Le secteur des énergies renouvelables pèche par manque de mixité. Les femmes demeurent, globalement, moins nombreuses dans les postes de décision et dans les principaux métiers de l’énergie, selon Tanja Faller, Cheffe du Cluster Energie & Climat de la GIZ Tunisie.
Dans une interview à TAP, elle a fait valoir que les femmes devraient être des actrices de premier plan dans la transition énergétique « parce qu’elles pourraient créer le changement et aussi parce que la diversité aboutit toujours à de meilleurs résultats ».
Elle a invoqué le fait que, en Tunisie, la situation est beaucoup mieux que dans d’autres pays, car il y a aussi une meilleure perception des carrières dans le sens où les femmes s’orientent de plus en plus vers les métiers des sciences, des technologies, de l’ingénierie ou du numérique. Les filles aussi choisissent des cursus scolaires scientifiques, et là encore, la Tunisie est en avance.
Mais, note-t-elle, il y a une forte discrimination dans le secteur de l’énergie. En tout cas, il faut que tout le monde travaille sur cette question et il faut associer même les hommes à ce combat sur la parité et l’égalité des chances parce que tout le monde en sortira gagnant, préconise-t-elle.
C’est que la diversité crée toujours des résultats meilleurs. Au sein de la GIZ, a indiqué Tanja Faller, « nous avons toujours œuvré à respecter une approche des droits humains et à soutenir la parité, parce qu’on croit que plus les équipes sont mixtes et diversifiées, plus les résultats seront plus importants ».
Elle a mis l’accent sur l’opportunité de « baliser le terrain aux jeunes générations, les filles exceptionnellement, pour qu’elles empruntent cette voie des énergies renouvelables, et la nécessité que les femmes comprennent qu’elles peuvent apporter une valeur ajoutée dans le milieu du travail. Leur présence à tous les niveaux.
Point de programmes spécifiques !
S’agissant des femmes dans le milieu rural et leur intégration dans a transition énergétique, elle a déploré l’absence de programmes spécifiques, mais elles peuvent bénéficier d’une façon ou d’une autre, du déploiement des ERs et de l’accélération du rythme de la transition énergétique.
Par exemple, il y a l’aide à équiper des hôpitaux par des panneaux solaires dans le cadre d’un plan pour aider les populations à se faire vacciner pendant la pandémie. Ce genre d’initiatives aide à rapprocher les services de soin de ces femmes et des populations rurales en général.
Promouvoir l’énergie solaire et renouvelable dans le milieu rural pourrait avoir un impact sur les femmes, même si on n’a pas de programmes spécifiques pour cette catégorie. Aussi, avoir de l’énergie solaire pourrait faire éviter aux femmes d’aller des kilomètres pour ramasser du bois pour la cuisson, puisque ce sont toujours les femmes et non pas les hommes qui fournissent ce service au sein des ménages.
Sur le rythme de déploiement des ERs en Tunisie, la responsable à la GIZ a jugé qu’il est très lent. On n’est actuellement qu’à 4 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique, alors qu’on cible 30% à l’horizon 2030 (récemment révisé à 35%). Je crois que même un taux de 30 % n’est pas ambitieux pour la Tunisie, compte tenu du potentiel existant. Si on n’est pas ambitieux, on ne reçoit pas de fonds additionnels et vice-versa, a-t-elle souligné.
« Il faut une vision claire avant tout, après, les fonds vont venir. D’abord, il faut travailler sur la lenteur des délais d’implémentation des projets d’énergie renouvelable. Des blocages forts persistent et je dirais que c’est politique. Car, la lenteur du rythme de déploiement des ERs, ne résulte pas d’un refus de ces énergies, mais plutôt d’une lenteur au niveau de la prise de décision.
Pour accélérer ce rythme, il faut que la prise de décision ne dépende pas d’une seule personne. C’est tout un secteur qui doit bouger, suggérant la mise en place d’un comité de prise de décision à un plus haut niveau,. Si ce comité se dote d’une vision claire, il agira et respectera des règles claires et transparentes et il pourra débloquer beaucoup de situations et signer les contrats de concession, a-t-elle estimé.








