AccueilLa UNELa «sebkha» de Sijoumi, une plaie lagunaire!

La «sebkha» de Sijoumi, une plaie lagunaire!

Devant être le poumon de la capitale Tunisie, la lagune de Sijoumi  a, au fil du temps, changé de vocation pour devenir un réceptacle de toutes sortes d’immondices, de gravats et autres déchets à proximité  desquels pataugent des  centaines de flamants roses dans les eaux troubles de cette  zone humide essentielle  menacée par  une urbanisation désordonnée.

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Autrefois à l’écart de la ville, la moitié des habitants de Tunis vivent aujourd’hui sur les rives de la « sebkha », ou vasière, où, pourtant,  plus de 100 000 oiseaux d’une centaine d’espèces différentes passent l’hiver.

Les voisins humains des oiseaux se plaignent de la pollution, des inondations récurrentes et des nuées de moustiques provenant de la lagune, l’une des zones humides les plus importantes d’Afrique du Nord, devenue une décharge au cours de décennies d’urbanisation, lit on dans un article publié sur les colonnes du Daily Mail.

Un projet mené par le gouvernement, qui comprend des bâtiments, des digues en béton et le creusement de la vasière, vise à contrôler la pollution et à régénérer l’habitat, mais certains groupes environnementaux se sont opposés à cette initiative.

Un riverain  du quartier populaire de Sidi Hassine, espère que le projet embellira la zone et résoudra le « problème des déchets plastiques et des inondations dues aux eaux pluviales ». En fait, la lagune joue un rôle vital, non seulement en absorbant le trop-plein d’eau lors des fortes pluies, mais aussi comme lieu de reproduction pour les volées d’oiseaux migrateurs qui s’y rassemblent à la fin de l’hiver.

Mais avec l’afflux des populations rurales à Tunis, les constructions sauvages ont bourgeonné dans les anciens faubourgs agricoles de la ville et la lagune est devenue une décharge de déchets, principalement issus de la construction.

Un lieu à éviter

Selon une étude gouvernementale, plus de 1,8 million de mètres cubes de déchets solides auraient été jetés dans la lagune depuis 2009. En conséquence, la lagune de 2 600 hectares n’a pas pu absorber autant d’eau de pluie lors des averses, ce qui a entraîné des inondations qui obligent souvent les entreprises et les écoles à fermer.

Depuis 2015, les autorités tunisiennes étudient un projet visant à assainir la lagune et à protéger la zone des inondations, tout en développant son potentiel économique par de nouvelles constructions.

Environ 48 % des habitants de Tunis vivent autour de la lagune, selon le dernier recensement de 2014, et les quartiers environnants sont particulièrement denses, avec quelque 2 800 personnes au kilomètre carré. Le nord de la lagune est bordé de bâtiments en brique et en béton qui ont été érigés sans autorisation.

Une partie des rives sud est restée intacte et sert de refuge aux canards, flamants roses et goélands. Mais la plupart des gens évitent même les parties sauvages de la lagune, avec ses oliviers et ses coquelicots au bord de l’eau, car la zone est considérée comme sale et à éviter.

Les eaux usées industrielles et domestiques se déversent dans la lagune et les épaves de voitures et de camions s’entassent sur les rives.

4ème zone humide de l’Afrique du Nord

Compte tenu de sa diversité, la lagune a été ajoutée à la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale en 2007, et elle est considérée comme la quatrième zone humide la plus importante d’Afrique du Nord.

Nadia Gouider, directrice du projet gouvernemental du lac Sijoumi, a déclaré que le développement doit être durable et viser à « sauver et soutenir le poumon de la capitale ». Mais les militants écologistes s’inquiètent de l’impact potentiel du projet, dont le coût pourrait atteindre 130 millions d’euros (plus de 153 millions de dollars).

Le développement de deux quartiers d’affaires, Lac-1 et Lac-2, dans une vaste zone marécageuse voisine au début des années 1990 a déjà fait fuir la plupart des flamants roses vers Sijoumi et d’autres zones humides.

Imen Rais,  expert du groupe environnemental WWF, a mis en garde contre l’impact négatif du déclin des zones humides en Tunisie, soulignant l’importance de minimiser les « phénomènes liés au changement climatique comme les inondations, la sécheresse et les tempêtes ».

Hichem Azafzaf, coordinateur scientifique d’une association de protection des oiseaux, a déclaré : « Nous ne sommes pas contre le projet de développement en général ». Mais, a-t-il ajouté, alors qu’il scrutait la lagune depuis un observatoire en bois à l’aide de jumelles, « nous sommes contre la version actuelle », qui prévoit d’approfondir la lagune. « De nombreux oiseaux seront privés de nourriture parce qu’ils ne peuvent pas plonger en profondeur ».

Selon Mme Gouider, cela ne devrait pas poser de problème car « seul un tiers de la surface du lac sera approfondi d’environ un mètre, ce qui laissera de la place aux oiseaux ». Quoi qu’il en soit, a-t-elle ajouté, entre le remblayage, les décharges illégales et les constructions non réglementées, « si nous ne faisons rien, la lagune disparaîtra ».

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