En mai 2022, nous relations, sous le titre de «Si Kristalina ne va pas à Bouden, Nejla ira à Georgieva», comment la cheffe du gouvernement tunisien Najla Bouden avait pu convaincre la DG du FMI Kristalina Georgieva lorsqu’elles s’étaient rencontrées l’année dernière à pareille date à Davos, le temple mondial de l’économie de marché, de faire confiance à l’économie tunisienne et en la capacité de son gouvernement à mettre en œuvre les réformes promises. Et c’est cette rencontre précisément qui avait décidé le staff du FMI à renouer les négociations avec la Tunisie après l’échec de Hichem Mechichi à l’en convaincre, et finalement abouti à l’obtention du SLA (Staff Level Agreement), que le gouvernement Bouden devait pouvoir monnayer avec les bilatéraux pour mobiliser assez de ressources extérieures.
- Bouden a-t-elle suivi les instructions de son chef pour amadouer Kristalina ?
La recevant, avec son départ pour Davos, avec El Abassi et Nemsia, Saïed a souligné « la nécessité de clarifier la situation financière et monétaire de la Tunisie », expliquant surtout comme une sorte de directive, que cette situation « ne peut être abordée uniquement sur la base des chiffres et des ratios, mais plutôt des conditions sociales en premier lieu », comme si elle devait parler devant une assemblée de philanthropes, prêts à donner pour les pauvres et les démunis.
Le chef de l’Etat, manifestement, a oublié qu’il il avait auparavant essayé lui-même de faire transférer le surplus de DTS sur le compte des pays africains les plus pauvres, et n’y avait alors pas réussi. Il avait aussi oublié qu’il gave tout le monde de ses assertions officielles et publiques, d’une Tunisie qui regorgerait de ressources, en traitant le FMI de beaucoup de noms, et tout fait pour retarder l’application des réformes demandées pour le passage de son dossier de crédit devant le CA du FMI. On imagine, alors, la difficulté, pour Najla Bouden, de faire passer des vessies pour des lanternes, face à une dirigeant de la banque des banques du monde, qui est soumise elle-même à des conditions et des procédures strictes, à l’image de n’importe quelle banque face à un demandeur de crédit, lequel ne peut espérer avoir un crédit en faisant prévaloir le droit de sa famille à l’instar du droit à l’éducation, au travail pour préserver la dignité, au logement, au transport et « d’autres droits garantis par la Constitution de juillet 2022 » de Saïed qui voudrait que Davos la prenne en exemple.
- FMI, la BM connaissent tous vos chiffres et vos réalisations, Monsieur le président !
Toute banque, petite, comme la BTS dont l’Etat prend en charge les pertes et les impayés, ou grande comme la STB que l’Etat-actionnaire majoritaire oblige à financer l’alimentation des Tunisiens sans se soucier que ses ratios se détériorent, qui n’obéiraient pas à la logique mondiale de « la perte et du profit », n’est pas une banque, mais une institution d’assistance financière.
Ce genre de banque n’existe en effet que dans la Tunisie du chef de tout l’Etat. Elles sont pour cela, mal notées par ceux que Saïed appelle les « امك صنافة », car officiant dans le pays où les sociétés commerciales ne doivent pas faire de bénéfice au risque de passer un mauvais quart d’heure sous les de rampes des caméras de sa présidence qui le montre en train de les traiter « avec le fer et le feu », ou sous les fourches caudines d’une justice qui les malmène pour ensuite les relaxer, après avoir sali leurs réputations.
Il est vrai que le chef de tout l’Etat Tunisie, développe un flagrant déni de l’effet du déséquilibre des équilibres financiers de l’économie de son pays, sur sa dette, sa monnaie, et les perspectives de son économie.
On ne prête, certes, qu’aux riches comme le dit l’adage. Mais on prête aussi à ceux qui ont la claire et effective volonté, officiellement déclarée, de créer de la richesse. Mais certainement pas à ceux qui compensent les prix, du café, du sucre, et même du tabac, comme le fait la Tunisie. Ce pays qui voudrait presque que tous ces citoyens soient des ouvriers, dirigés par un « Etat-providence », et qui accable les créateurs de richesses, et étrangle les créateurs de valeurs par des restrictions administratives sous diverses excuses en dehors du temps, comme elle le fait pour des Start-ups qui se vendent, pour l’étranger, en milliards DT.
Et si Najla Bouden arrivait, encore une fois, à faire avaler à Kristalina Georgieva, tous les boniments et divagations de Kais Saïed, elle aura accompli un autre miracle, en plus de trouver chaque mois de quoi payer les fonctionnaires de l’Etat en surplus et des entreprises publiques déficitaires, et de quoi importer essence, blé, café, sucre, et tabac pour les Tunisiens. Et dire que certains « Saïdistes » voudraient la changer, par échec de faire changer leur Saïed de politique … s’il en a une!








