AccueilLa UNELa Tunisie a-t-elle perdu sa bataille contre la pollution plastique ?

La Tunisie a-t-elle perdu sa bataille contre la pollution plastique ?

En fait d’environnement, la Tunisie a maille à partir avec une longue liste d’écueils, dont la bataille contre la pollution plastique. Une croisade qui a bien démarré mais qui s’est vite essoufflée en chemin. En effet, en dépit de la promulgation d’un nouveau décret gouvernemental d’interdiction des sacs plastiques à usage unique, depuis le 16 janvier 2020 et sa publication au Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) et de deux initiatives pertinentes de réduction des SPUU, dans les grandes surfaces à partir du 1er mars 2017 et d’une deuxième initiative, dans les pharmacies, le 1er mars 2018, (suite à la signature de la convention le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie (SPOT), la situation n’a pas l’air d’évoluer et la prolifération des déchets en plastique est visible partout.

Il n’en demeure pas moins que la fibre écologique des autorités ne s’est pas émoussée, et la Tunisie a rejoint une alliance de plus de 50 scientifiques et professionnels de la santé qui viennent d’appeler à réduire la production et l’utilisation des plastiques pour réduire la génération de particules de plastique et prévenir les effets nocifs de cette matière tout au long de son cycle de vie.

Cet appel a été adressé aux délégués d’environ 175 pays, en conclave actuellement à Ottawa au Canada, à l’occasion de la 4ème réunion du Comité intergouvernemental de négociation des Nations Unies sur la pollution plastique, qui se poursuivra jusqu’au 29 avril 2024.

A travers un document intitulé « Protéger le cerveau en développement des enfants contre les effets nocifs des plastiques et des produits chimiques toxiques contenus dans les plastiques », ces scientifiques du projet « TENDR » (Targeting environmental Neuro-Development Risks), appellent à l’adoption d’un traité efficace qui comprendra des dispositions juridiquement contraignantes visant à réduire substantiellement et plafonner la production de plastiques en vue de l’élimination des plastiques à usage unique et des autres utilisations non essentielles.
Il s’agit également, d’éliminer progressivement l’utilisation des polymères plastiques les plus toxiques, y compris le polychlorure de vinyle et le polystyrène, l’élimination progressive de l’utilisation de classes chimiques neurotoxiques comme additifs dans le plastique, y compris au minimum les retardateurs de flamme bromés et chlorés, les retardateurs de flamme à base d’esters organophosphorés, les phtalates, les paraffines chlorées, les stabilisateurs d’UV, et les bisphénols.

« Les gouvernements devraient commencer par interdire immédiatement l’utilisation de ces classes de produits chimiques dans les matériaux plastiques en contact avec les aliments », lit-on dans le papier de l’alliance de scientifiques.

Elle affirme, par ailleurs, qu’un examen récent des différents types d’interventions visant à réduire l’exposition des personnes aux bisphénols et aux phtalates a révélé que les politiques visant à restreindre l’utilisation des phtalates et du BPA dans les produits et les emballages entraînaient une diminution généralisée et à long terme de l’exposition, tandis que les interventions visant à modifier le régime alimentaire étaient beaucoup moins efficaces pour réduire l’exposition.

Des solutions alternatives

Il est à cet effet impératif, selon les professionnels de santé, d’interdire les catégories d’additifs toxiques dans les plastiques. « Dans certains cas, il existe des solutions alternatives à l’utilisation de produits chimiques », indiquent les scientifiques, citant l’exemple des modifications apportées aux réglementations de l’État de Californie qui ont permis aux fabricants de meubles de satisfaire aux normes d’inflammabilité sans utiliser de produits chimiques retardateurs de flamme.

Ils ont appelé aussi à interdire les nanoplastiques et les microplastiques ajoutés intentionnellement dans des produits tels que les cosmétiques, les produits de nettoyage et les jouets et à exiger une transparence totale et à divulguer publiquement les informations sous des formes accessibles qui comprennent l’identification et la déclaration de tous les produits chimiques utilisés dans la production de plastiques ainsi que des additifs plastiques.
En ce qui concerne la réutilisation, ils ont appelé à veiller à ce que l’élimination et le recyclage des plastiques n’entraînent pas de rejets de substances toxiques dans l’environnement et à ce que les produits fabriqués à partir de plastique recyclé ne contiennent pas de substances toxiques.

Autres recommandations de l’alliance : empêcher l’incinération (qui, par définition, inclut la pyrolyse et la gazéification) des plastiques – y compris le « recyclage chimique », les « techniques avancées de recyclage » et les « techniques de pointe » et les systèmes de « valorisation énergétique des déchets », qui ne sont pas de véritables recyclages et ne font que perpétuer l’idée d’un recyclage à grande échelle et qui ne constituent pas un véritable recyclage et ne font que perpétuer la toxicité du plastique.

L’Alliance « TENDR » œuvre à protéger les enfants des produits chimiques toxiques et des polluants qui nuisent au développement du cerveau et accorde la priorité à la fin des expositions disproportionnées à ces produits chimiques et polluants et aux impacts plus importants subis par les enfants issus de familles à faibles revenus et de familles de couleur.
En tant qu’experts des effets des produits chimiques toxiques sur le développement neurologique, et en tant que scientifiques, cliniciens, et défenseurs de la santé des enfants dans le cadre du projet TENDR, les membre de l’alliance confirment que les plastiques et les produits chimiques toxiques contenus dans les plastiques sont des substances dangereuses pour la santé.

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