L’Union professionnelle de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (UPICA) a appelé à l’ouverture d’un dialogue avec le ministère des Affaires culturelles sur la réforme du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), alors que les autorités ont affirmé qu’aucune fermeture de l’établissement n’était envisagée.
Dans un communiqué publié le 5 avril, l’organisation a exhorté les autorités à ouvrir des discussions avec les structures professionnelles du secteur. « Nous exhortons le ministère des Affaires culturelles à ouvrir un dialogue avec les structures professionnelles du secteur cinématographique », a indiqué l’organisation, présidée par Mohamed Ali Ben Hamra.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions au sein du secteur. La semaine dernière, plusieurs organisations professionnelles, dont l’UPICA, la Chambre syndicale nationale des producteurs de cinéma et de l’audiovisuel relevant de l’UTICA, ainsi que le Syndicat indépendant des réalisateurs producteurs, ont appelé à l’ouverture d’un dialogue avec les autorités de tutelle, après des informations évoquant une éventuelle restructuration ou fermeture du CNCI.
Dans ce contexte, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a affirmé, lors d’une audition à l’Assemblée des représentants du peuple le 3 avril, qu’aucune fermeture du CNCI n’était envisagée.
L’UPICA a évoqué la suspension, depuis plus de quatre ans, des réunions du Conseil des orientations stratégiques et du Conseil de l’établissement du CNCI, appelant à l’application du décret n°753 de 2012 relatif à l’organisation administrative et financière du Centre, ainsi qu’à la désignation des représentants des professionnels au sein de ces instances.
Dans son communiqué, l’organisation a présenté un projet de réforme articulé autour de plusieurs axes, dont une proposition de loi relative à l’industrie cinématographique, déposée en janvier 2024 à l’Assemblée des représentants du peuple, visant à abroger et remplacer la législation en vigueur depuis 1960 ainsi que le décret-loi de 2011 portant création du CNCI.
Cette réforme vise, selon l’UPICA, à unifier les procédures et à remédier aux dysfonctionnements du cadre législatif régissant le secteur.
L’organisation a également appelé à l’activation du fonds d’encouragement à l’investissement dans le secteur cinématographique et audiovisuel, prévu par la loi de finances 2026, afin de développer les infrastructures, de créer des emplois et de générer des devises.
Le communiqué évoque en outre un projet de restructuration du CNCI visant à améliorer ses modes de gestion, à numériser ses services et à simplifier ses procédures administratives.
L’UPICA a par ailleurs proposé un plan d’action visant à améliorer le climat des affaires et à attirer les investissements, notamment dans les régions.
Créée en mai 2025, l’UPICA a été officialisée par un decret publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT). Cette nouvelle structure regroupe des professionnels et des structures du secteur cinématographique et audiovisuel. Elle est dotée d’un bureau exécutif national composé de 13 membres représentant différents métiers du secteur et s’appuie sur des groupements sectoriels ainsi que sur un conseil scientifique chargé d’apporter une expertise technique aux réformes.








