AccueilLa UNELa certification BRC, chaînon manquant de l’huile d’olive tunisienne !

La certification BRC, chaînon manquant de l’huile d’olive tunisienne !

Comptant parmi les meilleures sinon la meilleure au monde, l’huile d’olive tunisienne pèche par un handicap qu’elle n’arrive toujours pas à remonter dès lors qu’il s’agit de conquête des marché mondial où elle est écoulée le plus souvent en vrac. Des         exportateurs sont parvenus, toutefois, à des degrés divers, à s’affranchir de ce carcan et proposer leur produit sous la forme conditionnée. Mais seulement une dizaine d’entreprises tunisiennes du conditionnement de l’huile d’olive sont certifiées BRC Food, une norme qui comporte des exigences techniques en termes d’hygiène et de sécurité alimentaire, a déclaré Mohamed Ayadi , expert consultant en organisation des entreprises, management des systèmes, évaluation de la conformité, métrologie et accréditation.

Intervenant au cours d’une rencontre sur les « Stratégies de management pour la reconnaissance oléicole et la valorisation de l’huile », il a fait savoir que les conditionneurs oléicoles affrontent généralement des difficultés techniques et d’investissement dans la mise en place de la norme BRC.

La certification BRC en huile d’olive permet aux entreprises oléicoles d’accéder à des marchés à forte potentialités commerciales, a-t-il avancé. Et de préciser que la BRC est une norme visant à certifier les systèmes de management de la sécurité alimentaire qui est exigée par les grands groupes de distribution qui se sont regroupés dans une association appelée GFSI (Global Food Safety Initiative). La certification ISO donne accès à certains marchés mais d’autres types de marchés exigent la BRC dont notamment le marché britannique, a-t-il encore dit.

Du menu fretin !

Ce standard spécifie les critères de sécurité d’authenticité, de qualité et de fonctionnement requis au sein d’une organisation alimentaire pour remplir ses obligations en matière de conformité légale et de protection du consommateur.

Il a encore indiqué que, jusqu’au mois de février 2018, les sociétés certifiées BRC Food sont implantées en Europe (59%), en Asie (18%), en Amérique du Nord (12%), Amérique du Sud (4%), Afrique (4%) et Ocena (3%).

Le président de la Chambre Syndicale Nationale des Exportateurs de l’Huile d’Olive relevant de l’UTICA, Chiheb Slama a mis l’accent sur la nécessité de booster les exportations de l’huile d’olive tunisienne et d’améliorer la valeur ajoutée, via le développement des exportations de l’huile d’olive conditionnée dont les quantités exportées s’élèvent à 20 mille tonnes contre une production totale de l’huile d’olive de 350 mille tonnes.

Il souligné l’importance de commercialiser l’huile d’olive sous des marques tunisiennes afin d’atteindre le consommateur final et de diversifier les marchés, mettant l’accent sur celle de la certification BRC, notamment suite à la signature d’un accord visant l’exportation de 7725 tonnes d’huile d’olive vers le marché du Royaume Uni qui exige ce certificat.

Il a rappelé, au demeurant, que seulement 10 entreprises exportent d’une manière permanente l’huile d’olive avec une quantité de plus 100 tonnes/an, ajoutant que la nouvelle stratégie vise à atteindre 25 entreprises exportant plus de 100 tonnes/an à l’horizon de 2025.

Cap sur les marchés nordiques

Pour sa part, Lisa Paglietti, économiste et chef de projet à la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a rappelé que la FAO et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) soutiennent, depuis 2013, le développement de la position de la Tunisie sur le marché mondial de l’huile d’olive et s’attellent maintenant à améliorer la qualité, la réputation et la reconnaissance de l’huile d’olive tunisienne, vu l’absence de brands ou de logos de marques tunisiennes d’huile d’olive connus sur les marchés extérieurs.

Il s’agit de permettre aux acteurs du secteur oléicole de se doter des certifications indispensables pour accéder aux marchés à haute valeur ajoutée.

La Tunisie a des opportunités d’améliorer son positionnement sur les marchés actuels et d’accéder aux marchés nordiques notamment le Royaume-Uni, a-t-elle dit.

TAP

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1 COMMENTAIRE

  1. Désigner français et spécialiste du branding, ayant travaillé plusieurs années en Tunisie comme je l’ai fait également dans d’autres pays avant de rejoindre le groupe Carrefour puis de prendre ma retraite, j’ai collaboré avec plusieurs sociétés tunisiennes produisant et commercialisant de l’huile d’olive, et j’ai discuté avec bien plus d’autres encore.
    J’ai toujours affirmé que l’huile tunisienne disposait des atouts permettant de grands succès à l’international, mais qu’elle avait aussi un gros handicap… les personnes présidant aux destinées de ce magnifique produit et à sa commercialisation. Simplement parce que la plupart ne comprennent pas le marketing et notamment ce qu’est le branding. Mais surtout ils ne veulent pas investir les fonds nécessaires qui permettraient d’atteindre une réelle réussite. Non pas par manque de moyens, car ils préfèrent acheter la dernière berline allemande haut de gamme ou s’offrir un ascenseur dans leurs bureaux pour grimper 2 étages. En fait ils ont du bagout, portent beau, font du négoce, mais pas du commerce au niveau requis, étant par ailleurs souvent incapables de respecter les normes exigées à l’international et notamment en matière d’hygiène alimentaire. Avez-vous lu les analyses assassines de l’UFC sur l’une des rares huiles tunisiennes ayant pénétré le marché français ? Avez-vous visité les stands misérables des 2 ou 3 oléiculteurs présents dans les salons occidentaux ? Bref, l’huile d’olive tunisienne est une princesse en haillons qui attend le Prince Charmant dans une cellule où ses parents l’ont enfermée à double-tour. Désespérant.

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