AccueilLa UNELe gouvernement britannique fait de la Tunisie un vis-à-vis migratoire

Le gouvernement britannique fait de la Tunisie un vis-à-vis migratoire

Le gouvernement britannique a annoncé avoir conclu  un accord de plusieurs millions de livres avec la Tunisie pour « s’attaquer aux causes profondes de la migration ». Le ministre britannique des affaires étrangères,  David Lammy, a annoncé de nouveaux financements pour des programmes en Tunisie visant à « démanteler les gangs » et à « sécuriser les frontières du Royaume-Uni ».

Dans un post sur X, Lammy a écrit : « En utilisant des drones de pointe et une vision nocturne fournis par le Royaume-Uni, la Garde nationale maritime tunisienne dissuade les voyages périlleux par la mer ».

Il a ajouté que la Garde nationale contribuait à « démanteler les gangs et à sauver des vies ». Selon Lammy, « les chiffres ne mentent pas ». Il  affirmé que les autorités tunisiennes avaient « sauvé plus de 66 000 personnes et saisi 1 400 embarcations l’année dernière ».

Ce financement et ces annonces interviennent alors que le gouvernement travailliste britannique a présenté dernièrement  au parlement un nouveau projet de loi sur l’immigration qui vise à abroger de nombreuses initiatives de l’ancien gouvernement conservateur contenues dans le « projet de loi sur l’immigration illégale ».

Un plan pour le changement

Le gouvernement britannique espère que les projets menés en Tunisie contribueront à « éduquer et à améliorer les compétences des candidats à l’immigration afin qu’ils deviennent plus employables dans leur pays d’origine », et qu’ils soutiendront les projets de réintégration des migrants de pays tiers souhaitant quitter la Tunisie et retourner dans leur pays d’origine, rapporte Infomigrants .

Le gouvernement britannique a intégré ce financement dans un « plan de changement » global qui, selon lui, contribuera à protéger les frontières du Royaume-Uni et à réduire l’ensemble des flux migratoires.

Bien que le Royaume-Uni n’ait pas de frontières communes avec la Tunisie, cette nouvelle orientation politique vise à empêcher les migrants de traverser la Méditerranée avant qu’ils ne se retrouvent sur les côtes de la Manche.

Nouveau programme de dépenses

David Lammy a dévoilé un nouveau programme de dépenses de « jusqu’à cinq millions de livres » (environ six millions d’euros), qui, selon lui, renforcera les programmes déjà en place pour améliorer les compétences des migrants, afin de réduire la probabilité de migration.

Le Royaume-Uni ajoutera également jusqu’à un million de livres (environ 1,2 million d’euros) au financement du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR) de l’Organisation internationale pour les migrations. Ce programme aide les migrants de pays tiers qui ont tenté de transiter par la Tunisie pour se rendre en Europe, mais qui n’ont pas le droit d’y rester. Le programme AVRR offrira ensuite la possibilité d’un retour et d’une réintégration dans leur pays d’origine.

 Lammy a déclaré qu’il espérait que ce financement contribuerait à améliorer le niveau de vie des migrants dans leur pays d’origine, ce qui, selon lui, les rendrait « moins susceptibles d’entreprendre un voyage périlleux vers le Royaume-Uni ». Il a ajouté qu’en payant les passeurs, les migrants enrichissaient les gangs criminels qui cherchaient à exploiter le système d’immigration britannique.

Le communiqué de presse du gouvernement indique que les accords avec la Tunisie font partie d’une série d’initiatives bilatérales prises par le gouvernement britannique pour réduire l’immigration et le trafic de migrants. En janvier, des initiatives similaires ont été prises par le Royaume-Uni et l’Irak, et par le Royaume-Uni et d’autres pays du G7.

Le commandant de la sécurité des frontières, Martin Hewitt, a expliqué, de son côté,  que « les partenaires internationaux comme la Tunisie jouent un rôle essentiel dans les efforts déployés par le Royaume-Uni pour lutter contre la migration irrégulière, la criminalité organisée liée à l’immigration et les préjudices qu’elles causent aux communautés dans le pays et à l’étranger ».

Ila  ajouté que la présentation au parlement du dernier projet de loi britannique sur l’immigration, intitulé « Border Security, Asylum and Immigration Bill » (projet de loi sur la sécurité des frontières, l’asile et l’immigration), visait à renforcer les relations du Royaume-Uni avec ses partenaires internationaux et à « donner aux équipes sur le terrain les moyens d’aller plus loin et d’agir plus vite dans le démantèlement de la criminalité organisée ».

Le nouveau projet de loi se veut un « tournant pour les forces de l’ordre, leur permettant d’agir plus tôt et plus efficacement contre la criminalité organisée liée à l’immigration », poursuit le communiqué. Le projet de loi s’inspire des pouvoirs normalement utilisés pour lutter contre le terrorisme. En 2024, affirme le gouvernement britannique, il « a réussi à renvoyer le plus grand nombre de migrants en situation irrégulière depuis 2018 ».

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