L’architecte, chercheuse et universitaire Asma Gharbi a affirmé que l’ensemble du territoire tunisien est désormais, dans les faits, à caractère urbain, en raison de l’expansion urbaine accélérée ainsi que des transformations démographiques, climatiques et sociales que connaît le pays.
Gharbi a expliqué, au micro d’Expresso, vendredi 22 mai 2026, qu’en 2025, la proportion de la population vivant dans les zones urbaines en Tunisie a atteint environ 72 %, alors que la consommation des terres urbanisées est estimée à près de 4 000 hectares par an. Elle a précisé qu’environ 40 % de ces superficies sont exploitées dans le cadre d’une expansion urbaine anarchique.
Elle a ajouté que près de la moitié des ménages tunisiens ne sont toujours pas raccordés au réseau de l’Office national de l’assainissement, ce qui reflète, selon elle, l’ampleur des défis liés aux infrastructures et à la planification urbaine.
Elle considère que le principal problème en Tunisie ne réside pas dans l’absence de lois ou d’institutions, soulignant que le pays dispose d’un cadre législatif et institutionnel « solide et flexible ». Selon elle, la véritable difficulté réside surtout dans le modèle actuel de gouvernance sectorielle.
Gharbi a insisté sur la nécessité de repenser le concept de construction durable dans une vision globale qui ne se limite pas uniquement au bâtiment lui-même, mais englobe l’ensemble de l’espace urbain et territorial, afin d’assurer un équilibre entre développement urbain, préservation de l’environnement et esthétique des villes.
Concernant les solutions proposées, elle a appelé à la mise en place d’une gouvernance territoriale ouverte fondée sur la publication des indicateurs et des résultats, ainsi que sur l’adoption de tableaux de bord stratégiques, tout en élargissant la participation aux secteurs public et privé, à la société civile et aux citoyens.
Elle a également souligné l’importance d’améliorer la communication avec les habitants et les acteurs locaux, et de passer du stade des recommandations à celui de l’obligation juridique, à travers l’adoption de lois claires imposant des normes de construction durable, tout en garantissant leur applicabilité et leur acceptation sociale.








