AccueilLa UNE«Je ne rentrerai qu’avec le SLA du FMI»

«Je ne rentrerai qu’avec le SLA du FMI»

La délégation tunisienne (notamment le gouverneur de la BCT et le ministre des Finances) chargée de la poursuite des discussions avec le FMI, dont la 5ème Revue s’était terminée à Tunis en demi-teinte, mais s’accordant tout de même sur la nécessité de donner un temps supplémentaire aux négociations, est finalement rentrée bredouille, avant que son principal bailleur de fonds ne lui accorde le «Staff Level Agreement» ou SLA (Accord au niveau des experts).

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L’optimisme certes règne, mais le SLA reste une étape cruciale dans le process du crédit Stand-by d’appui à l’économie tunisienne. Cela, d’autant plus que ce précieux sésame était généralement obtenu à Tunis, Sitôt achevée la Revue.

Notons que le SLA, ou accord au niveau des experts, est un document essentiel avant le passage des résultats de la Revue au Conseil d’administration du FMI qui devra statuer sur le déblocage des 250 Millions USD de crédit du FMI à la Tunisie.

Seul Taoufik Rajhi, celui que certains de ses collègues appellent «Kassaagi», du nom du célèbre prestidigitateur tunisien des années 70, est resté pour terminer les négociations. Or, à la date de ce mercredi 17 avril 2019 matin, la Tunisie attendait toujours le fameux «LSA» qui devrait tranquilliser tout le monde quant aux capacités financières du pays.

  • L’effet Kassaagi aurait convaincu le FMI

Les négociations auraient achoppé sur plusieurs questions. D’abord, sur le volume de la masse salariale qui dépasse désormais les 12,4 % du budget, plafond initialement fixé entre le gouvernement et le FMI. Ce changement d’objectif aurait été finalement accepté par le FMI qui se serait contenté de recommander juste la «maîtrise de la masse salariale».

Il s’agissait ensuite de démontrer la capacité de la Tunisie à stabiliser le déficit budgétaire à 3,9 %, l’inflation et la balance de paiement. L’enjeu, pour la délégation tunisienne, était de démontrer aux limiers du FMI la capacité à colmater le trou financier de 1,8 Milliard DT des caisses sociales.

Cela devrait être possible, dès les premiers effets, en juillet prochain, de la toute récente loi sur le prolongement de l’âge de la retraite. En y ajoutant CSS (Contribution Sociale de Solidarité) et la fin des crédits d’impôts (donnés sous formes d’augmentations salariales en 2017 et 2018) qui devrait de nouveau renflouer les caisses sociales en cotisations, sans oublier les 250 MDT à allouer aux caisses, sur le budget de l’Etat. Non budgétisé dans la LF 2019, ce montant sera ponctionné sur la 5ème tranche du crédit FMI. Le programme semble en tout cas avoir ainsi trouvé approbation de la part du FMI.

L’autre défi était de stabiliser les situations financières de la Steg et de la Stir (Société Tunisienne des industries de Raffinage) pour ce qui concerne le coût de l’énergie, et qui représentent pour les bailleurs de fonds, des risques budgétaires énormes. L’idée, trouvée par «Kassaagi», était de faire un mélange Hedging-meilleures politiques d’offres. Le Hedging, une assurance de 8 Millions de barils à 65 $ l’unité, a été fait depuis décembre 2018, par le biais de la Stir, et devenu un cas d’école cité en panel par le directeur du trésor au FMI. La Stir devra maîtriser la distribution du gaz domestique (700 MDT de compensation) qui est détourné par les industriels, les commerçants et les taxistes notamment et la stimulation de politiques d’offres chez la Steg. Le mélange devra encourager les privés à produire de l’énergie, améliorer sa consommation spécifique, mieux lutter contre la fraude et récupérer ses 10 % d’impayés. Là aussi, l’effet Kassaagi aurait fonctionné.

  • Une composante sociale ajoutée au programme, acceptée par le FMI

La délégation tunisienne aurait aussi réussi à ajouter une composante sociale d’une valeur de 200 MDT en transferts et à convaincre le FMI de l’utilité d’un package de mesures sociales, à financer à travers son crédit, qui devra accompagner le reste des mesures, financières et économiques entendues entre les deux parties. Le FMI a cependant maintenu sa vision monétariste dogmatique de la maîtrise de l’inflation par le biais de l’augmentation des taux de crédit, sans en redemander une nouvelle.

Au final, la délégation tunisienne semble avoir convaincu le FMI à Washington, de la stabilité de la situation de l’économie tunisienne, même s’il lui faudra encore du temps pour se redresser et devenir auto-immune. «Tout va bien», a conclu Taoufik Rajhi pour Africanmanager. «Les questions fondamentales, du déficit budgétaire, de l’endettement et de l’inflation, ont été maîtrisés par la Tunisie, grâce à la politique économique, suivie par l’actuel gouvernement et le FMI en est désormais convaincu et a même accepté l’ajout d’une composante sociale dans son programme pour la Tunisie», a-t-il affirmé, assuré qu’il ne rentrera pas sans le LSA qui ouvrira la voie au déblocage des 250 MUSD.

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