L’Institut supérieur des sciences sociales et de l’éducation de Gafsa a accueilli un colloque scientifique consacré à l’examen du dossier de l’abandon scolaire : causes et solutions, avec la participation d’experts en éducation et d’universitaires. L’objectif était de diagnostiquer l’une des problématiques les plus complexes auxquelles fait face le système éducatif tunisien.
Lors de cette rencontre, un docteur en histoire contemporaine et inspecteur général principal au ministère de l’Éducation a présenté un exposé approfondi, révélant des données précises et des chiffres alarmants qui illustrent l’étendue et la gravité de la crise.
Il a expliqué qu’environ 300 élèves quittent, en moyenne, chaque jour les bancs de l’école, soit un total annuel compris entre 60 000 et 100 000 abandons, un chiffre considérable qui traduit une hémorragie continue dans les rangs des apprenants, en particulier dans les régions de l’intérieur et dans les établissements souffrant de fragilité structurelle et d’un manque d’encadrement.
Entre 2010 et 2020, environ un million d’élèves ont redoublé, à différents niveaux d’enseignement, coûtant à l’État plus de 345 millions de dinars, soit l’équivalent de 13 % du budget du ministère de l’Éducation. Il a souligné que ce coût financier reste faible au regard des pertes sociales et humaines générées par l’abandon scolaire : hausse du chômage, montée de la délinquance et recul de l’intégration économique.
Un cocktail explosif !
L’orateur a insisté sur le fait que ces indicateurs ne doivent pas être considérés comme de simples chiffres, mais comme le reflet d’une réalité sociale complexe où s’entremêlent la pauvreté, l’absence de transport scolaire, la baisse du niveau des apprentissages, le manque d’activités parascolaires ainsi que la faiblesse de l’accompagnement psychologique et pédagogique.
Il a également appelé à revoir les politiques éducatives actuelles, moderniser les méthodes d’enseignement et instaurer un climat scolaire attractif permettant de redonner à l’élève l’envie d’apprendre et de poursuivre son parcours.
Les participants au colloque ont affirmé que le traitement de ce dossier exige une vision réformatrice globale, impliquant les ministères de l’Éducation, des Affaires sociales, du Transport et de la Santé, ainsi que les familles et la société civile. Ils ont estimé que l’avenir de centaines de milliers d’élèves dépend de la capacité de l’État à mettre en place des stratégies efficaces pour réduire l’abandon scolaire et favoriser la réussite.
Les travaux de la rencontre se sont conclus en soulignant que l’abandon scolaire n’est plus un phénomène conjoncturel, mais un processus dangereux nécessitant une intervention urgente et une volonté politique claire pour sauver l’école publique et la protéger contre la vague de décrochage et d’échec scolaire.
Absence d’eau potable, d’électricité, de chauffage, telle est la réalité dans bon nombre d’écoles rurales en Tunisie. La rentrée solidaire a pour ambition de mettre en avant ces problématiques déterminantes pour la transition démocratique du pays. Alors que la Révolution avait soufflé un vent d’espoir sur la Tunisie, l’éducation reste un enjeu majeur, en particulier les zones rurales reculées qui souffrent d’un manque d’infrastructure. Une réalité souvent difficile à croire.
A noter que non seulement les écoles qui se trouvent dans les régions intérieures sont dans un mauvais état et dont certaines datent de l’époque coloniale mais aussi il y a de nombreux établissements sis dans des quartiers à Tunis qui connaissent encore de sérieux problèmes dus à la détérioration de l’infrastructure, au manque d’équipement et de personnel éducatif et administratif….








