C’est rare dans un pays où le taux de croissance vacille entre 0,2% et 0,6 %, et qui cherche théoriquement la relance de son économie et se contente depuis quelques années à se faire fier de sa résilience dans la stagflation. Un pays, la Tunisie, qui paie les salaires, les augmente sans aucun lien, ni avec la production, ni avec la productivité, les augmente par simple décision politicienne pour le public et les privés, et paie par la compensation les produits de base, du transport et des carburants pour tous les Tunisiens. Souriez, vous êtes au pays du « BIB », le bonheur intérieur brut que Kais Saïed préférait au PIB (Produit Intérieur Brut).
– Le « Captatio benevolentiae » en schéma de développement
Une Tunisie, où la demande intérieure devient le principal moteur de croissance, comme l’affirme l’INS dans son rapport sur la croissance du 1er trimestre 2024. La Tunisie qui luttait depuis Hédi Nouira, pour jeter les bases d’une industrie, d’abord textile, ensuite mécanique et électrique, et actuellement technologique, perd désormais les pédales et les repères, et devient une simple société de consommation des produits des autres, des céréales et jusqu’aux TICs qui sont compensés en Tunisie et produits à l’étranger.

Sur les 23.254,6 MDT qu’ont été les ressources budgétaires récoltées au cours des 6 premiers mois de l’exercice 2024 (49,16 Mds DT prévus pour tout l’exercice) et dont Kais Saïed veut plus, comme il l’a fait en recevant jeudi l’argentière Sihem Nemsia, le ministère des Finances a déjà dépensé un peu plus de 22,235 Mds DT. Et bizarrement pour un pays endetté et qui rationne même ses dépenses pour ne totalement manquer de l’essentiels de ses besoins, l’exécution du budget 2024 dégageait un solde budgétaire POSITIF de 488,7 MDT.
Il serait ainsi presque normal que l’Etat prélève tout ce qu’il veut, en taxes et impôts, dans la poche des citoyens pour lesquels il paierait presque tout. Le reste, ce que les contribuables ne paient pas, car le Fisc use et abuse, ou car il ne veut pas d’une épargne qui ne couvre même pas le TD de la BCT et encore moins le TMM des banques et préfère épargne directement pour ceux qui partiront, l’Etat en prendra dette qui sera par ailleurs payée par les mêmes citoyens !
– Dis-moi combien tu investis, je te dirais si tu aimes ton pays !
Sur les 23,257 Mds DT, et dont 20,871 Mds DT provenaient de la poche des contribuables, seuls et uniquement 1,835 Mds DT auraient été dépensés en investissement (le MTF ne dit, ni quel type ni quel secteur), à peine 8 % de tout l’argent récolté dans les poches des contribuables qui en espéraient emplois et bon niveau de vie, et un montant qui a même baissé, même si ce n’était qu’une baisse de 0,4 %. La promesse d’augmenter l’investissement de 67,1 % n’aura pas dépassé le cadre du document de la loi de finance 2024.
Jeudi 15 août 2024, le tout nouveau chef de gouvernement planchait sur « l’impulsion des investissements et la création d’emplois » au cours d’un CIM tenu au nom du chef de tout l’Etat.
Le 22 janvier 2022, Saïed recevait l’ancien ministre du Transport Majidi, et lui enjoint d’accélérer les études du TGV. Et le reçoit plus de 6 mois plus tard, le 3 juillet 2022, et lui enjoint aussi d’accélérer l’application des projets restés dans les tiroirs en matière de transport.
– Madouri devrait élargir sa bibliothèque
Le 24 mai 2024, par exemple, les problèmes du transport restaient toujours d’actualité, malgré le changement de ministre et Saïed évoquait avec Zaâfrani les rames de métro restés toujours non-réparées, le projet de lien ferroviaire rapide entre Tunis et l’aéroport d’Enfidha. La ministre Zaâfrani sera reçue plusieurs mois plus tard, le 2 août 2024, par Saïed qui lui parlera encore de la problématique du transport, dans et entre les villes tunisiennes. Et on ne s’étonne ainsi plus de lire dans le communiqué de la Primature, cette dénonciation de l’inefficacité de l’action gouvernementale.
On s’étonne plus de ne rien trouver de détails sur le très petit taux du budget 2024 consacré à l’investissement public, et on comprendrait alors les causes de cette inefficacité de l’action gouvernementale. Comme on ne s’étonne pas que le nouveau chef de gouvernement essaie d’inventer la roue en demandant à ses ministres de dresser l’inventaire sur les difficultés de l’investissement. Les rapports, de la Banque Mondiale, du FMI, du FMA, de l’IACE, de l’ITEQ en sont pourtant pleins, tous comme les tonnes de documents écrits sur l’amélioration des conditions et de la conjoncture de l’investissement en Tunisie !









Très bon article, constat réel et non théorique, il faut arrêter le recrutement dans la fonction publique et les organismes de tutelle. Depuis les années 90, on a crié, crié pour arrêter ce recrutement car la FP comptait plus de 600 000 salariés, aujourd’hui on a dépassé le chiffre de 750 000 personnes, comment on va les payer ? Pourquoi on n’a pas accéléré le disposition de la création d’entreprise, l’accompagnement des jeunes dans le dispositif et l’évaluation du système ? Si on néglige l’investissement et on oriente les dépenses de l’Etat pour payer les salaires, on atteigne alors la catastrophe pour bientôt. A l’heure actuelle, on consomme sans produire, notre capital provenant de la politique de gouvernance de Hédi Noura sera complètement détruit, adieu la belle Tunisie.