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samedi 15 août 2020
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Hors d’un gouvernement fort et d’une vision claire, point de salut !

Le constat est sans concession. L’économie et les finances de la Tunisie n’a de cesse de plonger depuis bientôt 9 ans, même si, à intervalles très peu réguliers, elles se signalent par de minuscules éclaircies, sans lendemain d’ailleurs. Tel est le legs dont devra hériter le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli, une fois constituée son équipe ministérielle, la semaine prochaine, assure-t-il.

Les économistes affirment qu’un gouvernement fort, et doté d’une vision économique claire, est essentiel pour poursuivre les efforts visant à stabiliser les finances publiques. Mais aussi, remédier aux frustrations qui menacent de saper la confiance dans la politique de la jeune démocratie, indique l’agence de presse Reuters qui, citant les chiffres de la Banque centrale de Tunisie, note que la  croissance économique, qui s’est établie en moyenne à 4,7 % au cours de la décennie allant jusqu’en 2010, peine à déborder de la moyenne à 1,8 %, depuis lors.

La révolution a frappé le secteur touristique générant une pression intense pour que la nouvelle démocratie crée des emplois dans le secteur public, augmente les salaires et les subventions. La Tunisie avait enregistré un excédent primaire en 2010, avec un déficit net de seulement 1%. Depuis, la dette publique est passée de 41 % du produit intérieur brut à plus de 70 %. Le gouvernement prévoit un déficit de 3,9 % du PIB cette année, contre 7,4 % du PIB en 2016, 6 % en 2017 et 4,5 % l’an dernier, alors que le  compte courant national a diminué, les réserves en devises ont chuté , le taux de change du dinar, pareillement, et l’inflation qui a atteint plus de 7 % en 2017,  était encore de 6,5 % en septembre.

  • Quel impact sur les Tunisiens ?

Le taux de chômage, 12% avant la révolution, est aujourd’hui de 15% au niveau national mais bien pire dans les régions de l’intérieur du pays, où il dépasse 30% dans certaines villes. Le tourisme commençait à peine à se redresser en 2015 lorsque des terroristes ont tué des dizaines de visiteurs étrangers lors de deux attaques, précipitant l’effondrement du secteur. Le nombre de visiteurs n’a retrouvé son niveau antérieur que cette année, mais la faillite de Thomas Cook en septembre a montré à quel point la Tunisie reste vulnérable à tout choc soudain dans ce secteur.

L’augmentation soudaine des recrutements par les entreprises publiques après 2011 a contribué à une forte baisse de leurs performances et de leur rentabilité. Leurs pertes ont coûté 2 milliards de dollars au gouvernement l’an dernier. La compagnie nationale des phosphates contribuait à hauteur de 10% dans les exportations tunisiennes avant 2011, mais à seulement 4% aujourd’hui. Elle est située dans une région pauvre et le gouvernement postrévolutionnaire a augmenté ses effectifs de 21 000 personnes pour atteindre 30 000. Tunisair, qui emploie 8 000 personnes pour seulement 27 avions, a perdu de l’argent depuis la révolution. Le transporteur national a annoncé la semaine dernière qu’il se délesterait de 400 emplois l’année prochaine.

Cependant, le puissant syndicat de l’UGTT a résisté à beaucoup de ces réformes et affirme que d’autres problèmes tels que la corruption et la mauvaise gestion doivent être traités en premier.

Les entreprises privées bien connectées dominent également dans certains secteurs, agissant comme des cartels et laissant les petites entreprises dans l’incapacité de lever des fonds pour l’investissement, selon les diplomates.

  • Les ukases des bailleurs de fonds

La Tunisie est à mi-chemin d’un programme de prêts de 2,8 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI), qui a débuté en 2016. Le FMI a demandé au gouvernement de limiter les dépenses, notamment pour les salaires du secteur public qui ont doublé en coût, passant de 7,6 milliards de dinars en 2010 à environ 16 milliards de dinars (5,5 milliards de dollars) en 2018, et pour les subventions. En mars, le prix du carburant a augmenté pour la cinquième fois en un an, et on s’attend à ce qu’il recommence à augmenter.

Toutefois, les compressions budgétaires, bien qu’elles s’ajoutent aux frustrations publiques qui ont amené les électeurs à punir les partenaires de la coalition lors des élections d’octobre, n’ont pas permis d’atteindre les objectifs de réduction du déficit.

Les bailleurs de fonds étrangers qui financent le déficit de la Tunisie s’attendent à ce que le pays réduise davantage ses dépenses, un processus impopulaire et potentiellement difficile pour le prochain gouvernement.

Toutefois, toute réforme structurelle visant à réduire la bureaucratie, à améliorer la performance des ministères et services gouvernementaux et à réduire la corruption renforcerait le climat des affaires et pourrait accroître les revenus.

Traduction et synthèse : M.L.

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