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Si on « transpose » la méthode chinoise (tests territoriaux, pragmatisme, industrialisation, infrastructures, discipline d’exécution) au monde 2026 (IA = nouvelle puissance, énergie = nerf de la guerre, fragmentation géopolitique, souveraineté data/monnaie), voilà une démarche claire en 9 étapes pour construire une nouvelle génération tunisienne sur 30 ans, en tenant compte de la lourdeur administrative/juridique et de la direction politique actuelle.
Contexte mondial à intégrer (ce que Davos met au centre aujourd’hui) :
Davos 2026 (19–23 janvier 2026) est placé sous le thème « A Spirit of Dialogue ».
World Economic Forum +1
L’IA devient un levier de puissance économique lié au coût de calcul et surtout au coût/accès à l’énergie (data centers, « tokens », etc.).
The Times +1
L’énergie bascule vite : les renouvelables dominent les nouvelles capacités et la question n’est plus « si », mais « comment » accélérer la sortie des fossiles de façon juste.
TIME
La fragmentation géopolitique (tarifs, blocs, tensions) revient au premier plan : il faut devenir utile à plusieurs blocs, sans dépendre d’un seul.
The Guardian
La méthode Tunisie en 9 étapes (priorisées)
1) Fixer un cap 2055 en 12 indicateurs, non négociables
Un « contrat national » simple, mesurable, publié :
Énergie (part renouvelables, coût/kWh industriel, stabilité réseau)
Compétences (taux d’employabilité tech/industrie, niveau maths/anglais, certifications)
Export (part export à valeur ajoutée, services numériques, industrie)
Délai administratif (création société, permis, douanes, justice commerciale)
Eau & climat, santé, souveraineté data, paiements numériques, etc.
*** L’objectif : déplacer le débat de l’idéologie vers la performance (logique « chat noir/chat blanc »).
2) Créer une Delivery Unit rattachée au sommet de l’exécutif (style « chantier national »)
Pour contourner la lourdeur, il faut une unité petite, élitiste, orientée résultats :
mandat : 10 réformes + 20 projets maximum, avec délais, budgets, responsables
publication mensuelle des KPI (transparence = pression positive)
arbitrage rapide entre ministères (sinon, rien n’avance)
3) IMPORTANT : Lancer 3 à 5 Zones de Souveraineté Économique & Technologique (ZES 2.0)
Comme Shenzhen, mais version 2026 : IA + industrie + énergie + export.
Chaque zone a une dérogation procédurale : guichet unique réel, permis en jours, douanes rapides, arbitrage commercial accéléré.
C’est là qu’on teste : fiscalité, PPP, data centers, hydrogène/stockage, industrie électronique, agro-industrie, etc.
*** On ne réforme pas tout le pays d’un coup : on prototype puis on étend.
4) Refondre l’État en État-plateforme (digital d’abord, papier exception)
Priorité : interopérabilité et « once-only » (l’administration ne redemande pas 10 fois la même pièce).
Identité numérique, signature, coffre-fort documentaire citoyen/entreprise
échange de données entre administrations (avec traçabilité)
paiements publics 100% digitaux
La Tunisie a déjà une dynamique « programme de transformation digitale 2025–2026 » annoncé avec de nombreux projets : il faut le convertir en résultats visibles (3–5 services qui changent la vie).
5) « Pas d’IA sans énergie » : pacte Énergie → Industrie → Data centers
Si l’IA devient une « économie au coût du token », la Tunisie doit sécuriser : kWh propre, stable, compétitif.
Plan concret :
The Times +1
accélération solaire/éolien + renforcement réseau + stockage
contrats long terme (PPA) pour industriels et data centers
zones industrielles « énergie garantie » (priorité réseau)
***Sans ça, pas d’industrie, pas d’IA, pas d’export.
6) Construire la nouvelle génération : compétences techniques + discipline d’exécution
Sur 30 ans, le vrai « secret chinois » reste l’humain.
tronc commun : maths, logique, anglais, culture numérique, civisme du travail
filières massives : automatisation/robotique, IA appliquée, cybersécurité, électronique/embarqué, énergie, maintenance industrielle
apprentissage obligatoire en entreprise (alternance) dans les ZES
« diaspora track » : attirer 1 000 mentors/experts/an (contrats courts, missions ciblées)
7) Stratégie Export-first : 6 « machines à devises » au lieu de 60 slogans
Choisir peu de secteurs, mais industrialiser :
Nearshore industriel (câblage, électronique, pièces, qualité, maintenance)
Services numériques export (IA appliquée, dev, QA, cyber, data)
Agro-industrie à haute valeur (traçabilité, froid, packaging, export UE/Afrique)
Énergie & services énergie (ingénierie, O&M, stockage, efficacité)
Santé (services, dispositifs, data/IA clinique sous cadre)
Tourisme augmenté (XR, patrimoine, expérience premium)
*** Le marché local est trop petit : on se finance par l’extérieur.
Paiement & monnaie numérique : « moins de cash, plus de traçabilité, plus d’inclusion »
Sans promettre une CBDC du jour au lendemain :
e-paiement universel (transport, taxes, factures, commerce)
identité + KYC simplifié
rails interopérables (banques, fintech, mobile money)
expérimentations « sandbox » dans les ZES (paiement B2B, traçabilité TVA)
***Effet direct : réduction économie informelle + meilleur recouvrement + confiance.
9) Alléger l’appareil juridique/administratif par une guillotine réglementaire
C’est le point dur tunisien : trop de textes, trop d’autorisations, trop de délais.
Méthode :
« silence vaut accord » sur une liste de procédures
suppression/ fusion de licences redondantes
justice commerciale accélérée (procédures digitales, délais plafonds)
commande publique « pilotable » dans les ZES (ciblée innovation/impact)
*** Ici, la discipline d’exécution est plus importante que les discours.
Priorités immédiates (12–18 mois)
1ère ZES opérationnelle (guichet unique réel + 3 filières export)
3 services d’État-plateforme qui marchent (identité/signature/paiement)
2 GW « pipeline » renouvelables + plan réseau/stockage (au moins contractualisé)
100 000 jeunes en parcours compétences (avec alternance)
Guillotine réglementaire sur 20 procédures à fort impact (douanes, permis, investissement)
*Karim Ahras
Executive MBA, fondateur de la première entreprise de réseaux TIC en Tunisie. Ce membre du patronat Conect dispose d’une solide expérience en négociation et leadership, avec une tout aussi solide expérience en gestion de projet









