AccueilLa UNEBH Bank 2025 : Un résultat net en chute libre, des signaux...

BH Bank 2025 : Un résultat net en chute libre, des signaux d’alarme qui s’accumulent

Les états financiers de BH Bank arrêtés au 31 décembre 2025 ne laissent guère de place à l’optimisme. Derrière une collecte de dépôts robuste et un portefeuille de placements en expansion, la banque affiche un résultat net effondré à 39,8 millions de dinars tunisiens (MDT) contre 70,4 MDT en 2024, soit une chute de 43,5 %. Le bénéfice par action tombe à 0,835 dinar contre 1,479 dinar un an plus tôt. Le message est clair : la mécanique financière de l’établissement est sous pression structurelle.

–          Un produit net bancaire qui tient à peine

Le produit net bancaire (PNB), différence entre les produits et les charges d’exploitation bancaires, s’établit à 692,6 MDT, en recul de 1,2 % par rapport aux 701,2 MDT retraités de 2024. Ce repli modeste masque des dynamiques opposées et préoccupantes. Les intérêts et revenus assimilés, premier pilier du PNB, reculent de 7,2 % à 963,2 MDT contre 1 037,7 MDT en 2024, reflet d’une base de crédits qui se contracte et d’une qualité d’actifs dégradée forçant la réservation des intérêts sur créances classées. Les commissions glissent également de 6,7 % à 148,9 MDT. Ce qui sauve partiellement le PNB, c’est l’envolée des revenus du portefeuille d’investissement, composé majoritairement de bons du Trésor assimilables (BTA), qui bondissent de 41,7 % à 289,8 MDT. Sans ce coussin obligataire, le PNB aurait accusé un recul bien plus sévère.

–          Un coût du risque qui érode la rentabilité

Le vrai destructeur de valeur en 2025, c’est le coût du risque. Les dotations nettes aux provisions sur créances atteignent 326,2 MDT, en hausse de 7,2 % par rapport aux 304,2 MDT de 2024. Rapporté au PNB, ce coût du risque absorbe 47,1 % du produit net bancaire, une proportion écrasante qui ne laisse que très peu de marge pour couvrir les frais de fonctionnement. Le total des provisions cumulées sur le portefeuille de créances atteint 1 484,3 MDT, auxquels s’ajoutent 421,1 MDT d’agios réservés, soit une charge latente totale de 1 905,4 MDT sur un encours brut de créances de 12 223,3 MDT.

–          Des charges d’exploitation qui s’emballent

Les frais de personnel progressent de 9,2 % à 206,9 MDT, tandis que les charges générales d’exploitation explosent de 24,4 % à 89,2 MDT. Le coefficient d’exploitation, qui rapporte les charges de fonctionnement (personnel, charges générales et dotations aux amortissements) au PNB, ressort à 45,4 %, un niveau en soi soutenable, mais qui, combiné au coût du risque, absorbe 92,5 % du PNB. Il ne reste quasiment rien pour forger un résultat.

–          Des ratios qui inquiètent

Le retour sur fonds propres (ROE) s’effondre à environ 2,9 %, contre plus de 5 % en 2024, bien en dessous du seuil de rentabilité économique. Le retour sur actifs (ROA) tombe à 0,26 %. Les créances non performantes (classes 2, 3, 4 et 5), calculées sur l’ensemble des engagements bruts y compris hors bilan, représentent 2 928,4 MDT sur un total de 14 119,7 MDT, soit un taux de créances douteuses de 20,7 %. Le taux de couverture par les provisions et agios réservés ressort à 65,1 %, insuffisant pour absorber un choc supplémentaire. Seule bonne nouvelle côté bilan, les dépôts de la clientèle progressent de 11,3 % à 10 028,5 MDT, consolidant la base de refinancement.

–          Un rapport d’audit qui porte des réserves majeures

Les commissaires aux comptes ont émis une opinion avec réserves, ce qui est en soi un signal rare et sérieux. Trois réserves formelles : les insuffisances significatives du système d’information limitant la fiabilité de l’information financière, la capitalisation contestable de charges qui auraient dû être passées en résultat (42 MDT capitalisés pour un projet informatique T24 entamé en 2019, toujours non opérationnel, contre 32 MDT de coût d’acquisition du système), et l’absence d’une base exhaustive de garanties rendant l’évaluation des provisions insuffisamment fiable. En paragraphe d’observation, les auditeurs signalent une exposition de 479 MDT sur une contrepartie unique placée en procédure collective, partiellement couverte à hauteur de 263 MDT, ainsi que 2 278 MDT d’engagements envers des entreprises publiques sous garantie d’État sans décisions définitives reçues.

–          Une banque à la croisée des chemins

BH Bank abordait 2026 fragilisée. Sa rentabilité est étranglée par un coût du risque persistant, des charges en hausse et des revenus d’intérêts structurellement sous pression. La banque dispose d’une assise bilancielle solide en termes de collecte, mais les signaux qualitatifs envoyés par l’audit appellent une réforme en profondeur de la gouvernance des risques et du système d’information, avant que la situation ne se dégrade davantage.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -