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La peine de mort culmine dans les pays de tiers monde, selon Amnesty International

Victor Hugo disait « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie».

Cette citation illustre le combat inchangé, d’Amnesty International, un mouvement mondial , regroupant plus de 7 millions de personnes qui prônent la lutte pour le respect des droits de l’Homme et le combat contre la tyrannie et les violations des libertés individuelles et collectives.

Dans un rapport sur « la peine de mort » publié, Mercredi 1er Avril 2015, l’organisation a mis l’accent sur l’augmentation « alarmante » et remarquable de la pratique de ce « jugement », moyen de sanction fatal et irrévocable pour le condamné.

La Tunisie :Une Lumière dans l’Obscurité

Le nombre de condamnations à mort confirmées, dans le monde, en 2014 – au moins 785 – représente une augmentation de plus de 100 % par rapport à 2013, année où l’organisation avait recensé 373 sentences capitales. Les condamnations à mort collectives prononcées en Égypte ont fortement contribué à cette augmentation, ce pays représentant à lui seul 65 % de toutes les sentences capitales prononcées dans la région en 2014. Le nombre des condamnations à mort prononcées en Tunisie a diminué, tandis qu’il a augmenté en d’autres pays, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Irak et le Yémen.

Même avec 2 jugements à la peine capitale, la Tunisie n’a pas procédé à leur exécution, et c’est la politique suivie depuis une décennie.

Pays abolitionniste sur le plan pratique, la Tunisie a vécu un débat animé sur ce sujet, surtout en 2012 et 2013, au cours de l’élaboration de la nouvelle Constitution. Plusieurs voix se sont élevées parmi les députés de gauche pour demander l’annulation pure et simple de ce jugement. Mais les Islamistes, qui s’en sont tenus au texte explicite du saint coran qui prévoit ce genre de jugement ont voulu le voir consigné dans le texte fondamental. Mais tout le monde sait que la pratique va venir à bout de ce crédo idéologique.

Augmentation des jugements, mais baisse des exécutions

Les 607 exécutions recensées en 2014, indiquent déjà une baisse de près de 22 % par rapport à 2013, si on en exclut la Chine, qui a exécuté un nombre de prisonniers plus élevé que l’ensemble des pays du globe réunis.

Avec 2 466 condamnations prononcées dans le monde, soit une hausse de 28 % par rapport à 2013, le pic observé en Égypte et au Nigeria a réduit l’impact de la baisse constatée au niveau des exécutions effectives.

La propagation du terrorisme, l’apparition de nouveaux genres de crime et l’aggravation de la situation économique dans plusieurs pays, ont été des facteurs qui ont contribué à la hausse des peines de mort dans le monde.

Selon le rapport d’Amnesty International, une hausse de près de 500 condamnations à mort en 2014 par rapport à 2013, principalement en Égypte et au Nigeria, où les tribunaux ont prononcé des condamnations collectives dans un contexte de conflit interne et d’instabilité politique.

Le Pakistan, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et l’Arabie Saoudite sont les symboles des exécutions qui ont repris à la suite d’actes terroristes ou en raison des conflits politiques internes.

« Alors qu’en 2014 les exécutions sommaires imputables à des groupes armés ont entaché la conscience mondiale comme jamais auparavant, il est consternant que les gouvernements multiplient les exécutions, réagissant de manière épidermique au terrorisme et à la criminalité », déclare, Salil Shetty, Secrétaire général d’Amnesty International.

Sans pouvoir établir des chiffres exacts, Amnesty International, classe pour l’année 2014, la Chine à la tête des pays ayant eu recours à la peine de mort. L’organisation humanitaire estime que des milliers de personnes y sont condamnées à mort et exécutées chaque année.

Les quatre autres pays ayant exécuté le plus grand nombre de prisonniers dans le monde en 2014 sont l’Iran (289 exécutions reconnues officiellement et au moins 454 non reconnues par les autorités), l’Arabie saoudite (au moins 90), l’Irak (au moins 61) et les États-Unis (35).

En 2014, 22 pays ont procédé à des exécutions, nombre qui reste inchangé par rapport à 2013, mais qui est presque de moitié moins important par rapport à 1995, date à laquelle Amnesty International avait recensé des exécutions dans 41 pays. Le constat est évident. Une nette diminution en 20 ans et une tendance irréversible qui se dessine amenant tôt ou tard, vers l’abolition de la peine capitale dans le monde.

Issam Khemakhem

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