La fuite des cerveaux est un phénomène qui affecte non seulement la Tunisie mais aussi et surtout bien d’autres pays africains, entre autres. Du fait de la proximité avec l’Europe et pour des raisons historiques évidentes, les ressortissants des pays du Maghreb partent exercer surtout en France.
Les pays, qui accueillent ces diplômés, profitent de cette aubaine qui leur tombe du ciel et pour laquelle ils n’ont payé aucun sou. Certains pays ont mis au point toute une stratégie, des méthodes et des procédures spéciales pour attirer les jeunes diplômés.
Mondialisation et concurrence obligent, les entreprises ont à leur tour inventé des stratégies pour la chasse des compétences et le recrutement des talents.
A la longue, la perte de ces compétences peut devenir, pour le pays d’origine, une véritable hémorragie qui le saigne à blanc, le prive de ses compétences et l’empêche de réaliser ses plans de développement.
C’est dans ce contexte que le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani a plaidé, dimanche pour « une coopération responsable », seule capable de ralentir le phénomène de fuite des cerveaux, soulignant que ce défi de taille menace grandement les pays du sud, dont la Tunisie.
C’était lors de sa participation à la 27ème session des rencontres francophones de la santé à Genève qui ont eu lieu en marge de la 78ème session de l’assemblée mondiale de la santé, en présence du directeur général de l’organisation mondiale de la santé (OMS) et de la directrice générale des entreprises françaises du Médicament.
Dans une allocution prononcée sur la migration des compétences dans le domaine de la santé, le ministre a passé en revue une batterie de mesures incitatives lancées par le gouvernement tunisien en vue d’encourager les professionnels de la santé à rester dans leurs pays, notamment, dans les régions de l’intérieur.
Il a dans ce contexte passé en revue les efforts déployés par la Tunisie en vue développer l’infrastructure, de consacrer la digitalisation des services et de procéder à la généralisation de la télémédecine, lit-on dans un communiqué du ministère de la Santé.
Ferjani a tenu à souligner que la lutte contre la montée en puissance de ce phénomène est d’œuvrer autant que possible à améliorer les conditions de travail au niveau local et à promouvoir la coopération institutionnelle entre les pays du Nord et du Sud à travers la conclusion d’accords transparents plutôt que de se contenter des initiatives individuelles qui ne font que fragiliser les systèmes de santé dans les pays en développement.
Quels effets délétères sur l’économie tunisienne ?
Selon des experts économiques, la fuite des cerveaux tunisiens a un effet direct sur l’économie de leur pays d’origine : la dépréciation du capital humain, et donc la réduction de la croissance économique, à cause du manque à gagner qui peut en résulter pour la Tunisie.
Toutefois, la fuite des cerveaux dont sont victimes certains pays devient un gain de cerveaux pour les pays qui en bénéficient.
Ils ont affirmé que cette nouvelle ligne de pensée a conduit un nombre croissant de pays en développement à considérer leur diaspora qualifiée comme un actif (et non comme une perte) pouvant être bénéfique pour leur développement.
En sus, de nombreux observateurs affirment que les transferts de connaissance ou de technologie sont la principale voie pour les pays en développement, dans laquelle les émigrés hautement qualifiés ont un grand rôle à jouer.
Ce phénomène est marqué par le nombre croissant de cadres tunisiens partis à l’étranger et leur féminisation de plus en plus importante. Le départ de ces hauts potentiels est moins à considérer comme une perte que comme un gain pour la Tunisie.
Ces cadres constituent un gisement de compétences, comme le montre une étude menée avant la révolution tunisienne de 2011.
Dans la période post-révolutionnaire qui s’est ouverte en Tunisie, seul le long terme permettra de confirmer cette dynamique au service du développement de leur pays d’origine (..).








