Dans le travail, la famille et même le couple, le salaire ou la rémunération est un tabou. Dans certaines entreprises, le salaire fait même l’objet d’une obligation de non divulgation. Depuis plusieurs années en Tunisie, le CMF (Conseil du Marché Financier) a fait obligation à toutes les entreprises cotées en bourse de faire acte de transparence, et de publier les rémunérations et les salaires dans leurs états financiers d’entreprises faisant appel public (au sens large) à l’épargne.
Cette obligation de transparence, certaines cotées usent de plus d’un subterfuge pour l’esquiver.
Les unes se fâchent contre les journaux qui reprennent les montants des rémunérations et salaires de leurs dirigeants et les interdisent de Marketing. D’autres essaient de faire pression sur les responsables des rédactions, à travers leurs parents et amis. Certaines Holdings familiales tunisiennes affichent un refus de rémunérations et se font payer sur le compte des entreprises incluses dans la Holding. D’autres encore donnent le chiffre global de la rémunération de tous les membres du Conseil d’administration, sans aucun détail, et commissaires aux comptes et CMF laissent faire.
– Le DG marocain de l’ancienne Banque du Sud (Attijari) est rémunéré à plus de 1,7 MDT
Pour l’exercice passé, la plus grosse rémunération accordée par une entreprise cotée sur la Bourse de Tunis, et plus particulièrement les banques tunisiennes cotées, l’a été par la filiale tunisienne de la banque marocaine Attijari. Cette banque, qui est loin d’avoir réalisé le plus gros résultat net de l’année et de la place en Tunisie (232,388 MDT contre 357,754 MDT pour la Biat dont le DG est à la 63ème place des banquiers les mieux payés en Tunisie), a donné 14,792 MDT (Plus de 5, 536.429 millions de Dirhams) à son DG marocain Saïd Sebti.
– Les déficitaires, mieux payés que les bénéficiaires, et le 1er de la classe n’est que 6ème

Chez l’une des deux dernières filiales de banques françaises en Tunisie (Banque Fédérative du Crédit Mutuel), reconnaissante de la valeur de son DG Tunisie, le récompense avec une rémunération de 1,740 MDT, ce qui le place à la seconde place des banquiers tunisiens les mieux rémunérés chez les banques cotées en Bourse.
Sur la place bancaire tunisienne privée cependant, Attijari et la BT ne seraient qu’à la 3ème et la 4ème place successive, derrière une autre banque étrangère, qui plus est, est déficitaire même si son résultat net pour l’exercice 2024 s’était amélioré d’un déficit de 1,197 en 2023 à -0,686 MDT l’année dernière.
Et il n’est pas ici inutile de remarquer que la banque au plus gros PNB (1,479 Milliard DT) et au meilleur bénéfice net de la place (357,7 MDT) qu’est la Biat qui avait restauré la piscine du Belvédère et la Maison de la Culture Ibn Khaldoun, entre autres œuvres de banque citoyenne, n’est qu’à la 6ème place des plus grosses rémunérations de la place bancaire tunisienne.
Le classement des plus gosses rémunération chez les banques privées en Tunisie est clôturé par l’ATB. Cette dernière remonte la pente grâce à un bon DG (meilleur successeur du meilleur prédécesseur), et terminait 2024 avec un PNB de 380,2 MDT en hausse, même si petite, qui a laissé dans les caisses de la plus ancienne des banques arabes privées en Tunisie plus de 10,2 MDT, réalisant même une « remontada » assez spectaculaire sous Riadh Hajjej.
– 2,025 MDT par an pour l’ancien DG de la banque Zitouna
Il reste à rappeler à la nouvelle ministre des Finances d’abord, qui a déjà plus de 5 mois de retard pour informer ceux qui paient l’impôt comment a été dépensé le budget de 2025, et au plus haut fonctionnaire de la BCT laquelle est devenue chambre d’enregistrement du gouvernement, que les rémunérations annuelles des DG des quatre DG des banques publiques (1,733 MDT) sont plus ou moins égales à la seule rémunération du seul DG de l’ancienne banque du Sud vendue au groupe marocain Attijari.
Sa filiale en Tunisie, une banque marocaine de droit tunisien, est loin d’être la banque la plus rentable de la place. Sur les rémunérations des banques tunisiennes cotées en bourse, et qui dépassaient les 10 MDT en 2024, les banques publiques cotées ne représentaient qu’à peine plus de 218 MDT par an de rémunérations (Salaires ttc, plus couverture sociale et autres petits privilèges).
Les hommes des trois catégories de banques sont pourtant des DG qui gèrent des milliards de Dinars, qui fournissent les mêmes efforts de bonne gestion, ou de gestion de bon père de famille, de l’argent des autres, contribuent à financer l’Etat, et remplissent les caisses du Fisc. Sauf qu’être désormais DG d’une banque publique, c’est être un homme libre en sursis, sujet à toutes les délations, même anonyme sur une feuille ordinaire, et capable d’aller en prison pour ne pas, un jour dans son parcours professionnel, donné un crédit de campagne sans garantie, ou un entrepreneur dont les affaires ont périclité plusieurs années après le crédit. Une pratique, celle de la garantie, pourtant dénoncée par le plus haut de l’Exécutif qui ne gère plus que des fonctionnaires dans toutes les institutions de l’Etat.
Il est donc, c’est un simple avis de néophyte en finances, grand temps pour la ministre et le gouverneur de mettre de l’ordre dans ce secteur des rémunérations, où le lien entre salaire et performance est rompu, où à compétence égale et moins d’administration et de pression, la rémunération annuelle du DG de la banque Zitouna dépasse les 2 MDT (Compte non tenu du montant des jetons de présence rétrocédés et perçus directement par le Directeur Général en sa qualité de représentant permanent de la Banque dans les conseils d’administration au sein desquels cette dernière est désignée en qualité d’administrateur). Grand temps aussi du structurer les rémunérations, de les lier à des ratios de bonne gestion, de ne pas laisser récompenser les banques qui ne sont pas cotées en bourse, et qui sont donc moins transparentes, par rapport aux non-cotées, et de surtout rapprocher les rémunérations des DG des privées et des publiques !









Pourquoi la BCT est silencieuse où est son contrôle pour équilibrer la masse salariale entre les DG des banques. La BCT et ses structures doivent être purgées, il faut engager les jeunes diplômés en Finance pour une mise à niveau et un développement harmonieux, toutes ses pratiques en commençant par la politique des chèques et l’harmonosation des services des banques doivent être revues et mise à niveau. Qui contrôle la BCT de Tunisie ? Un audit s’avère urgent pour le redéploiement de son personnel et sa politique en matière de finance.