AccueilLa UNEEncore un « cheval mort » qu'on voudrait soigner sans argent

Encore un « cheval mort » qu’on voudrait soigner sans argent

La société Ciments de Bizerte traverse une situation financière difficile, marquée par une chute significative de son chiffre d’affaires, des difficultés de trésorerie et l’incapacité à honorer ses engagements financiers. Face à cette situation critique, l’entreprise a été contrainte de suspendre temporairement son activité principale dans l’attente de solutions de restructuration et se limite uniquement à l’activité de broyage du clinker importé de l’étranger et de déchargement des bateaux de coke de pétrole au profit d’autrui.

–          Pas de bénéfices, beaucoup de dettes, et des impayés fiscaux !

En fait, si certains chiffres du 1er semestre de l’exercice courant semblent positifs, le chiffre d’affaires des 6 premiers mois (9,7 MDT) est moins du tiers de tout l’exercice 2024 (30,9 MDT), le résultat net reste aussi déficitaire que le 1er semestre 2024 (-26,8 MDT) et l’endettement ne faiblit pas (97 MDT). Les charges financières ont atteint 5 090 221 DT à la fin du premier semestre de l’exercice 2025 contre 5 926 228 DT à la fin de la même période de l’exercice 2024, soit une diminution de -836 008 DT.

Début 2025, c’est aussi une marge brute négative de -2 625 051 DT réalisée au cours du premier semestre de l’exercice 2025 contre une marge négative de -1 843 429 DT pour la même période de l’exercice 2024, soit une détérioration de 781 622 DT.

Cette marge brute négative s’explique essentiellement par l’arrêt de la production de clinker durant le premier semestre de l’exercice 2025, pour tenter d’assurer la continuité de l’activité et de préserver ses clients et sa part du marché local.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, « l’examen des comptes rattachés à la fiscalité a amené à la constatation d’une provision supplémentaire pour risque fiscal de 4 446 944 DT et ce, suite au manque de déclaration fiscale mensuelle imputable à la régression des revenus et à la situation financière accablante de la société ». Parions que le Fisc n’ira pas porter plainte contre la SCB, comme il le fait automatiquement contre les débiteurs fiscaux privés, et comme il ne le fait pas contre pas moins de 20 autres entreprises publiques.

–          Une continuité d’exploitation mise en cause !

En fait, « depuis le 15/10/2023 et à ce jour, la société est en arrêt de production de clinker et ne dispose pas d’informations certaines quant à la reprise normale de son activité. Cet arrêt est causé par la rupture d’approvisionnement en matières consommables principalement le coke de pétrole et le brique réfractaire pour manque de moyens de financement. Cet évènement, ajouté aux faits décrits au niveau du paragraphe II de la note N°II « faits marquants de la période », indique l’existence d’une incertitude susceptible de jeter un doute sur la capacité de la société à poursuivre sa production de clinker », disent les commissaires aux comptes de la SCB.

Le dernier communiqué de presse de la cimenterie indique que « suite à ces difficultés financières, la société n’a pas pu honorer ses engagements envers ses fournisseurs et les banques. Les crédits à moyen terme ont augmenté par rapport à la même période de 2024 pour passer de 120 757 209 DT à 121 968 913 DT. Les crédits de gestion ont aussi baissé de 27 110 136 DT (2024) à 26 771 441 DT (2025) et ce, pour le préfinancement des stocks. Ils seront honorés à leur échéance quoiqu’il reste envisageable de les renouveler pour une période supplémentaire.

–          Des impayés et de l’argent dilapidé

Telle une commission médicale qui siège autour du cadavre d’un cheval mort, la SCB continue à traiter ce nouveau cas d’entreprise publique, en quasi-voie de disparition, avec la fameuse « Dead Horse Theory ». Comme pour Tunisair, pour laquelle un Député demande le départ du ministre des transports, la solution est claire, nette, mais pour l’instant impossible : Injecter de l’argent frais par le principal actionnaire (79,92 % du capital qui est de 44,047 290 MDT selon la BVMT).

Il faudra ensuite à la SCB aller récolter ses impayés, comme les plus de 2,323 MDT auprès de clients, jugés douteux par ses commissaires aux comptes, les 1,144 MDT en chèques impayés, ou encore les plus de 3,422 MDT en effets à recevoir impayés !

Or, comme pour le « Dead Horse », ministère de l’Industrie et direction générale de la SCB préfèrent la valse des Pdg, et aller dilapider l’argent dans des études dont les résultats sont presque déjà connus, puisque « fin 2024, la société a confié la réalisation d’un plan de restructuration à un cabinet externe ; un rapport a été élaboré en collaboration avec les équipes de la société, faisant appairer (Ndlr : On dit faisant apparaître, Messieurs les commissaires aux comptesla capacité de la société à continuer son exploitation et à honorer ses engagements sous réserve de la collecte des ressources nécessaires et la mise en place effective du plan de restructuration ».
 
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