La Tunisie, à l’instar du reste du monde, fait face à des défis économiques, environnementaux, énergétiques et hydriques croissants, qui exigent des solutions innovantes et des stratégies durables pour accompagner les transformations mondiales, affirme directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaa Baccari.
Lors de sa participation à une émission spéciale consacrée à l’économie circulaire sur les ondes d’Express Fm , il a expliqué que le pays a déjà entamé l’élaboration de stratégies globales dans les domaines énergétique et environnemental, précisant que la valorisation des déchets peut constituer une réponse efficace aux défis actuels dans ces deux domaines.
Il a ajouté que la transformation des déchets en richesse économique est désormais possible grâce à leur intégration dans le système de l’économie circulaire, lequel représente une réelle opportunité pour la transition énergétique et écologique, tout en favorisant l’indépendance énergétique future de la Tunisie.
La stratégie énergétique nationale
Baccari a indiqué que la stratégie énergétique nationale repose principalement sur l’énergie solaire et éolienne, tout en visant à diversifier les sources d’énergie, notamment par l’exploitation des déchets, qui représentent environ 20 % de la production mondiale d’électricité.
Il a rappelé que l’ANME avait déjà lancé à la fin des années 1980 des programmes pilotes de valorisation du biogaz issu des déchets organiques.
Le cadre juridique en Tunisie
Le responsable a précisé que le rôle de l’agence ne se limite pas à la valorisation des déchets, mais s’étend également à la mise en œuvre des politiques nationales de transition énergétique, à travers la création d’un cadre législatif adapté et la mise en place de mécanismes d’incitation pour soutenir les projets dans ce domaine.
Il a souligné que l’agence supervise le Fonds de transition énergétique, qui fournit financement et appui à toutes les initiatives liées à la transition, y compris les projets de valorisation des déchets.
Baccari a ajouté que le cadre légal tunisien actuel est favorable à l’investissement dans la production d’électricité à partir des déchets, notant que le tarif d’achat de l’électricité produite à partir de biogaz a été fixé à 307 millimes par kilowattheure hors taxes, et maintenu sur toute la durée du contrat, soit le double du tarif appliqué à l’énergie solaire.
Ce dispositif rend, selon lui, le secteur particulièrement attractif pour les investisseurs.
Il a par ailleurs insisté sur l’importance de promouvoir les partenariats public-privé et d’attirer davantage d’investissements dans les projets d’énergies alternatives, affirmant que la Tunisie dispose d’un fort potentiel pour produire de l’électricité à partir des déchets et du gaz organique, ce qui pourrait en faire un acteur clé de la transition énergétique dans la région.
Baccari a affirmé que l’agence œuvre à renforcer le cadre législatif et à accroître les incitations à l’investissement, en coopération avec l’ensemble des partenaires nationaux et internationaux, tout en soutenant les compétences locales et l’accompagnement technique des projets, afin de garantir le succès de cette orientation stratégique et vitale.
A noter que la Tunisie a adopté un nouveau modèle basé sur la diversification des sources d’énergie, avec une place accrue accordée aux énergies renouvelables.
De même des projets ont été lancés et qui visent à atteindre des objectifs ambitieux de durabilité et d’efficacité énergétique, avec pour ambition de porter la part des énergies alternatives à 35 % d’ici 2030.
Pour y parvenir, plusieurs mesures ont déjà été approuvées afin d’accélérer la transition.








