La contestation sociale en peau de chagrin, selon le FTDES

La contestation sociale en peau de chagrin, selon le FTDES

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Au contraire du ressenti produit sur l’opinion publique, les mouvements de protestation en Tunisie ont reculé lors du premier trimestre de l’année en cours, selon le dernier rapport du Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) pour le mois d’avril 2019, où , cependant, la contestation n’a épargné aucune région du pays, en proie à une gronde contre l’aggravation de la crise socio-économique, la dégradation des conditions de vie des citoyens et le déclin des services de base.

Quelque 2324 mouvements de protestation ont été enregistrés durant le premier trimestre de 2019 contre 3315 enregistrés durant la même période de l’année précédente. Mais durant le mois d’avril, ces mouvements sociaux ont perduré, toujours dans une même optique de revendications des droits fondamentaux des individus comprenant l’accès à l’eau potable, l’amélioration de l’infrastructure des réseaux reliant les maisons aux réseaux d’assainissement de l’eau potable et d’électricité sans oublier la mise en place de conditions décentes au sein des services de l’enseignement et de la santé.

Certaines de ces manifestations étaient spécifiques aux régions et d’autres ont pris une dimension nationale avec une grande variation des acteurs selon les secteurs et les individus.

Les mouvements de protestation durant le mois d’avril ont été, essentiellement, de nature collective: 98% des mouvements relevés par l’équipe de l’Observatoire social tunisien, alors que les mouvements individuels se situaient à moins de 2%, lit-on dans ledit rapport.

Les raisons de la colère

L’augmentation du prix du carburant annoncée fin mars a donné le la des manifestations sociales dans les différentes régions durant le mois d’avril qui a enregistré 1338 mouvements de protestation, dont 33 suicides et tentatives de suicide.

Cette augmentation a provoqué la colère de l’opinion publique, qui comprenait plusieurs secteurs, dont le plus important était le secteur agricole, les paysans faisant partie des manifestants qui ont refusé l’augmentation du prix du carburant vu leurs répercussions sur un secteur qui vit déjà une crise structurelle remontant à plusieurs années (…).

Sur un autre volet, le rapport du FTDES relève que les cas de suicide et de tentative de suicide durant le mois d’avril se sont ont touché essentiellement la tranche d’Age des 20 à 35 ans, ils représentaient plus de 60% des cas relevés. La proportion d’enfants de moins de 15 ans représentait 21% des cas enregistrés, sans oublier une tentative de suicide chez les personnes âgées de plus de 60 ans.

Les proportions de la violence observées au cours du mois n’ont pas connu un écart remarquable puisque la violence dans sa forme collective constituait 57% des cas enregistrés tandis que la violence dans sa forme individuelle a été de 43%.

Par ailleurs, le genre masculin a constitué l’essentiel des auteurs des agressions relevées avec 89% de l’ensemble de la veille contre 7% d’actes de violence commis par le genre féminin et 4% de violence mixte.

Violences économiques

En effet, la violence de nature économique a connu une recrudescence durant le mois d’avril 2019 et s’est accompagnée d’une nette détérioration de la situation économique et sociale du pays. L’accident qui a provoqué la mort 12 ouvriers et ouvrières du secteur agricole alors qu’elles étaient transportées illégalement par camion fut le cas le plus frappant des violences économiques enregistrées au cours du mois. Ce dernier ne constituait pas un accident isolé puisque des faits similaires se sont également produits à Kairouan, Kasserine et Zaghouan, détaille le FTDES.

Le rapport souligne que la crise du secondaire, à savoir le conflit entre le ministère de l’éducation et le syndicat de l’enseignement secondaire, a été une des causes principales des mouvements de protestation organisés durant le mois de janvier.

En mois de février les protestations ont porté notamment sur le délabrement de l’infrastructure de base et les coupures de l’eau potable ainsi que les revendications en rapport avec le développement et l’emploi.

La crise de l’hôpital de la Rabta et le décès de 11 nourrissons était parmi les causes qui ont attisé les mouvements de protestation en Tunisie avec une série de protestation à l’avenue Habib Bourguiba et devant le siège de la présidence du gouvernement.

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