AccueilActualités - Tunisie : Actualités en temps réelFilière de viandes rouges : l'appel au secours de l'IACE

Filière de viandes rouges : l’appel au secours de l’IACE

L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), a appelé,  à la révision des politiques adoptées dans la filière de viandes rouges, avant l’effondrement de ce secteur, estimant que le maintien de la politique de plafonnement des prix a entrainé à une baisse de l’offre, aggravée par la diminution du cheptel bovin de 20 % à 35 % depuis 2019 et la hausse excessive des prix de moutons de sacrifice, au cours des 25 dernières années, atteignant des niveaux records en 2026.
L’IACE a affirmé, dans une note publiée vendredi, que la diminution du cheptel est due à des années d’abattage, de contrebande vers les pays voisins ce qui a provoqué un déséquilibre entre l’offre et la demande et l’inadéquation entre le coût de l’élevage et les prix de vente imposés par l’Etat.
Pour rappel, la Tunisie a pris des décisions successives, durant les années 2020 et 2021, pour geler et plafonner les prix de détail, afin de préserver le pouvoir d’achat du consommateur, au moment où le coût réel de production augmentait continuellement, en raison de la volatilité des prix des fourrages.
En août 2024, le ministère du Commerce a publié un décret ministériel imposant un plafond administratif strict aux prix de la viande rouge, fixé à 43 dinars/kg, pour la viande ovine, alors qu’en réalité, il se vendait entre 45 et 50 dinars/kg. Ce prix a atteint les 60 dinars, voire 80 dinars/kg, en 2026, et ce, malgré la baisse des prix de fourrages locaux de près de 25%, par rapport à la saison précédente.
De même, les prix de moutons de sacrifices ont connu, en 2026, une hausse vertigineuse, puisque  le prix moyen d’un mouton oscillait entre 1 300 et 1 500 dinars, et dépassait parfois les 2 000 dinars. A noter que  selon le document, la Tunisie  figure en tête des pays arabes où le coût de la viande est le plus élevé par rapport au pouvoir d’achat.
L’IACE a fait savoir, aussi, que la politique de plafonnement a entrainé, en outre, la propagation de pratiques de contrebande de bétail vers la Libye et l’Algérie, afin de les vendre à des prix de marché très lucratifs pour les éleveurs.
Se référant à une autre  étude, réalisée par l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP), la note a révélé que la crise observée au niveau de la filière de viandes rouges ne se limite pas à une simple diminution du cheptel ; mais elle reflète également,  des changements structurels du paysage agricole, en raison de la réduction des surfaces de pâturage, due au changement climatique et à l’expansion d’autres cultures mieux adaptées aux conditions actuelles.
Par ailleurs, cette crise est liée à la forte baisse du taux de fertilité du cheptel, à moins de 80% (contre un taux minimal standard de 90% pour garantir la pérennité du secteur), et du taux d’agnelage (nombre d’agneaux nés par brebis mise à la reproduction) à 1,2 agneau (contre un objectif de 1,4 agneau par brebis), ainsi que de l’accroissement du taux de mortalité, oscillant entre 10 % et 20% (l’objectif optimal est de réduire ce taux à moins de 8%).

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