Le secteur pharmaceutique tunisien continue d’aller de l’avant malgré des défis persistants. Au-delà des difficultés que traverse le pays, cette industrie demeure robuste, en répondant aux besoins de la population en médicaments et en contribuant significativement à la prospérité économique du pays.
« La Tunisie est prête à devenir un pôle africain pour la production de médicaments et de vaccins, ainsi qu’un centre régional de formation et de recherche médicale », a affirmé, ce jeudi, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, lors d’une réunion des États membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), tenue par visioconférence.
Les participants ont échangé sur le renforcement des industries pharmaceutiques locales, la production de vaccins en Afrique et la création d’un marché unifié des médicaments, afin d’améliorer l’accès aux soins pour des millions de citoyens du continent.
Ferjani a également plaidé pour l’harmonisation des législations sanitaires entre les États membres, le développement du tourisme médical et la mise en place d’un système de santé numérique, pour renforcer la coopération régionale et accélérer l’autosuffisance sanitaire en Afrique.
Le COMESA, dont la Tunisie est membre depuis mi-2019, est l’un des plus grands groupements économiques africains, visant à renforcer la coopération pour l’autosuffisance sanitaire du continent. Une équipe du ministère de la Santé et de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANMPS) a assisté à la réunion de jeudi.
*La Tunisie produit 80% de ses besoins en médicaments
On rappelle que le président directeur général de la Pharmacie centrale, Chokri Hammouda, a déclaré que l’industrie pharmaceutique tunisienne dispose d’une infrastructure bien développée, à savoir 42 usines de médicaments à usage humain et 4 autres de médicaments destinés aux animaux.
Il a ajouté que la Tunisie produit 80% de ses besoins en médicaments. « 95% de ces médicaments sont génériques, alors que les 5% restants sont de purs produits tunisiens. Ils sont aussi efficaces que les médicaments d’origine et nettement moins chers », a-t-il précisé.
*Médicament en Tunisie : Un marché de 1,69 Md USD
La taille du marché pharmaceutique tunisien a été évaluée à 1,69 milliard de dollars américains (Md USD) en 2021 et le chiffre d’affaires total devrait croître de 12,9 % entre 2022 et 2029, pour atteindre près de 4,47 milliards de dollars américains. C’est ce qu’indique le site « Maximisemarketsearch », dans un récent aperçu du marché pharmaceutique tunisien.
Selon la même source, « la Tunisie est l’un des rares pays d’Afrique à disposer d’un secteur pharmaceutique doté d’une gestion sophistiquée et de technologies avancées, tant en termes de qualité que de sécurité des produits. La production locale de médicaments génériques est d’environ 49 % et les importations d’environ 51 %. Tunis compte environ 39 sociétés pharmaceutiques dans la région.
Défis réglementaires et législatifs
Pendant longtemps en Tunisie, la gestion administrative des médicaments était fragmentée entre plusieurs structures, ce qui constituait un obstacle au développement du secteur de l’industrie pharmaceutique. Longtemps réclamée par les professionnels du secteur, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé a été mise en place en vertu de la loi n° 2023-2 du 12 juillet 2023.
Perçue comme un signal fort de l’engagement de l’Etat en faveur d’une démarche de consolidation et de développement de cette industrie, cette agence unifie les structures de gestion des médicaments et produits de santé. Elle a pour mission d’instaurer une politique nationale cohérente dans le domaine pharmaceutique, renforçant les contrôles sur la fabrication, l’enregistrement, l’importation, l’exportation, la distribution et la commercialisation de ces produits.
Cependant, et malgré les éloges des industriels pharmaceutiques locaux à l’égard de la création de cette agence, le secteur demeure confronté à des défis majeurs dont notamment la législation en vigueur, jugée « inappropriée » pour encourager son expansion. Il s’agit essentiellement de la loi n°73 régissant les professions pharmaceutiques et dont la révision est désormais une urgence (…).
La Tunisie ambitionne de devenir un pôle pharmaceutique africain
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