AccueilActualités - Tunisie : Actualités en temps réelLes moutons de 1.500 à 2.000 DT à Sidi Bouzid

Les moutons de 1.500 à 2.000 DT à Sidi Bouzid

Les marchés hebdomadaires du gouvernorat de Sidi Bouzid vibrent ces jours-ci au rythme des préparatifs pour la fête du sacrifice. Dans les espaces réservés à la vente des moutons de l’Aïd El-Idha, il y a un consensus général sur une hausse excessive des prix qui atteint environ 500 dinars par rapport à l’année dernière.
Mustapha Ammar, vendeur de moutons, a fait savoir dans une déclaration à l’agence TAP que les prix des ovins, bien qu’élevés, ont enregistré une baisse d’environ 100 dinars au cours des deux derniers jours en raison de l’érosion du pouvoir d’achat du citoyen, et ce malgré le versement des salaires des fonctionnaires et l’abondance de l’offre.
Côté prix, il a précisé qu’ils varient entre 1400 et 1500 dinars pour un mouton moyen et autour de 1300 dinars pour une brebis, alors qu’ils peuvent dépasser les 2000 dinars pour les plus gros moutons. Il prévoit une poursuite de la baisse des prix dans les deux prochains jours en raison de la disponibilité d’un nombre important de bêtes.
Les éleveurs se trouvent dans l’obligation de les vendre après la fin de la période d’engraissement par crainte des coûts supplémentaires liés aux aliments pour bétail.
De son côté, Abdallah Ibrahim, un éleveur, a souligné qu’en dépit de la cherté des prix des moutons, les prix pratiqués parviennent à peine à couvrir le coût de production, pour l’agriculteur.
Cette situation s’explique par la hausse des prix des aliments pour bétail pouvant atteindre 30%, en plus de leur indisponibilité et de l’irrégularité de l’approvisionnement. À titre d’exemple, le prix de 85 kg d’orge dépasse les 60 dinars, sans compter le monopole exercé par les vendeurs du marché noir sur le son et le blé, alors que les prix du fourrage (foin et paille) ont grimpé en flèche, atteignant 25 dinars pour une botte de foin, directement à la ferme. 
Pour sa part, Youssef, un éleveur de Souk Jedid, a appelé à l’intervention des services de la vulgarisation agricole pour fournir des vaccins et des médicaments, en particulier durant les périodes marquées par la propagation de la fièvre aphteuse qui a atteint une partie du cheptel, laissant l’agriculteur affronter seul la cherté des médicaments et les honoraires des vétérinaires.
Il a également mis en garde contre l’impact négatif de l’abattage anarchique sur la pérennité du troupeau, touchant spécifiquement les femelles productives et les agneaux, en raison du manque de contrôle et de l’absence d’orientation, ce qui a entrainé une baisse de la taille du cheptel, menaçant, en conséquence, sa survie au fil des ans.
Le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (URAP) à Sidi Bouzid, Ali Brahmi, a estimé, dans une déclaration à l’agence TAP, que l’éleveur fait face à des pressions croissantes en raison de la flambée des prix des aliments, élément de base de l’élevage, ainsi que de l’augmentation des coûts de transport et des soins vétérinaires. Les changements climatiques, la rareté des pluies et le déclin des pâturages naturels ont poussé l’agriculteur à acquérir les aliments composés, alourdissant ainsi le coût de production. Tous ces facteurs se répercutent directement sur le prix des moutons, amenant l’éleveur à les vendre à des tarifs élevés pour couvrir les dépenses et dégager une marge bénéficiaire minimale garantissant la continuité de son activité.
Le président de l’URAP a insisté sur la nécessité de préserver les femelles productives et de ne pas les céder à l’abattage en raison de leur rôle fondamental dans la durabilité du cheptel aux niveaux régional et national, qualifiant l’abattage des femelles de menace réelle pour la richesse animale pouvant engendrer une nouvelle hausse des prix à l’avenir.
 
Il convient de signaler que le nombre de têtes de moutons destinées à l’Aïd El-Idha dans le gouvernorat de Sidi Bouzid a atteint environ 110 000 têtes en 2024, contre 145 000 en 2023, 278 000 en 2022, 280 000 en 2020 et 347 000 têtes en 2018. La région compte également plus de 342 000 brebis productives, environ 27 000 vaches et 50 000 chèvres productives, contribuant ainsi à hauteur de 9,6% de la production nationale selon les statistiques de 2018.
Pour la troisième année consécutive, les différentes structures agricoles concernées, notamment le Commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Sidi Bouzid, la direction de la production animale ainsi que l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP), ont refusé de fournir la moindre donnée ou statistique sur le nombre de moutons, les mesures prises pour résoudre les problèmes rencontrés, les campagnes prévues pour l’Aïd ou encore sur la situation sanitaire du bétail

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -