AccueilLa UNEL'agitation politique peut accentuer la pression sur les banques tunisiennes, selon S&P

L’agitation politique peut accentuer la pression sur les banques tunisiennes, selon S&P

Les remous politiques dont la Tunisie est le théâtre pourraient accentuer les  pressions sur les banques nationales, les tensions politiques s’étant intensifiées le 25 juillet 2021, lorsque le président de la République,Kais Saied avait suspendu le parlement pour 30 jours, démis le gouvernement et  annoncé qu’il gouvernerait par ordonnances, estime l’agence de notation Standard & Poor’s.

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Bien que la suspension ait été prolongée indéfiniment, les prochaines étapes ne sont pas claires, et les développements sont susceptibles d’affecter l’environnement opérationnel des banques tunisiennes, indique-t-elle, soulignant que cette incertitude vient s’ajouter à un environnement opérationnel déjà tendu pour les banques en raison des retombées du COVID-19, qui ont été exacerbées ces dernières semaines suite à une augmentation du nombre de nouveaux cas qui a compromis la saison touristique.

La pandémie s’était  déjà traduite par  une contraction sans précédent du PIB de 8,6 % en 2020, selon le FMI, aggravany les fragilités socio-économiques de la Tunisie après une décennie de mise en œuvre chancelante des réformes et de faible croissance. Dans ce contexte, prévoit S&P , l’économie tunisienne connaîtra probablement un lent retour aux niveaux pré-pandémiques, avec une croissance du PIB de seulement 2,4 % par an en moyenne au cours des cinq prochaines années, selon les projections du FMI. Ce niveau de croissance ne sera probablement pas suffisant pour remédier au chômage élevé et à la détérioration du niveau de vie dans le pays, ce qui alimentera davantage le mécontentement social.

Les déficits budgétaires élevés ont poussé la dette publique sur une voie insoutenable de dépendance à l’égard des institutions de prêt multilatérales. Cependant, l’instabilité politique actuelle pourrait compromettre la conclusion d’un accord avec le FMI et poser d’importants défis financiers au pays.

La BCT poursuivra son soutien aux banques !

À leur tour, les banques tunisiennes sont confrontées à un environnement macroéconomique et opérationnel plus difficile, avec des profils financiers et de risque déjà faibles. L’agence S&P  prévoit une détérioration de la rentabilité des banques dans un environnement opérationnel hautement concurrentiel et fragmenté, des perspectives économiques faibles et des pertes de crédit en hausse. La structure actuelle du système bancaire encourage la concurrence sur les prix, car les banques ne se disputent que quelques clients solvables de premier ordre. Ces facteurs érodent davantage les réserves de capital déjà insuffisantes des banques tunisiennes, en particulier pour les plus petites entités. Les banques maintiendront probablement des provisions pour pertes sur prêts élevées, étant donné leur forte exposition au commerce de détail, au tourisme, à l’immobilier et à certaines exportations, ce qui pèsera finalement sur leur rentabilité et leur capitalisation.

La banque centrale a abaissé son taux directeur à deux reprises en mars et en octobre, de 150 points de base cumulés (à 6,25 %), tout en continuant à fournir aux banques un important soutien en liquidités. Standard & Poor’s  pense que ce soutien se poursuivra au cours des prochains mois afin d’aider le système bancaire à faire face à l’incertitude supplémentaire liée à la situation politique. Nous considérons ce soutien comme essentiel en raison de la faiblesse des profils de financement des banques tunisiennes.

Cette analyse de S&P  entre dans le cadre  d’une série de notes portant sur les s banques de la région MENA  dont la plupart, note l’agence, sont restées résilientes malgré le choc économique de la pandémie. Elle  que les pertes de crédit atteignent un pic dans la plupart des pays de la région en 2021 et qu’elles tendent progressivement à revenir aux valeurs historiques en 2022. Cependant, l’agence de rating  prévoit que les actifs non performants perdureront dans certains pays en raison de facteurs spécifiques. Il s’agit notamment d’une reprise économique lente due à une plus grande dépendance vis-à-vis du tourisme en Égypte et au Maroc et d’une intensification des troubles politiques en Tunisie. Les performances des banques du CCG devraient s’améliorer car la hausse des prix du pétrole depuis l’année dernière soutient les économies locales, conclut S&P.

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