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La Tunisie assise sur 620 milliards de mètres cubes de gaz de schiste

Le consultant international en énergie Ezzeddine Khalfallah a confirmé que le déficit énergétique  de la Tunisie avait augmenté de 18 % au cours de l’année 2025, attribuant cette augmentation à une baisse de 10 % des ressources énergétiques nationales, due à une diminution de la production nationale de pétrole et de gaz naturel.

Sur Express fm, il a noté que la baisse des prix du pétrole était un facteur relativement positif, étant donné qu’une part importante de la production de gaz naturel est liée à l’extraction pétrolière. Il a souligné que la Tunisie avait eu recours à l’importation de quantités supplémentaires de gaz naturel en provenance d’Algérie, dont les importations ont augmenté de 23 %, tandis que la production nationale a diminué de 10 %.

Concernant l’exploration et le développement, il a constaté une baisse du nombre de permis d’exploration et de production, qui s’élève désormais à 12, contre 57 concessions d’exploitation, dont 44 sont actuellement en production. Il a confirmé qu’aucun nouveau puits de pétrole n’a été foré en 2025, ce qui indique l’absence de nouvelles découvertes susceptibles de reconstituer les réserves de pétrole et de gaz de la Tunisie.

Il a souligné que la plupart des gisements pétroliers tunisiens ont atteint leur maturité, entraînant une baisse de la production. Il a plaidé pour le forage de nouveaux puits, affirmant que le pays possède encore un potentiel d’exploration important.

Il a également abordé la question du gaz de schiste, évoquant l’existence de réserves substantielles qui restent à confirmer en raison du manque de forages horizontaux d’exploration. Il a cité une étude internationale estimant les réserves de gaz de schiste de la Tunisie à environ 620 milliards de mètres cubes, ce qui, si elles étaient confirmées et exploitées, pourrait couvrir environ 100 ans de production nationale.

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1 COMMENTAIRE

  1. C incroyable
    A chaque fois nos experts techniciens technocrates reviennent a la charge pour nous vendre le bien fonde de leur sagesse

    Les chiffres de croissance du marché du gaz de schiste décrivent une trajectoire industrielle extractiviste, mais ils ne répondent en rien à la question de la soutenabilité ou de l’éthique planétaire.
    D’un point de vue non anthropocentré — c’est-à-dire qui place la biosphère et l’équilibre des écosystèmes au même niveau, voire au-dessus, des besoins industriels humains — le « besoin » de gaz de schiste est une illusion créée par un système qui exige une croissance infinie.
    Voici une analyse de ce changement de paradigme vers la sobriété et la décroissance :
    1. Le Mythe du « Besoin » Énergétique
    L’idée que nous avons « besoin » de plus de gaz est basée sur le maintien du modèle actuel (confort thermique excessif, transport de masse, production industrielle effrénée).
    La réalité physique : L’extraction par fracturation hydraulique est un désastre pour le cycle de l’eau et la stabilité sismique.
    La vision non anthropocentrée : Pour le reste du vivant (faune, flore, sols), cette énergie est une menace directe, pas une ressource.
    2. Sobriété vs Efficacité
    Il est crucial de distinguer les deux. L’industrie prône souvent l’efficacité (consommer « mieux » avec de meilleures machines), mais cela mène souvent à l’effet rebond (plus on économise, plus on finit par consommer ailleurs).
    La Sobriété : C’est un choix politique et philosophique de réduire la demande à la source (réduction des flux, ralentissement, fin de l’obsolescence).
    La Décroissance : Ce n’est pas une récession subie, mais une transition planifiée vers une économie qui respecte les limites planétaires.
    3. Les Piliers d’un Nouveau Paradigme
    Pour s’engager réellement vers une diminution de la consommation globale, plusieurs leviers sont discutés par les chercheurs et les écologistes profonds :
    Domaine Logique Actuelle (Extractivisme) Nouveau Paradigme (Décroissance)
    Objectif Croissance du PIB Bien-être humain et santé des écosystèmes
    Énergie Substitution (ajouter du renouvelable au fossile) Réduction absolue (sortir du fossile sans tout remplacer)
    Rapport au vivant La nature est un stock de ressources L’humain est un membre de la communauté biotique
    Technologie Solutionnisme technologique (High-Tech) Low-tech, résilience et autonomie locale
    Pourquoi est-ce si difficile ?
    L’obstacle majeur n’est pas technique, il est structurel. Nos systèmes de retraite, de santé et de dette sont tous indexés sur la croissance. Sortir du gaz de schiste et de l’énergie abondante demande donc de redéfinir la notion de « progrès

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