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lundi 10 août 2020
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Le chef de l’Etat a définitivement lâché le chef du gouvernement. Que se serait-il passé ?

Ce qui n’était, au départ, qu’une fuite reprise en exclusivité par une radio privée, en l’occurrence, Mosaïque fm,  s’est parée de tous les attributs d’une annonce majeure du président de la République qui a confirmé le plus officiellement du monde avoir reçu, ce mercredi même, la démission du chef du gouvernement, Elyès Fakhfakh, qui confirmera , a son tour, mercredi soir, avoir présenté sa démission au chef de l’Etat.

La même radio avait précisé dans son information non officielle que le président de la République  avait demandé à Elyes Fakhfakh de démissionner de son poste de chef du gouvernement. Cette démission  appelle d’abord quelques remarques, et une lecture ou décryptage ensuite :

–  Le « conseil » donné à Fakhfakh de démissionner (car le chef de l’Etat n’a aucun droit d’exiger une démission), l’a été en présence de Rached Ghannouchi et de Noureddine Tabboubi, deux des « ennemis » de l’actuel chef de gouvernement, au cours d’une entrevue dont la Présidence de la République n’a fait état qu’en cours de soirée.

–  L’information du « conseil » de démissionner aurait ainsi été fuitée à la radio privée en question. Cette fuite organisée de l’information aura d’abord le privilège de lever toute équivoque sur la position du chef de l’Etat, lors de sa dernière entrevue avec Fakhfakh et Tabboubi, et qui aurait été comprise comme un soutien au chef du gouvernement. Un chef de gouvernement qui, le soir même de cette réunion, rendait public le communiqué annonçant un prochain remaniement ministériel. Désormais donc, le chef de l’Etat aura définitivement lâché Elyes Fakhfakh, peut-être après bonne étude du dossier de l’affaire du conflit d’intérêts.

–  Le « fuitage », manifestement par les services du chef de l’Etat, puisque l’entrevue était entre 6 yeux, de l’information sur le conseil à démissionner, n’aurait pas eu lieu d’être, si Fakhfakh avait accepté de s’en aller. S’il avait consenti à démissionner, on lui aurait, au contraire, donné le temps de s’organiser et d’organiser l’annonce de sa démission, et donc de sortir, si ce n’est pas par la grande porte, du moins par la porte-fenêtre, et non de la manière que suggère le « conseil » à démissionner. Un conseil qui pourrait lui avoir été prodigué, comme l’avait été celui donné à Habib Essid. On pourrait, ainsi, supposer qu’Elyes Fakhfakh aurait, une seconde fois, refusé de démissionner. Selon une information non officielle, un semblable conseil qui lui aurait été donné, toujours par le chef de l’Etat, tout de suite après son dernier passage à l’ARP, et qu’il aurait aussi refusé.

Tous ces développements interviennent alors que les anti-Fakhfakh auraient déjà réuni 105 signatures (exception faite de celles d’Iyadh Elloumi qui préside la commission d’enquête contre Fakhfakh et Fayçal Derbel rapporteur de la même commission d’enquête parlementaire) pour la motion de censure contre le chef du gouvernement.

Reste à savoir qu’entre démission et destitution d’Elyes Fakhfakh, il y aurait une différence, tant pour Rached Ghannouchi, que pour Kais Saïed. En effet, la démission du chef du gouvernement laisserait la balle dans le camp du chef de l’Etat. Fakhfakh parti de lui-même,  l’initiative reviendrait à Kais de désigner, après consultations, une autre personne qui serait chargée de former un nouveau gouvernement. Et il semblerait, selon nos informations, que cette personne aurait été déjà choisie. Mais, en cas de motion de censure, la balle restera entre les mains du parti ayant remporté le plus de sièges aux dernières législatives. Ennahdha pourrait, ainsi, dans le même process de destitution de Fakhfakh, proposer tout de suite un nouveau candidat pour le poste de chef de gouvernement.

Tout cela n’est pour l’instant que conjectures. Fakhfakh pourrait ne pas être le Habib Essid, et tirer dignement sa révérence, en espérant fermer, par la même occasion, le dossier du conflit d’intérêts. Kais Saïed pourrait n’avoir rien dit et se limiter de nouveau à rappeler à ses hôtes ce que dit la Constitution dans le cas d’un tel conflit. Ceux qui connaissent Fakhfakh, rappellent son entêtement et n’excluent pas un nouveau refus de démissionner de sa part.

Cependant, selon Radio Diwen, Elyès Fakhfakh avait soumis au président de la République sa démission il y a quelques jours. La même source ajoute que le chef de l’Etat en a informé Rached Ghannouchi, appelant tout le monde à se conformer à la loi et aux dispositions de la Constitution.

La même radio a indiqué que le chef du gouvernement avait annulé la visite qu’il devait effectuer, mercredi soir,  dans le gouvernorat de Sfax pour y inaugurer la foire de Sfax.

Il n’en demeure pas moins que, ce matin encore, le chef du gouvernement vaquait  à ses occupations habituelles, et présidait  l’ouverture des travaux de la consultation sur la décentralisation, dont le comité d’organisation avait été par lui confié à son ancien patron d’Ettakattol, Mustapha Ben Jaafar.

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