Un exercice maritime conjoint PASSEX a été mené dernièrement entre une frégate furtive de la marine française et le patrouilleur hauturier Jugurtha de la marine tunisienne. La frégate française avait quitté son escale à Tunis S’appuyant sur de multiples sources publiques, Navy Recognition a identifié la frégate française impliquée comme étant la Guépratte (F714), de la classe La Fayette.
L’exercice s’est conclu par des manœuvres tactiques conjointes en mer, axées sur la coordination des manœuvres des navires et la communication entre les deux marines. Selon le ministère français des Armées, cet exercice visait à renforcer l’interopérabilité entre les marines française et tunisienne, notamment compte tenu de leurs rôles en Méditerranée occidentale, où la sécurité maritime est menacée par les trafics et autres activités illicites.
Les frégates furtives de classe La Fayette (FLF) ont été développées par la France après la Guerre froide afin de fournir des navires de guerre économiques et de déplacement moyen, adaptés aux déploiements outre-mer, aux missions de patrouille et aux environnements de conflit d’intensité modérée. Construits par DCNS, ces navires ont été conçus dans un souci de furtivité, utilisant des composites absorbant les ondes radar, des aménagements internes et des surfaces inclinées pour réduire la surface équivalente radar. Avec un déplacement standard de 3 200 tonnes et un déplacement à pleine charge de 3 600 tonnes, ces navires mesurent 125 mètres de long, 15,4 mètres de large et 4,8 mètres de tirant d’eau.
Ces navires sont conçus pour emporter un hélicoptère Panther ou NH90 et peuvent soutenir des opérations spéciales avec des équipes réduites. Leur armement comprend huit missiles antinavires MM40 Exocet, un canon principal de 100 mm, deux canons de 20 mm et le système sol-air naval Crotale CN2. Seuls trois navires, La Fayette, Courbet et Aconit, ont été modernisés ultérieurement avec des missiles Exocet Block 3c améliorés, des lanceurs SADRAL équipés de missiles Mistral Mk 3 et des systèmes sonars KingKlip. Le Guépratte et le Surcouf n’ont pas bénéficié de ces améliorations et ont conservé l’ancien système Crotale.
Une capacité de patrouille « modulaire et flexible »
Les patrouilleurs offshore de classe Jugurtha ont été acquis par la Tunisie dans le cadre d’un contrat conclu en 2016 avec Damen Shipyards, sur le modèle MSOPV 1400. Construits à Galați, en Roumanie, les navires ont été livrés entre 2018 et 2019. Leur conception intègre la coque Sea Axe de Damen, qui améliore la stabilité et le rendement énergétique par mer agitée. Chaque navire mesure environ 75 mètres de long, 12,7 mètres de large et tire 3,75 mètres d’eau. Ils ont un déplacement standard de 1 284 tonnes et un déplacement à pleine charge de 1 877 tonnes. Quatre moteurs diesel Caterpillar 3512C développent 9 600 chevaux, permettant des vitesses allant jusqu’à 20,5 nœuds. L’autonomie opérationnelle est estimée à 4 000 milles nautiques à 12 nœuds, avec un équipage type de 35 personnes et une capacité maximale de 12 personnes supplémentaires. Chaque navire est équipé de deux radars de navigation et embarque deux canots pneumatiques à coque rigide (RIB) de 9 mètres pour des missions d’inspection et d’interdiction.
Le Jugurtha (P610) a participé à de nombreuses opérations bilatérales et multinationales depuis sa mise en service. Parmi celles-ci, on compte des missions d’escorte avec les navires des garde-côtes américains Robert Goldman et Charles Moulthrope en avril 2021 et un PASSEX avec la marine hellénique en août 2022. Le Jugurtha a également pris part à Phoenix Express, un exercice maritime multinational récurrent organisé en Méditerranée, axé sur l’interopérabilité et la sécurité maritime. Le navire soutient régulièrement les programmes de formation des cadets et les exercices organisés par l’École navale tunisienne, notamment lors des déploiements estivaux.
Le Jugurtha a participé au PASSEX de juillet 2025 avec la frégate française Guépratte, où il a participé à des simulations de menaces asymétriques, à des exercices d’abordage réciproques et à des manœuvres tactiques. Le navire joue un rôle central dans la posture de sécurité maritime de la Tunisie, contribuant à la surveillance côtière, aux missions d’interdiction et à la coopération régionale. Le Jugurtha et ses navires jumeaux sont les navires de patrouille les plus modernes de Tunisie, représentant l’effort du pays pour développer une capacité de patrouille offshore modulaire et flexible dans le cadre de sa stratégie navale.








