« La Tunisie veut faire de la coopération avec la Corée du Sud le moteur de sa montée en gamme industrielle ». Dans une tribune publiée le 2 juin 2026 dans le Korea JoongAng Daily, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, annonce le déploiement de drones pilotés par intelligence artificielle dans l’agriculture tunisienne, fruit du partenariat avec le Busan Technopark. « En intégrant des drones pilotés par intelligence artificielle dans notre secteur agricole, nous avons dépassé la simple modernisation pour aller vers une gestion hautement intelligente des ressources », écrit le ministre.
Le responsable révèle également l’introduction de « solutions coréennes de chirurgie robotique destinées à élever les opérations cliniques », présentant la Tunisie comme une « vitrine à la technologie coréenne à travers l’Afrique ».
Nafti inscrit ces avancées dans une stratégie de transformation économique inspirée du « développement compressé » coréen, qui a fait passer Séoul d’un « État agricole appauvri et ravagé par la guerre à une puissance culturelle à hauts revenus et à la pointe de la technologie en seulement quelques décennies ». La Tunisie, dit-il, « s’engage désormais dans une stratégie ambitieuse » vers des industries à forte valeur ajoutée, citant ses succès dans les composants automobiles et l’aéronautique.

Le ministre détaille des jalons institutionnels déjà opérationnels : la plateforme de marchés publics Tuneps, calquée sur le Koneps coréen, un Système d’information foncière et la plateforme citoyenne E-People. Il salue aussi Yura Corporation, qui exploite cinq usines de câblage en Tunisie.
À l’occasion du suivi du Sommet Corée-Afrique de 2024, Nafti positionne son pays comme un « partenaire constructif et fiable » et soutient une logique de « co-prospérité plutôt qu’une relation traditionnelle donateur-bénéficiaire ». L’Afrique, conclut-il, offre à la Corée « un ancrage stratégique vital » pour diversifier ses chaînes d’approvisionnement.








