AccueilLa UNEAutomobile en Tunisie : le parallèle gonfle et l’import informel devient la norme

Automobile en Tunisie : le parallèle gonfle et l’import informel devient la norme

En 2026, le Grey-Market, dit aussi marché parallèle, ne complète plus le marché officiel : il le remplace. Les ré-immatriculations atteignent désormais 43 % du marché automobile, contre 35 % un an plus tôt, dans un contexte où les ventes globales stagnent.

La demande ne disparaît pas. Elle change simplement de canal, et les publicités sur les chaînes françaises de ceux qui offrent des voitures moins chères arrivées en Tunisie, attisent cette demande. Mais l’analyse par marques révèle un phénomène bien plus profond : ce sont les mêmes constructeurs historiques qui dominent désormais… hors réseau officiel.

Le Grey-Market n’est plus une déviation du système automobile tunisien. Il en est devenu le moteur principal. Les chiffres montrent clairement, que le réseau officiel se contracte, que l’import parallèle capte la croissance, et que les mêmes marques dominent hors contrôle institutionnel. L’économie automobile tunisienne a changé de structure.

Une lecture économique laisserait voir, d’abord l’effondrement relatif du neuf, et l’explosion de l’import parallèle. Le volume total reste quasi-stable. Mais c’est un transfert de valeur, et pas une crise de la demande. Les véritables gagnants du Grey-Market sont les cinq premières marques qui concentrent près de 58 % du marché parallèle.

  • Un fait majeur : les Tunisiens ne changent pas de marques, ils changent de système

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas un marché de véhicules “exotiques”, ce sont les marques historiques du neuf qui dominent l’informel. Le consommateur veut toujours les Peugeot, Volkswagen, Citroën, Renault et Mercedes. Mais il refuse simplement leurs prix officiels.

  • Le cas Mercedes : la démocratisation du premium par l’informel

Que Mercedes-Benz soit 4ᵉ du Grey-Market tunisien est économiquement révélateur :

✔️ Import massif de véhicules récents européens
✔️ Accès au premium à prix réduit
✔️ Montée en gamme sociale accélérée

Le marché parallèle devient un outil d’ascension de pouvoir d’achat symbolique. Les asiatiques progressent, mais restent secondaires. Des marques comme Toyota, Kia, ou Hyundai représentent ensemble moins de 20 % du Grey-Market. Leur fiabilité est reconnue. Mais elles sont moins attractives sur le marché d’occasion car importée d’Europe

  • Lecture économique lourde de conséquences

Une lecture économique de cette nouvelle tendance vers le marché parallèle des véhicules, théoriquement structuré à travers les concessionnaires, où les membres de la Chambre Syndicale se réunissent chaque année et se répartissent le quota d’importation décidé par la DG du commerce intérieur, met en relief de lourdes pertes pour l’État. C’est en effet une fiscalité détournée, un contrôle affaibli, et un parc automobile moins maîtrisé.

Pour les concessionnaires, c’est une perte du cœur de clientèle, des marges qui deviennent sous pression extrême, et un risque de marginalisation structurelle. Mais des concessionnaires, faussement considérés comme des représentants de l’économie de rente installée par l’Etat, qui s’en préoccupe, à moins de pertes de postes d’emploi, ce qui n’est théoriquement pas exclu.

Pour les ménages, c’est vrai, c’est un gain de pouvoir d’achat immédiat. Mais avec de sérieux risques sur garanties & service

En conclusion, la Tunisie pourrait basculer vers un marché automobile majoritairement informel dès 2027.
 

  
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