Auréolé d’un passé et d’un statut qui le placent au premier rang des villes méditerranéennes, le gouvernorat de Bizerte cultive la vocation qui lui revient de droit d’être une destination courue par les investisseurs pour devenir un « hub industriel entre l’Afrique et l’Europe », comme le souligne NOVA.news, le quotidien online d’Agenzia Nova
Une ambition d’autant plus légitime que la région compte déjà neuf zones industrielles et un espace d’activités économiques, en plus du pôle de développement, qui à son tour se compose de deux espaces industriels: le premier est spécialisé dans les industries alimentaires dans la région de Menzel Abdel Rahman, le second est actif dans de nombreuses spécialités dans la région d’El Azib. Ces zones industrielles ont réussi à attirer 274 entreprises actives dans les secteurs de l’électronique, de la mécanique, de l’automobile et des composants aéronautiques, ainsi que dans le secteur du textile et de l’habillement et d’autres activités à valeur ajoutée qui ont contribué à créer environ 58 000 emplois.
La ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie y travaille, Fatma Thabet Chiboub,y travaille. A cette fin, elle vient de visiter nombre d’entreprises, dont l’américaine Lear Corporation, pionnière dans le domaine de la technologie et de l’électronique des sièges automobiles, située à Menzel Bourguiba. Cette unité industrielle, réalisée en un temps record, est issue des directives de la Charte de Partenariat Public-Privé pour soutenir la compétitivité du secteur. Ce pacte comprend six objectifs stratégiques et 31 mesures pour permettre à l’industrie automobile d’atteindre son plein potentiel et un niveau de compétitivité capable d’impacter l’ensemble de l’économie tunisienne. Le complexe industriel où se trouve la Société Lear a commencé ses activités en septembre 2023 avec une capacité opérationnelle d’environ 1 100 travailleurs et cadres, puis est passé à plus de 7 000 emplois en 2027, s’étendant sur une superficie d’environ 33 mille mètres carrés à partir de 2025. Lear Corporation est présente dans 37 pays et emploie environ 160 mille emplois.
Le secteur de l’automobile et des composants automobiles est un secteur stratégique pour la Tunisie. Avec plus de 200 entreprises, les industries connexes emploient environ 95 000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires de plus de 2,4 milliards d’euros, soit 16% des exportations du pays. Le secteur offre d’innombrables opportunités d’investissement, à commencer par le fait que l’Union européenne (UE) a décidé de mettre fin aux voitures à combustion d’ici 2035, avec l’arrêt des ventes de voitures neuves à essence et diesel et de véhicules utilitaires légers ainsi que d’hybrides au profit de véhicules 100% électriques dans le but de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves en Europe. La Tunisie dirige environ 70% de ses exportations vers le marché européen, d’où elle obtient environ 50% de ses importations totales, depuis l’accord politique sur le partenariat privilégié et le plan d’action en vue de la conclusion d’un Accord de Libre-Échange Approfondi et Complet (ALECA), qui permettra à la Tunisie d’être intégrée dans l’Espace économique européen.
De par sa position géographique, la Tunisie est activement engagée dans l’intégration sous-régionale, devenant membre du Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (Comesa), dans le but de dynamiser les exportations vers les marchés africains et de faire du pays un hub régional, une véritable « porte d’entrée vers l’Afrique » pour les pays européens, ce qui a permis à Tunis de commencer à exporter vers des destinations où elle était essentiellement absente auparavant, avec tous les avantages qui en découlent pour les opérateurs européens qui vivent, travaillent et produisent en Tunisie. Cet accord régional élimine en effet les barrières tarifaires dans tous les secteurs et offre une opportunité intéressante aux entreprises européennes qui souhaitent produire dans le pays, avec 35% de valeur ajoutée produite localement, il est ensuite possible d’exporter vers les pays du Comesa en l’absence de barrières tarifaires.
L’approche socio-environnementale, une obligation
Les entreprises tunisiennes et leurs partenaires internationaux ont commencé à travailler davantage en termes de durabilité, relève NOVA.News. Aussi parce que désormais, avant de confier un projet d’entreprise à une entreprise, les producteurs vérifient la neutralité, le mix énergétique, les émissions de gaz à effet de serre par produit, la propension aux énergies renouvelables utilisées dans la production, la recyclabilité des matériaux utilisés et les produits résultats qui seront générés, ainsi que la chaîne de valeur qui devra être responsable ainsi que des ressources, procédés et produits plus durables. Adopter une approche environnementale, sociale et de gouvernance n’est plus une option, mais une obligation: minimiser l’impact sur l’environnement en réduisant son empreinte carbone, recyclage, circularité, égalité femmes-hommes, conditions de travail décentes, impact sur la diversité de l’entreprise dans sa communauté et son environnement, à travers des actions RSE.
Quid de la sidérurgie !
Autre secteur associé à l’avenir de Bizerte, celui de la sidérurgie, avec la société El Fouladh, visitée par la ministre, pour réaffirmer la volonté du gouvernement de la restructurer et de trouver des solutions urgentes pour développer son système de production, faisant de la sidérurgie une locomotive pour le développement des chaînes de valeur pour les industries minières.
La construction navale, c’est aussi un axe du futur pour Bizerte où vient d’être inauguré un nouveau navire à la Société Africaine de Construction Navale, une joint-venture libyco-tunisienne, au port de pêche de la délégation de Jarzouna. L’entreprise emploie 100 travailleurs qualifiés et produit au moins trois grands navires par an. Les projets actuels et futurs les plus importants de l’entreprise impliquent la fabrication de plusieurs navires en partenariat avec des institutions algériennes spécialisées, alors que les prochaines étapes à franchir consistent à développer encore plus les partenariats, en Europe et en Afrique, en adoptant les dernières technologies qui lui permettront de développer ses activités dans la fabrication de navires et de moteurs marins.