900 entreprises lancées sur cinq ans, 20 millions d’euros de subventions déboursés pour financer les PME dans tous les secteurs, 65% des entreprises sont en dehors du Grand Tunis, 15% sont gérées par des femmes, des formations pour les consultants et les chefs d’entreprise en management…c’est le bilan de l’activité de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en Tunisie depuis 2013.
« La BERD a couvert tout ce qui concerne l’amélioration de la compétitivité des entreprises tunisiennes en termes d’offre et de demande moyennant des subventions à but non lucratif » a confié à Africanmanager Anis Fahem, directeur du Programme d’assistance technique aux PME au sein de la BERD.
En plus du financement de l’assistance technique, la BERD mobilise l’expertise nationale et internationale pour aider les PME. Les subventions -mobilisées par l’Union européenne- peuvent atteindre 80% du coût du projet, a ajouté A.Fahem.
La BERD fournit une assistance complète aux entreprises l’adéquate formulation du projet, la contractualisation, le monitoring etc. Elle mobilise également des experts internationaux pour accompagner les projets pour des périodes allant de 12 à 18 mois.
Concernant les procédures à suivre pour bénéficier de l’assistance de la BERD, la même source a indiqué qu’ « il suffit tout simplement de contacter la BERD », tout en précisant que les analystes et les consultants de la banque se chargeront d’étudier l’éligibilité des projets.
L’objectif de la BERD en Tunisie est d’accompagner la transition économique en Tunisie avec un focus sur le secteur privé en finançant des projets d’investissements principalement, en conseillant les PME, et en soutenant les réformes, a déclaré le chef du bureau de la BERD en Tunisie, Antoine Sallé de Chou.
L’impératif d’ouverture au privé
Depuis 2013, la BERD a investi prés de 9 millions d’euros dans une variété de secteurs, tels que l’agroalimentaire, l’aéronautique, l’automobile, l‘industrie pharmaceutique, la technologie, l’infrastructure, le secteur financier et les énergies renouvelables, a-t-il précisé.
« Il n’y a pas assez de concurrence en Tunisie, il y a des secteurs qui restent dominés soit par le secteur public ou bien par des entreprises monopolistiques…malgré cela, nous constatons que le secteur de l’énergie s’ouvre petit à petit à la concurrence, avec les développeurs qui seront appelés à déposer leurs offres pour le programme du régime des concessions sur le plan solaire…on parle de 500 MW, soit près de 500 millions de dollars, c’est une avancée importante en Tunisie. » a indiqué le responsable.
Le directeur du bureau de la BERD en Tunisie a estimé qu’il y a une volonté qui commence à se dessiner pour ouvrir d’autres secteurs à des opérateurs privés, avec le cadre légal qui se met à jour progressivement et que des secteurs comme l’assainissement, le portuaire et le transport sont tout à fait adéquats pour des programmes de PPP.
Antoine Sallé de Chou a, cependant, affirmé é que la situation du secteur portuaire est inquiétante en Tunisie, et que son ouverture aux opérateurs privés pourrait améliorer la capacité portuaire de la Tunisie et diminuer les coûts logistiques estimés à 6% du PIB.
« La rigidité du régime des changes entrave l’internationalisation des entreprises tunisiennes, la BCT est en train de réviser les règlementations à ce propos » a-t-il , toutefois noté.
Il a précisé que le rythme des avancements au niveau de la prise de décision ont reculé depuis le mois de mai 2019 à cause des prochaines élections, tout en appelant à ne pas utiliser le prétexte des élections pour arrêter le train des reformes et du développement.








