Dans une usine nichée à la zone industrielle d’El Mghira, en banlieue sud de Tunis, des huiles huiles de friture noircies, habituellement déversées dans les canalisations ou dans la nature, entament une seconde vie.
Collectées principalement, auprès des restaurants et des hôtels, ces huiles, transformées en biodiesel et en glycérine pure, illustrent une ambition de transiter vers une économie circulaire, boostée par l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGED) et le ministère de l’Environnement et des promoteurs engagés de projets verts, dont le projet BIODEX.
Dimanche 5 avril 2026, une visite du site de l’usine de valorisation des huiles usagées, organisée pour des journalistes tunisiens formés au journalisme environnemental dans le cadre du projet » PAMT2″ de l’Union européenne et « PAGECTE » de la coopération allemande (GIZ), a mis en lumière une filière en développement, stratégique face à une pression énergétique et écologique croissante.
Chaque année, la Tunisie génère environ 88.000 tonnes d’huiles alimentaires usagées, dont près de 60% proviennent des ménages, selon des données de l’ANGED, partenaire du projet BIODEX.
Pourtant, moins de 20% de ce gisement est aujourd’hui collecté, loin des niveaux observés en Europe où les taux dépassent parfois 50%.
Fondé en 2009, le projet de valorisation des huiles usagées, implanté à El Mghira, s’est imposé comme pionnier en Afrique dans ce domaine.
Sur son site industriel, bien équipé et sécurisé, et n’ayant rien à envier aux installations européennes, les huiles usagées passent par un procédé délicat avant d’être transformées en biodiesel, un carburant renouvelable, et en glycérine, utilisée notamment dans les industries chimiques et cosmétiques et aussi dans les fourrages et aliments pour bétail.
« Notre rôle est d’abord environnemental. Ces huiles étaient auparavant rejetées dans les canalisations. Aujourd’hui, elles deviennent une ressource », a déclaré le premier responsable de la société BIODEX, Mounir Bezzarga.
Aussi, « la promotion du biocarburant en tant qu’alternative aux énergies fossiles permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de 60 à 90 % par rapport au diesel classique », a-t-il enchainé.
L’entreprise produit jusqu’à 24 millions de litres de biodiesel par an, principalement destinés à l’export vers l’Europe.
Les huiles usagées au cœur d’une transition vers le circulaire
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