Elections 2019 : Ennahdha cherche l’oiseau rare. Les siens seraient-ils des corbeaux...

Elections 2019 : Ennahdha cherche l’oiseau rare. Les siens seraient-ils des corbeaux ?

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Le 20 mai dernier sur France 24, Rached Kheriji, dit Ghannouchi, lançait la recherche de l’oiseau rare pour les présidentielles d’Ennahdha. Il fera marche arrière le 31 mai, comme à son habitude, sur une radio privée tunisienne.

L’occasion était trop belle, pour le SG de Tahia Tounes, Slim Azzabi, de lui jeter la pierre avec son «ni Asfour, ni Tartour». Traduisez ni l’oiseau rare d’Ennahdha, ni Moncef Marzouki à qui l’AFP et Libération avaient donné, en mai 2012, le sobriquet de «Tartour».

Par stratégie, de diversion, de division de ses concurrents ou par manque de consensus interne sur un candidat à Carthage, autre que Hammadi Jbali, Ennahdha n’en continue pas moins de chercher l’oiseau rare.

Jbali, comme Ali Larayedh, ses deux principales têtes d’affiche, sont érodées et ont été déjà maltraités par le pouvoir et les deux ont dû le quitter, quoique dans des circonstances différentes. Ils seraient ainsi assimilés à des corbeaux de mauvais augure pour le parti islamiste. Jbali pour le triste souvenir de sa sortie de Sousse où il annonçait le 5ème Califat et qui ouvrira les portes de l’enfer sur Ennahdha ; Larayedh pour la fameuse « organisation » de la fuite du terroriste Abou Iyed et le non moins triste souvenir de la «Ghazoua» de l’ambassade américaine en Tunisie.

  • Un oiseau rare pour pallier les corbeaux ?

Déjà terni par son soutien à un chef de gouvernement que presque tous voulaient et veulent dégager, Ennahdha ne se risquera pas de les renvoyer encore une fois au casse-pipe. «Et d‘ailleurs, si le poste était attractif, Papa (Surnom par lequel ses proches appellent Ghannouchi, lorsqu’ils en parlent au téléphone) ne l‘aurait certainement pas loupé», commente pour Africanmanager une source proche d’Ennahdha qui a requis l’anonymat.

Il ne lui resterait, selon des sources concordantes, que la carte de Zied Laadhari, actuel SG du parti et de surcroit originaire d’une région politiquement importante qu’est le Sahel (il est natif de Msaken), à jouer. Elle le préparerait pour le poste de chef de gouvernement à La Kasbah, s’il lui arrivait de remporter les législatives d’octobre prochain, comme le craignent société civile et place politique et comme le prédisent les mages des sondages d’opinions.

Vérité ou simple cinéma, Ennahdha semble craindre une candidature de Youssef Chahed à la Présidence. R.K. Ghannouchi menace même de revoir ses relations avec le gouvernement et son chef s’il briguait Carthage. Ennahdha craint aussi les résultats de la révision des listes électorales, qui risque de changer la donne et chambouler les calculs électoralistes du parti islamiste, lequel a compté et prévoit certainement de compter sur les 6 à 700 mille fidèles. Cette révision a d’ailleurs apporté 1,18 million de nouveaux inscrits. Signe de cette panique, les islamistes tenaient le 15 mai 2019 un point de presse pour déplorer «les trop nombreux dépassements observés lors des inscriptions des nouveaux électeurs». Ennahdha y avait accusé l’ISIE d’avoir «procédé à un enregistrement automatique et non volontaire de nouveaux électeurs, notamment au niveau des lycées et des facultés» et même mis en garde l’ISIE contre «l’agrandissement surdimensionné des rangs des électeurs».

  • Tahia à l’épreuve des listes et dans le viseur des recruteurs d’Ennahdha

En attendant, Ennahdha continue ses tentatives de division et de déstabilisation de la cartographie des partis politiques. C’est au parti islamiste tunisien que revient en effet le brevet d’invention des candidats libres, lors des dernières municipales. L’expérience pourrait être rééditée lors des prochaines législatives.

Ennahdha chasse aussi dans les rangs de la concurrence. A la recherche des mécontents des premières moutures des listes électorales, le parti islamiste tente depuis quelques semaines de débaucher, comme à Sousse, même chez Tahia Tounes.

Certaines familles dominantes de la région essaient en effet de placer leurs candidats à la future ARP, ce qui n’est pas pour plaire à d’autres notaires de Sousse, considérés comme «Zrannet» par ces familles devenues très proches du leader de Tahia. Le cas de Sousse pour Tahia, désormais à l’épreuve des listes électorales, n’est qu’un exemple selon nos sources. Sans oiseaux rares et avec ses corbeaux, Ennahdha fait en effet le pique-assiette politique. L’exemple de Sousse a aussi été vérifié avec le cas d’un ancien homme politique, d’affaires et de sport, «poussé» à la démission de Nida Tounes, essentiellement pour des raisons politiques et sportives !

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