De nos jours encore, la Tunisie figure en bas du classement international en matière de congé de maternité par comparaison à d’autres pays, comme le Maroc où la femme dispose de trois mois et demi de congé de maternité, la France (quatre mois) ou le Royaume-Uni (52 semaines). A cela, on ajoute la pénalité salariale, puisque la mère tunisienne ne perçoit que 67% de son salaire pendant ce congé. Et donc, après l’accouchement, plus vite la mère revient à l’emploi, moins elle perd de salaire.
Autre fait à relever sur ce registre, la Tunisie ne reconnaît toujours pas l’importance du rôle du père dans l’accueil d’un enfant. Un seul jour de congé dans le secteur privé et deux jours dans le secteur public, outre le fait que le père n’a pas le droit d’accompagner sa femme lors de l’accouchement. Il l’accompagne jusqu’à la porte du bloc de naissance et la récupère après des heures avec le nouveau-né, bien que dans les cliniques privées, les papas puissent y assister.
Ces deux jours de congé sont jugés insuffisants et n’aideront pas la jeune maman à récupérer de l’accouchement, qui se fait parfois par césarienne, et cette dernière se retrouve rapidement seule à gérer un bébé.
Des projets de loi sous la loupe des députés
Une commission de l’Assemblée des représentants du peuple a planché, récemment, sur l’examen de la proposition de loi organisant le congé de maternité, de paternité et la néo-natalité, dans les secteurs public et privé.
En cours de réflexion depuis 2017, cette initiative reflète une prise de conscience croissante de l’importance de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour les parents.
C’est dans ce contexte que Sabeur Masmoudi, député et membre de la commission de l’administration au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), est intervenu vendredi 19 juillet 2024, sur les ondes d’Express FM, pour indiquer qu’il y a actuellement des délibérations autour de deux projets de loi relatifs aux congés de maternité et de paternité ; un projet proposé par les députés et un autre par la présidence de la République sur proposition du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors.
Masmoudi a affirmé que les grandes lignes de ces deux propositions portent sur l’extension de la durée des congés de maternité et de paternité dans le secteur public ainsi que dans le secteur privé. Il a également évoqué l’introduction d’un congé prénatal et d’un congé postnatal pour « protéger et encadrer la mère qui travaille », selon ses dires.
« Une loi se rapportant à l’appui des acquis de maternité et paternité et la protection des meilleurs intérêts de l’enfant verra le jour en 2024 » a-t-il répété à maintes reprises durant l’interview.
Il est à noter que des représentants des différentes parties prenantes ont assisté à ces délibérations, telles que l’Utica, le ministère de la Femme, le ministère des Affaires sociales et le ministère des Finances.
On rappelle également que le chef du gouvernement a récemment réaffirmé l’engagement de l’Etat à protéger et à renforcer les droits acquis des femmes et attache une grande importance aux questions liées à la famille et au bien-être de ses membres, puisque c’est dans ce cadre que se développent l’esprit de solidarité et la citoyenneté positive.
Hachani a souligné que «la famille est la cellule de base de la société et il incombe à l’État de la protéger et ce, comme le stipule la Constitution».
Il a, en outre, indiqué que l’Etat œuvre également à garantir l’égalité entre tous sans discrimination aucune, comme le stipule l’article 23 de la Constitution.
A noter que les lois relatives aux congés de maternité et de paternité en vigueur n’ont pas été amendées depuis 1983 dans le secteur public et depuis 1974 dans le secteur privé, et elles ne sont plus adaptées aux évolutions sociétales.








