Des ligues de protection de la Révolution qui ne protègent pas la...

Des ligues de protection de la Révolution qui ne protègent pas la Révolution !

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La Tunisie vit

La Tunisie vit, depuis des semaines, au rythme des explosions de mines qui amputent les jambes des valeureux éléments de l’armée et de la garde nationale. Une situation qui nuit considérablement à l’image du pays devenu la Mecque des camps d’entraînement des terroristes sous le couvert du djihad au moment même où son économie est à deux doigts de voler en éclats.

Alors que les partis au pouvoir se murent quasiment dans un mutisme troublant au sujet de ce qui se passe à Jbel Chaambi et s’abstiennent de le condamner et encore moins de vouer aux gémonies les groupes terroristes qui en sont les auteurs bénéficiant d’une sorte d’immunité sécuritaire, les forces armées nationales continuent de défendre avec bravoure la territoire national, exténuées comme elles le sont par la reconduction à répétition de l’état d’urgence due au fait du prince de la présidence de la République, en dépit de l’opposition de l’ancien du ministre de la Défense , ce qui lui a coûté son poste. Nos forces armées et de sécurité font face sans trêve ni répit aux groupes terroristes opérant sur les frontières tuniso-algériennes, payant un lourd tribut en pertes humaines pour cause de manque d’armements.

Sur ces entrefaites, le chef de la ligue de protection de la Révolution ose pousser le culot jusqu’à menacer de traîner en justice toutes les parties qui s’aviseraient à le « salir » autant que sa ligue.

Il y a rigoureusement lieu à ce propos de questionner ces ligues ainsi que les structures qui lui sont similaires qui prétendent protéger la révolution et qui en tirent prétexte pour se fendre de déclarations incendiaires et d’actes odieux contre les uns et les autres , où est-ce qu’elles se sont terrées alors que des menaces pèsent sur la Nation et que les terroristes sont retranchés dans des hauteurs difficiles d’accès, semant la panique parmi les citoyens soucieux de la sécurité du pays , de son intégrité territoriale , de sa stabilité et de son invulnérabilité économique ?

Les membres des ligues de protection de la Révolution, tels que Mounir Ajroud et Imed Dghim et autres considèrent-ils que la Révolution est effectivement menacée par les groupes terroristes qui utilisent leur pays comme un centre d’entraînement et de « djihad contre les mécréants », aujourd’hui, à l’extérieur de la Tunisie, et demain à l’intérieur même du pays ?

Pourquoi toutes ces ligues ne se mettraient-elles pas en ordre de marche, à l’unisson, comme un seul homme et en volontaires derrière les forces de sécurité et de l’armée pour défendre la Tunisie, si vraiment elles sont imbues réellement de bravoure et de patriotisme ? Ou alors est-ce que ces qualités ne valent pour ces ligues que lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux citoyennes et citoyens tunisiens sans armes?

Dans l’entre-temps, les « hommes » du Congrès pour la République se taisent et se clapissent dans le palais de leur président et dans le centre des études stratégiques à leur disposition, administrant la preuve qu’ils ne sont bons que pour l’opposition paisible et pacifique et qu’ils sont contre la presse qui ne partage pas forcément leur façon de voir les choses ni ne se conforme à leur agenda. La présidence de la République ne dit pas un traître mot ni ne publie de communiqué sur la situation en Tunisie, se bornant à en publier sur des événements survenant ailleurs qu’en Tunisie.

Le dirigeant du mouvement Ennahdha , Sadok Chourou, pour sa part, estime , dans une déclaration, ce lundi 6 mai, au journal Assarih, que le djihad est un devoir légitime s’il s’agit de lutter contre les tyrans et les gouvernants despotes , selon ses dires, donnant ainsi l’impression de nous éloigner de ce qui se passe aux quatre coins de notre patrie, alors même que les autres membres du gouvernement de la troïka ergotent sur les prérogatives , les nominations et les postes au sein de l’Etat.

Quant au chef du gouvernement, il ne fait que briller par son absence. L’homme a pris sur lui d’observer le silence depuis qu’il s’est installé dans le fauteuil de son prédécesseur au Palais Edhiafa. Il s’interdit même de faire des visites et de se déplacer hors sa tour d’ivoire, demandant de ne pas dramatiser la situation. C’est comme si l’accaparation intégrale des rênes du pouvoir, encore une fois, est le vrai souci majeur de son parti depuis les élections d’octobre 2011.

Khaled Boumiza

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