recours aux applications de transport, dans l’espoir de couvrir un tant soit peu leurs charges.

Faouzi Khabouchi a précisé qu’une réunion devrait avoir lieu ce vendredi 7 octobre, à l’initiative des professionnels  du secteur, à savoir le syndicat, ainsi que le ministère du Transport, et le ministère des Finances, afin de discuter de la tarification, sachant  que  le syndicat réclame que le compteur passe de 540 millimes à 1 dinar au minimum.

Cette réunion serait un point de départ pour une réforme et un certain équilibre pour les droits des chauffeurs de taxis.

  Bientôt une nouvelle application de transport

Le secrétaire général  a de plus, informé qu’il devrait y avoir une nouvelle application de transport d’ici fin novembre, sous l’appellation de Smart Taxi.

L’avantage de cette application est de simplifier les trajets des citoyens, moyennant une marge de seulement 3 dinars sur la course habituelle.

Elle facilitera par ailleurs le transport pour les personnes âgées et les malades, et surtout, sera sous la surveillance du syndicat.

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