Le secrétaire général de l’Association nationale des petites et moyennes entreprises ANPME, Sofiane Gabsi, a affirmé que 130 mille petites et moyennes entreprises (PME) ont mis la clef sous le paillassonen Tunisie.
Sur une radio privée, il a cependant dit que 88 mille ont déclaré faillite, expliquant que ce chiffre ne tient pas compte de celles qui avaient fait faillite sans avoir toujours fermé la patente. Et d’ajouter que 54 mille autres, s’orientent vers la déclaration de la faillite, ce qui expliquerait les 130 mille.
- Gabsi s’en prend aux banques, qu’il traite de « Barons du Capital »
Gabsi a déclaré dans une interview accordée à« African Manager » dans sa version arabe, que ces institutions représentent 95 % du tissu national des institutions locales. Cependant, ce tissu entrepreneurial reste menacé d’extinction. Notre sourceexpliquecela par l’échec des politiques économiques de l’État d’une part, et ce qu’il a appelé « la dégradation du système bancaire d’autre part ».
Notre interlocuteur a expliqué que la faillite de ces entreprises a provoqué une hausse du taux de chômage en Tunisie et a produit un nouveau type de chômage, qui est représenté par des sans-emplois ayant pourtant des obligations financières et sociales, ce qui créera nécessairement de grandes tensions sociétales dans les milieux familiaux.
Gasmi a estimé que les institutions bancaires en Tunisie, et devant la pandémie de Corona et de la crise sanitaire et de ses répercussions, « n’ont pas rempli leur devoir national envers les petites et moyennes entreprises ».Bien au contraire, selon lui, « ils ont contribué à la détérioration de leur situation financière », notant que « les banques tunisiennes représentent des Barons du capital », et qu’elles sont essentiellement de nature lucrative et n’œuvrent pas dans le domaine du développement local.
- Gabsi demandera à Saïed et à Bouden, l’abolition de la prison pour les « PMEistes » !
Notre source a évoqué les difficultés rencontrées par les chefs de ces entreprises suite à la pandémie du COVID19 et au confinement total dans le pays, expliquant que « les banques et fonds sociaux tunisiens n’ont pas reporté leurs paiements jusqu’au rétablissement de la situation économique locale et internationale ».
Le Secrétaire Général de l’ANPME a également indiqué que « les propriétaires de ces entreprises se sont retrouvés obligés de payer les excédents d’emprunts, les intérêts de retard pour la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, et les amendes de la recette des finances, sans aucun soutien financier de l’Etat tunisien pour ce type d’établissement important ».
Gabsi a souligné qu’il compte s’adresser au Président de la République et à la Présidence du Gouvernement, pour expliquer tous les problèmes, et proposer les solutions pour sauver ce qui reste du tissu des entreprises locales.
Concernant le contenu de cette lettre qu’il compte envoyer à Saïed et Nejla Bouden, notre interlocuteur nous a révélé leur demande d’abolition de la peine de prison pour les propriétaires de petites et moyennes entreprises en cas de « chèques sans provision ». Pour lui, « la vie économique en Tunisie ne doit pas être criminalisé, car il y a une différence entre les fraudeurs et ceux qui utilisent le chèque comme outil, pour travailler et comme garantie pour acheter des biens » en cas de chèque sans provision !
Selon lui, « la peine de prison n’était pas efficace pour baisser le taux des cas, car leur nombre avait une tendance à la hausse, atteignant 190 mille cas en 2019, et environ 2 millions de cas en 2020, en raison des répercussions de la situation sanitaire ».Il a également appelé à l’adoption d’une amnistie fiscale pour les petites et moyennes entreprises, en plus du report de leurs prêts jusqu’à amélioration de leur situation économique.
- La création des PME, « du marketing politique » qui a fait exploser leur nombre !
En outre, un grand nombre de petites et moyennes entreprises ont été touchées par la crise sanitaire et la pandémie de Corona, puisqu’elles ne possèdent pas les conditions nécessaires qui les rendent capables de résister à diverses crises, mis à part qu’elles n’ont pas gagné la confiance des banques, selon ce qui a été confirmé par Yassin Guiaa, chef de l’Organisation des entrepreneurs, dans une déclaration précédente à African Manager (ar). Le responsable a également souligné que « le sujet de la création d’entreprises privées était pendant une certaine période un pari gouvernemental et une méthode de marketing politique, ce qui a provoqué une augmentation de leur nombre, atteignant environ 954 000 institutions ». No comment !








