AccueilLa UNELe crabe bleu : L’endroit et l’envers !

Le crabe bleu : L’endroit et l’envers !

Grâce aux recherches et études de l’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer (INSTM), la Tunisie a réussi à valoriser certaines espèces invasives comme le crabe bleu, en les transformant en aubaine économique, ce qui lui a permis de rayonner à l’échelle méditerranéenne, en matière de gestion des écosystèmes marins, a déclaré le président directeur général de l’INSTM, Hechmi Missaoui, lors d’une conférence tenue, vendredi, à l’occasion de la célébration du centenaire de l’Institut.

 Apparu il y a quelques années, sur les côtes tunisiennes, le crabe bleu a constitué un véritable fléau aussi bien pour les pêcheurs que pour la faune marine. Les études de l’INSTM qui ont proposé des solutions visant minimiser ses dégâts, ont pu transformer cette menace en un produit local comestible et exportable, a-t-il expliqué.
 Evoquant l’histoire de l’INSTM, Missaoui a rappelé que cet organisme qui a été crée en 1924 avait pour mission de mener des recherches sur certaines espèces marines à l’instar de l’étoile de mer, du thon rouge et de l’anguille, ajoutant que cette mission a, par la suite, évolué pour englober d’autres champs d’intervention comme la pollution et la surexploitation des ressources halieutiques, et ce, afin d’être en phase avec les mutations socio-démographiques, technologiques et environnementales.

 Il a, par ailleurs, fait savoir que l’Institut mène chaque année un inventaire des ressources halieutiques et ce, dans l’objectif d’optimiser la gestion de ces ressources qu’elles soient traditionnelles ou invasives.

L’institut a mis en place des cages qui ont permis de réduire les dommages causés par le crabe bleu, d’évaluer le stock et de réaliser une étude socio-économique sur les modalités de son exploitation.

 Missaoui a rappelé la coopération de l’Institut avec les ministères de l’Agriculture, et de l’Environnement ainsi qu’avec des établissements régionaux afin d’assurer la durabilité des ressources halieutiques.

L’endroit de la médaille

 En dépit des problèmes engendrés par le crabe bleu sur toute la chaîne de valeur du secteur de la pêche en Tunisie, ce crustacé s’est révélé comme un produit de mer intéressant à exploiter et à valoriser dans d’autres pays, il constitue une nouvelle source de revenu pour ses familles des pêcheurs affectés par sa prolifération.
Le crabe bleu se classe au cinquième rang des crabes le plus recherchés sur le marché mondial. Il est particulièrement apprécié en Asie, aux États‑Unis d’Amérique et en Australie, où de nombreux restaurants l’affichent à leur carte.

Voyant qu’il était possible de transformer ce fléau en atout, la FAO et le gouvernement tunisien ont proposé des sessions de formation aux pêcheurs. Grâce au projet de «Renforcement de la gouvernance et du développement du secteur de la pêche en Tunisie», la FAO a formé 90 pêcheurs à Djerba, à Gabès et dans les Kerkennah.
Les pêcheurs en ont appris davantage sur les atouts du crabe bleu lors de séances d’information et ils ont reçu 1 500 nasses polyvalentes pour leur permettre d’attraper ce crabe plus facilement. Lors de séances de formation pratique organisées par la FAO, ils ont pu constater que ces grands pièges en résille étaient plus efficaces que les nasses cylindriques traditionnelles.

Au-delà de sa contribution au développement des techniques de pêche en Tunisie, la FAO a aidé le gouvernement à mettre en place une chaîne de valeur complète pour ce marché de niche. En permettant aux pêcheurs d’attraper des crabes de bonne qualité dans le respect de l’environnement, la bonne gouvernance du secteur de la pêche a facilité la vente du crabe bleu tant au niveau local qu’au niveau international.

Dégradation  de la richesse halieutique

Par-delà la question du crabe bleu, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Abdelmonem Belaati, a fait état de la dégradation de la richesse halieutique en Tunisie, notant que son département s’emploie activement pour faire face à ce problème, notamment à travers l’application de la loi à l’encontre de tout contrevenant et le recours aux résultats des recherches scientifiques dans ce domaine pour définir des solutions adéquates.
 La ministre de l’Environnement, Leila Chikhaoui, a évoqué, pour sa part, l’importance de faire participer le secteur privé aux côtés des différentes structures publiques impliquées dans le domaine maritime afin de protéger la richesse halieutique. Et de rappeler que L’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer dispose d’importantes compétences humaines, parmi les chercheurs, qui doivent être encouragées afin de tirer le meilleur parti de leurs recherches scientifiques.

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